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Visite de Joe Biden à Paris : trois ans après l'affaire des sous-marins australiens, Emmanuel Macron salue un partenaire « loyal »

latribune.fr

Publié le 08 juin 2024 à 15:08 - Mis à jour le 08 juin 2024 à 15:29

Un dîner d'Etat est prévu ce samedi soir au Palais de l'Elysée.

Un dîner d'Etat est prévu ce samedi soir au Palais de l'Elysée.

REUTERS

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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En 2021, le Premier ministre australien avait annoncé la rupture d'un contrat avec la France pour la fourniture de sous-marins au profit d'un nouveau partenariat avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ce qui n'avait pas manqué de créer des tensions entre Paris et Washington. Mais, ce samedi, les deux dirigeants ont affiché leurs liens, Emmanuel Macron le qualifiant de partenaire qui « aime et qui respecte les Européens ».

En France depuis mercredi, Joe Biden a participé jeudi et vendredi aux cérémonies marquant le 80e anniversaire du Débarquement allié du 6 juin 1944. Mais c'est bien ce samedi qu'avait lieu sa véritable visite d'Etat. Accompagné de son épouse, Brigitte Macron, Emmanuel Macron a ainsi accueilli le président américain à l'Arc de Triomphe à Paris ainsi que sa femme Jill Biden. Ensemble, les deux chefs d'Etat ont déposé une gerbe et ravivé la flamme du Soldat inconnu. Ils devaient ensuite descendre l'avenue des Champs-Elysées encadrés par la Garde républicaine.

Echec du « contrat du siècle »

Les fastes déployés pour cette visite doivent démontrer la solidité pleinement retrouvée de l'amitié franco-américaine, trois ans après les tensions créées par l'affaire des sous-marins australiens. En septembre 2021, l'Australie avait, en effet, résilié un contrat portant sur douze sous-marins développés et conçus par Naval Group dans le cadre du programme de classe océanique « Future Submarine Program ». Une commande estimée à 56 milliards d'euros sur 50 ans, surnommée le « contrat du siècle » lors de sa signature en 2019.

Le Premier ministre australien avait alors indiqué que la rupture du contrat avec la France pour la fourniture de sous-marins conventionnels se faisait au profit de la construction de sous-marins à propulsion nucléaire à l'aide de technologies américaines et britanniques. « La décision que nous avons prise de ne pas continuer avec les sous-marins de classe Attack et de prendre un autre chemin n'est pas un changement d'avis, c'est un changement de besoin », avait ainsi expliqué Scott Morrison. Dans le même temps, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie avaient, en effet, confirmé la constitution d'un nouveau partenariat de sécurité et de défense, baptisé AUKUS dans le cadre duquel Washington et Londres se sont engagés à aider l'Australie à se doter de sous-marins à propulsion nucléaire.

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Sous-marins : Joe Biden torpille le "contrat du siècle" de la France en Australie

« C'est une décision contraire à la lettre et à l'esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l'Australie, fondée sur une relation de confiance politique comme sur le développement d'une base industrielle et technologique de défense de très haut niveau en Australie », avaient dénoncé, à l'époque, les ministères des Affaires étrangères et des Armées. Et d'ajouter que « le choix américain qui conduit à écarter un allié et un partenaire européen comme la France d'un partenariat structurant avec l'Australie, au moment où nous faisons face à des défis sans précédent dans la région Indopacifique, que ce soit sur nos valeurs ou sur le respect d'un multilatéralisme fondé sur la règle de droit, marque une absence de cohérence que la France ne peut que constater et regretter ».

Un partenaire qui « respecte les Européens »

Ce samedi, les deux chefs d'Etat ont néanmoins affiché leur respect mutuel, Emmanuel Macron, saluant chez son homologue américain sa « loyauté ».

«Je vous remercie d'être le président de la première puissance mondiale» et «de le faire avec la clarté et la loyauté d'un partenaire qui aime et qui respecte les Européens», a-t-il, en vantant la volonté de Joe Biden, qui concourt à sa réélection face à Donald Trump, d'être «celui qui veut justement bâtir ces accords, de l'Ukraine au Proche-Orient».

Tout est fait, d'un côté comme de l'autre, pour bien montrer que « nous sommes plus proches que nous n'avons jamais été », comme l'a, d'ailleurs, dit, la veille, un porte-parole de la Maison-Blanche, John Kirby. Côté français, l'on se félicite d'avoir droit à la plus longue visite à l'étranger du démocrate de 81 ans et ce en pleine campagne pour l'élection présidentielle américaine de novembre, qui le verra affronter Donald Trump.

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Les deux chefs d'Etat ont également de nouveau affiché leur soutien envers l'Ukraine dans le cadre du conflit qui l'oppose à la Russie. « Alors que la guerre est de retour sur le continent, les deux présidents évoqueront le soutien sans faille et dans la durée à apporter à l'Ukraine », lors du déjeuner de travail et du dîner d'Etat prévu dans la soirée au Palais de l'Elysée, a déclaré la présidence française.

Les Etats-Unis se tiennent fermement aux côtés de l'Ukraine et ne manqueront pas de la soutenir avec leurs alliés, a assuré Joe Biden, ajoutant, lors d'une déclaration aux côtés d'Emmanuel Macron : « Nous nous tenons fermement aux côtés de nos alliés, de la France. Je le répète, nous ne nous déroberons pas ».

Joe Biden et Emmanuel Macron ont tous deux rencontré vendredi leur homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, également présent en France pour les commémorations du Débarquement. L'occasion pour le président américain d'annoncer une nouvelle aide de 225 millions de dollars à l'Ukraine.

« Cette coordination étroite sur les crises internationales aura vocation à préparer les prochaines échéances internationales, notamment le sommet du G7 en Italie en juin et le sommet de l'OTAN de Washington en juillet », a, en outre, précisé l'Elysée qui a ajouté que les questions bilatérales seraient également abordées.

Le nucléaire iranien au menu des discussions

Les deux dirigeants se sont également exprimés au sujet de l'Iran, se disant « déterminés à exercer les pressions nécessaires » sur le pays qui mène « une stratégie d'escalade tous azimuts », a déclaré samedi Emmanuel Macron aux côtés de son homologue américain.

« S'agissant de l'Iran, nous faisons le même constat d'une stratégie d'escalade tous azimuts, qu'il s'agisse des attaques sans précédent contre Israël (le 13 avril dernier, ndlr), des manœuvres de déstabilisation régionale ou bien sûr du programme nucléaire iranien », a-t-il souligné.

Des propos qui interviennent alors que le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a adopté mercredi, à Vienne, une résolution rappelant formellement à l'ordre Téhéran sur le dossier nucléaire. L'agence s'inquiète, en effet, de la montée en puissance du programme nucléaire iranien.

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Le texte, déposé par Londres, Paris et Berlin (E3), a été approuvé par 20 pays sur 35, avec la voix des Etats-Unis, initialement réticents par crainte d'envenimer les tensions au Moyen-Orient où l'Iran a des relais notamment via le Hezbollah au Liban et les Houthis en mer rouge.

(Avec AFP)

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