Jill Biden a rarement été autant surmenée. Depuis jeudi soir, la première dame des États-Unis est au four et au moulin, ardente défenseuse d'un mari qui apparaît très affaibli. Affublée d'une robe bleu foncé sur laquelle est floqué le mot « vote», elle s'efforçait, dès le lendemain du débat avec Donald Trump, de galvaniser une foule d'électeurs venus écouter son mari discourir à Raleigh (Caroline du Nord). Et de leur faire oublier sa piètre performance de la veille, où l'octogénaire n'a pas su épargner aux téléspectateurs ses regards perdus et ses réponses bafouillées, lors d'un premier débat présidentiel raté. « Tu as fait du beau boulot, tu as répondu à toutes les questions », n'a cessé d'encenser l'épouse du président, fermement décidée à ne pas jeter l'éponge. Feint-elle de ne pas voir que le bateau prend l'eau ?
Un vent de panique souffle sur le parti démocrate, plongé dans une crise de direction historique, et dont la faiblesse physique de Biden, impossible à dissimuler, est le fusible. En interne, on parle déjà de lui trouver un remplaçant pour éviter d'essuyer une défaite monumentale début novembre. Les murmures de couloir qui enjoignaient Biden de renoncer à un second match se sont transformés en suppliques explicites. « Un sérieux mouvement pour le retirer du ticket se dessine, confirme le sondeur d'opinion John Zogby. Sur le plan politique, l'échec de jeudi soir suffit à suggérer une fin de parcours pour Biden. » Encore faudrait-il que ces appels du pied atteignent le president, derrière la muraille protectrice que forme son équipe de campagne et au-delà de la poigne de cerbère de Jill Biden.