États-Unis : la loterie à un million de dollars d'Elon Musk pose question
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Elon Musk est engagé dans la campagne de Donald Trump depuis plusieurs semaines en vue de la présidentielle.
Gonzalo Fuentes
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Elon Musk est engagé dans la campagne de Donald Trump depuis plusieurs semaines en vue de la présidentielle.
Gonzalo Fuentes
Signer une pétition pour tenter de gagner un million de dollar chaque jour jusqu'à l'élection américaine du 5 novembre. Qui d'autre qu'Elon Musk pour lancer une initiative aussi extravagante ? Concrètement, le fantasque milliardaire a annoncé qu'il donnerait cette somme quotidiennement - et « au hasard » - à un électeur inscrit dans l'un des sept États clés des États-Unis. La condition pour participer au tirage au sort ? Signer une pétition conservatrice, en faveur de la liberté d'expression et du droit à porter des armes.
Cette loterie n'a pas fait directement réagir chez Kamala Harris. En revanche, le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, où la première distribution a eu lieu samedi, l'a jugée « très préoccupante ». « C'est quelque chose que les autorités devraient examiner » et qui soulève de « sérieuses questions », a-t-il estimé dimanche.
D'autres remises de prix ont eu lieu par la suite dans cet État du Nord-Est des États-Unis. Il fait partie des fameux « swing states » où le scrutin se joue généralement, car ils apportent à son vainqueur davantage de grands électeurs que d'autres. Le candidat qui y serait défait perd pratiquement toute chance d'être élu au plan national. Outre la Pennsylvanie, il s'agit cette année du Nevada, de l'Arizona, de la Caroline du Nord, du Michigan, du Wisconsin et de la Géorgie.
Le gouverneur de Pennsylvanie n'est pas le seul à s'interroger sur la légalité de cette initiative. Pour l'experte en droit électoral Danielle Lang, l'offre d'Elon Musk est problématique. Elle serait même « contraire aux lois fédérales » car « les conditions de ce "concours" exigent que le bénéficiaire soit inscrit sur les listes électorales de l'un des sept "swing states", ou qu'il s'inscrive s'il ne l'a pas encore fait », a-t-elle expliqué à l'AFP. Cette professeure à l'université Georgetown assure ainsi que la loterie pourrait faire « l'objet de poursuites civiles ou pénales de la part du ministère de la Justice ».
Un argumentaire également développé par Rick Hasen, professeur à la faculté de droit de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). Ce dernier rappelle dans son blog que la loi fédérale stipule que toute personne qui « paie, offre de payer ou accepte un paiement pour s'inscrire sur les listes électorales ou pour voter est passible d'une amende de 10.000 dollars ou d'une peine de cinq ans d'emprisonnement ».
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Mais pour Brad Smith, ancien président de la Commission électorale fédérale, on se retrouve plutôt dans une « zone grise », flirtant avec la légalité sans franchir la ligne rouge. Selon lui, Musk « s'en sort » puisqu'il ne paye pas les gens directement pour qu'ils s'inscrivent, mais pour qu'ils signent une pétition, a-t-il expliqué au New York Times.
Reste que, outre-Atlantique, les initiatives farfelues sont légion lors de la campagne présidentielle, selon Danielle Lang.
Cette loterie n'est qu'un exemple de l'implication d'Elon Musk dans la campagne de Donald Trump. Le milliardaire fait partie de ses financeurs. Depuis juillet, il a ainsi cumulé quelque 75 millions de dollars de dons pour sa campagne. Pour lui, les valeurs défendues par l'ex-président américain ne sont pas des « valeurs de droite, comme on le dit souvent », mais les « valeurs fondamentales » de l'Amérique, a-t-il déclaré la semaine dernière. « Et quiconque s'oppose à ces valeurs est fondamentalement anti-américain », a-t-il asséné.
Outre l'aspect financier, Elon Musk donne littéralement de sa personne dans cette campagne. Début octobre, il est monté sur scène avec Donald Trump lors d'un meeting. Et depuis quelques jours, il organise lui-même des réunions publiques en Pennsylvanie pour rallier les électeurs.
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L'extravagant patron du réseau social X - en plus de Tesla et Space X - mène aussi ses actions en ligne. Sans surprise sur sa plateforme où son compte personnel est suivi par plus de 200 millions de personnes. Il y publie et repartage chaque jour des dizaines de messages, souvent autour de la présidentielle. Donnant malheureusement un écho à des contenus controversés, voire à de la désinformation, proches d'idées défendues par le candidat républicain.
(Avec AFP)
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