Ce mercredi soir, Maggie Kniola a décidé de marier l'utile à l'agréable. Sur l'itinéraire de son footing quotidien qui serpente entre les maisons cossues de Mount Lebanon, un arrondissement arboré de Pittsburgh, la mère de famille a fait une halte auprès d'un groupe de voisines postées en bord de route. L'occasion de reprendre son sou e, et surtout de brandir vers les voitures un petit drapeau et une pancarte flanquée d'un slogan démocrate. La quinquagénaire en leggings ne s'était jamais laissée aller à de telles e usions, mais la peur d'un second mandat de Donald Trump l'a finalement convaincue. « J'ai l'impression que l'on assiste à un grand retour en arrière et je ne veux pas que mes enfants vivent dans une dictature, s'inquiète la cheffe de projet. D'un autre côté, la candidature de Harris est une bonne nouvelle pour les femmes et les minorités raciales. »
Chaque semaine, de nouvelles fidèles comme elle rejoignent les rangs d'un bataillon qu'on aurait tort de sous-estimer. Avec un taux de participation élevé et régulier, les femmes de banlieue, souvent blanches et plutôt diplômées, constituent un levier électoral que démocrates et républicains se disputent depuis les années 1990. « Leur vote sera d'autant plus important cette année que le scrutin s'annonce très serré », explique la politologue Jennie SweetCushman, enseignante à l'université Chatham. Une remarque particulièrement vraie dans cet État de Pennsylvanie, l'un des fameux « swing States » où se jouera l'élection du 5 novembre. Selon les derniers sondages, moins de 1 point y sépare la démocrate du républicain.