Femmes, latinos, banlieues : les trois surprises de Donald Trump
Julien Gouesmat

Donald Trump a d'ors et déjà annoncé sa victoire.
Go Nakamura
Julien Gouesmat

Donald Trump a d'ors et déjà annoncé sa victoire.
Go Nakamura
Lorsqu'il monte sur scène vers 6h45 (heure de Paris), Cedric Richmond, directeur de campagne de Kamala Harris, s'adresse directement aux étudiants de l'Université d'Howard pour leur annoncer que la candidate démocrate ne fera pas de discours ce soir. C'est la douche froide. Deux swings states sont déjà tombés, Donald Trump fait mieux qu'en 2016 dans de nombreux comtés du Sud et les cartes des chaînes d'infos américaines se parent de rouge. Les instituts de sondage apportent déjà de premiers éclairages sur la sociologie du vote. A 10h, voici les premiers enseignements.
Aux alentours d'1h du matin (heure de Paris), les premiers résultats arrivaient du Kentucky et de l'Indiana. Très tôt, donc, se confirme une tendance : dans les comtés ruraux, moins peuplées, Donald Trump augmente ses scores de 2020 et de 2016, année de sa victoire.
C'est la même tendance qui a terrassé les démocrates de Floride. Dans les comtés plus éloignés du littoral et de sa forte démographie, Donald Trump a su faire valoir ses atouts, dans un état que l'on disait pourtant proche de basculer. Dans le comté d'Highlands - qui compte la cinquième population la plus âgée d'Amérique - l'ancien président gagne 5 points entre 2020 et 2024. Le choix de Tim Walz comme vice-président par Kamala Harris, pour augmenter l'assise démocrate dans les campagnes, est un échec.
Là ou Donald Trump a obtenu des scores plus élevés qu'attendus, il s'est également démarqué par sa capacité à séduire les jeunes. Chez les 18-29 ans, il augmente ses voix de 6 points.
Les Américains ont plus voté en fonction de leur origine que de leur genre. Alors que les républicains craignaient un raz-de-marée féminin en faveur d'Harris, les femmes ont tout de même voté à 44% en faveur de Donald Trump, et les hommes à 54%. Le plus grand basculement vient des hispaniques. Ils étaient 65% à avoir voté pour Hillary Clinton puis Joe Biden... Ils ne seraient plus que 53% selon les premiers sondages sortis des urnes.
Le vote latino n'a pas souffert des récentes outrances de Donald Trump envers la population portoricaine. D'après un autre sondage, plus de la moitié des hommes hispaniques auraient choisi le candidat républicain. Au Texas, les comtés qui sont au moins 80 % hispaniques ont évolué de 15 à 20 points en faveur de Trump. Plus impressionnant encore, dans des Etats historiquement démocrates et comptant des populations hispaniques, comme le New Jersey, Trump a su se rapprocher du résultat de Kamala Harris.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

A ce stade, il semble que Kamala Harris ait particulièrement sous-performé dans les banlieues. A Atlanta (Géorgie), Indianapolis (Indiana), en Virginie, les banlieues - particulièrement les plus aisées - qui avaient hissé Joe Biden à la Maison Blanche, ne soutiennent pas avec la même vigueur l'actuelle vice-présidente. De même la question de l'avortement, qui devait être un catalyseur du vote démocrate, n'a pas eu l'effet escompté. La preuve avec ces référendums étatiques pour inscrire l'avortement dans la loi, rejetés dans la moitié des Etats.
Dans le Sud, l'ouragan Helene - sur lequel les républicains ont beaucoup surfé - semble avoir particulièrement joué son rôle d'accélérateur pour Donald Trump ( voir la carte ci dessous ). Les 25 comtés les plus touchés en Caroline du Nord et Géorgie ont vu leur participation électorale diminuer mais leur soutien à Trump augmenter.

À lire également
Plus au Nord, la Rust Belt, qui avait permis à Trump d'obtenir son premier mandat, contribue encore au second. Dans ces régions post-industrielles, la question de la fracturation hydraulique, particulièrement importante et pourvoyeuse d'emploi, semble avoir eu raison du vote démocrate.
Julien Gouesmat