Après un accord, les dockers américains mettent fin à la grève
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La grève des dockers faisait peser un énorme risque sur l'économie américaine. (Photo d'illustration)
CATHRIN MUELLER
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La grève des dockers faisait peser un énorme risque sur l'économie américaine. (Photo d'illustration)
CATHRIN MUELLER
[Article publié le vendredi 4 octobre, à 7h23, mis à jour à 19h37] Finalement, la grève aura été express. Après trois jours de conflit, les dockers américains ont annoncé jeudi reprendre le travail. « Dès maintenant, toutes les actions en cours cesseront et tous les postes couverts par le contrat-cadre reprendront », indiquent dans un communiqué commun le syndicat des dockers (ILA), et l'Alliance maritime des Etats-Unis (USMX), qui représente leurs employeurs.
Ils déclarent avoir « conclu une entente de principe sur les salaires », sans plus de précision. Mais, selon le Wall Street Journal, qui cite des personnes proches du dossier, les employeurs ont proposé une augmentation des salaires de 62% sur six ans, qui a été acceptée par le syndicat.
L'autorité portuaire de New York-New Jersey, plus important port de la côte Est des Etats-Unis et deuxième du pays en nombre de conteneurs réceptionnés chaque année, s'attend à un retour à la normale en quelques jours après la fin de la grève des dockers, a indiqué vendredi sa directrice. « Nous sommes ravis qu'un accord ait été trouvé entre (le syndicat des dockers) ILA et (l'Alliance maritime des Etats-Unis) USMX, permettant aux dockers de reprendre leur rôle crucial de faire transiter les marchandises qui alimentent notre économie », a déclaré Bethann Rooney, lors d'un point presse. « Depuis que l'accord a été conclu hier (jeudi) soir, tout le monde est sur le pont pour rouvrir le port et reprendre le flux des marchandises », a-t-elle relevé, en précisant que vingt-quatre navires attendaient au large de pouvoir décharger leurs marchandises.
Pour rappel, quelque 45.000 membres du syndicat des dockers (ILA) étaient en grève depuis mardi dans 36 ports de l'Alliance maritime des Etats-Unis (USMX) sur la côte Est et le Golfe du Mexique, faute d'entente sur un nouvel accord social de six ans. Cela représente en moyenne plus de 2,1 milliards de dollars de valeur commerciale par jour, selon plusieurs sources. Cet accord ne concerne en réalité que 25.000 syndiqués travaillant dans les terminaux de conteneurs et d'import/export de véhicules de 14 grands ports (dont Boston, New York, Philadelphie, Baltimore, Savannah, Miami, Tampa, Houston).
Les discussions, commencées en mai, avaient été suspendues plusieurs semaines puis réactivées quelques heures avant l'expiration du contrat précédent lundi soir. L'Alliance avait relevé son offre, proposant notamment une hausse salariale de 50% sur la durée de l'accord, mais qui avait été rejetée par le syndicat. Il réclamait initialement 77%, selon des médias américains, et demandait notamment davantage de protections contre les pertes d'emploi liées à l'automatisation.
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« Ils ont les prochains 90 jours pour tout mettre en place », a déclaré Joe Biden à des journalistes jeudi soir, de retour à la Maison Blanche. Le président américain avait peu avant salué dans un communiqué cet accord, qui va permettre de « rouvrir les ports de la côte Est et du Golfe », et « représente un progrès crucial vers un contrat solide ».
Il a aussi remercié « les travailleurs syndiqués, les transporteurs et les opérateurs portuaires qui agissent avec patriotisme pour rouvrir nos ports et assurer la disponibilité de fournitures essentielles au rétablissement et à la reconstruction suite à l'ouragan Hélène ».
Si Joe Biden avait refusé d'intervenir dans le conflit, la porte-parole de la Maison Blanche avait jugé « qu'il est temps que l'USMX négocie un accord juste avec les dockers qui reflète leur contribution importante à notre reprise économique ».
De son côté, le ministre des Transports, Pete Buttigieg, avait signalé mercredi que les transporteurs maritimes ont vu leurs résultats bondir d'environ 350% en dix ans, tandis que les salaires des dockers ont augmenté de seulement 15% sur la même période.
A un mois désormais de l'élection du 5 novembre, cette grève menaçait de provoquer des pénuries et d'attiser l'inflation. Les transporteurs, contraints de dérouter leurs bateaux, avaient ainsi prévu d'appliquer des surcharges : 1.000 dollars supplémentaires par conteneur pour l'armateur allemand Hapag-Lloyd, entre 800 et 1.500 dollars pour son concurrent français CMA CGM (propriétaire de La Tribune), d'après la plateforme allemande de logistique Container xChange. Et jusqu'à 3.780 dollars pour le géant danois Maersk, selon les analystes de TD Cowen. Et, en parallèle, les prix augmentaient vers des destinations où il n'y avait pas de grève.
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Pour sa part, l'ex-président Donald Trump, qui brigue un nouveau mandat le 5 novembre, avait estimé à Milwaukee que Joe Biden « aurait dû travailler à un accord entre eux » et relevé que les dockers représentaient « la force vive » du pays. Selon Oxford Economics, chaque semaine de grève aurait amputé le PIB américain de 4,5 à 7,5 milliards de dollars et, par ricochet, jusqu'à 105.000 personnes auraient pu perdre leur emploi.
(Avec AFP)
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