Donald Trump et Emmanuel Macron ont prévu de se retrouver jeudi et vendredi à Paris pour une rencontre diplomatique forte en symboles. Le chef d'Etat américain est l'invité d'honneur de la France pour le centenaire de l'entrée des Etats-Unis dans la Première guerre mondiale. Le président américain et son homologue français doivent avoir une réunion de travail en fin d'après-midi. A cette occasion, l'Elysée et la Maison-Blanche ont prévu d'aborder des sujets relativement consensuels comme la lutte contre le terrorisme ou la défense. Le conseiller économique de Donald Trump, Gary Cohn, a indiqué à Reuters que "les questions de sécurité et de défense devraient occuper une large place dans les échanges entre les deux chefs d'Etat," et a minimisé les désaccords de ces dernières semaines".
Du côté français, l'entourage de M.Macron a précisé à l'agence que "ce temps d'échange [...] n'occultera pas les sujets où nous avons des positions divergentes" mais "nous avons aussi des sujets sur lesquels nous sommes sur la même ligne et qui nécessitent une concertation très étroite et une action commune". L'objectif est donc d'afficher des relations au beau fixe entre les deux pays. Mais en réalité, les sujets de divergences sont assez nombreux pour provoquer de véritables tensions entre les deux dirigeants. Au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron, le directeur du conseil européen des relations internationales, Mark Leonard expliquait d'ailleurs dans les colonnes du New York Times :
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(Emmanuel Macron et Donald Trump lors du sommet du G20 organisé à Hambourg le 7 juillet dernier. Crédits : REUTERS/Carlos Barria.)
La sujet du climat est au cœur des divisions entre les deux pays. Au début du mois de juin dernier, le septuagénaire a décidé de retirer les Etats-Unis de l'Accord de Paris au nom de la défense des emplois américains. Au delà du symbole, la décision du milliardaire a dessiné une véritable ligne de fracture entre les deux présidents. Décidé "à ramener à la raison" son homologue américain, Emmanuel Macron a lancé son slogan "Make our planet great again" ("Rendre sa grandeur à la planète"), en référence au slogan de campagne de Donald Trump "Make America great again" profitant ainsi d'un vrai coup de communication sur la scène internationale.
Il a d'ailleurs profité de cette allocution télévisée pour inviter "les chercheurs et les enseignants, les entrepreneurs, les associations et les ONG, les étudiants et toute la société civile à se mobiliser et à rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique", rappelle le communiqué. S'il a suscité un intérêt outre-Atlantique, le succès de cet appel est encore difficile à mesurer seulement quelques semaines après cette initiative. Macron a par ailleurs annoncé la tenue d'un nouveau sommet mondial sur le climat en décembre prochain.
Les deux chefs d'Etats n'ont jamais caché leur divergence sur le commerce international. M.Macron prône un libre-échange et favorise des relations multilatérales alors que M.Trump défend un fort protectionnisme et un bilatéralisme dans les échanges. Pendant la campagne présidentielle, le milliardaire avait vivement critiqué l'accord de partenariat transpacifique (TPP) entre les Etats-Unis et onze autres pays :
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Il avait expliqué par la suite que "cet accord est un désastre. [...] A la place, nous négocierons des traités bilatéraux qui ramèneront nos emplois à la maison". Concernant l'accord de libre-échange TTIP entre les Etats-Unis et l'Europe, la Maison-Blanche a changé d'avis au mois de mai dernier et semble favorable à la poursuite des négociations comme l'a expliqué le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross :
L'autre point de dissension concerne le rôle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en tant qu'arbitre des échanges internationaux. Lors de la campagne, il avait qualifié l'institution internationale de "désastre" et envisageait même un retrait des Etats-Unis. Et la Maison-Blanche continue d'entretenir une ligne dure à l'égard de l'OMC. Dans un rapport récemment révélé par le Financial Times, il est précisé que l'administration américaine étudie sérieusement des pistes pour échapper aux règles du commerce international.
De son côté, Emmanuel Macron a souligné des "différends sur le commerce" en regrettant "une tentation protectionniste qui renaît aux Etats-Unis". L'ancien ministre de l'Economie a également dit qu'il "souhaitait qu'on défende le libre et juste commerce. Le protectionnisme est une erreur, c'est le frère jumeau du nationalisme et cela conduit à la guerre", insiste-t-il, tout en assurant "qu'on peut trouver des espaces communs pour lutter contre les pratiques inacceptables comme le dumping".
Paris et Washington affichent également un désaccord important au sujet de l'Iran. Lors d'un déplacement en Arabie Saoudite au mois de mai dernier, le magnat de l'immobilier s'en est violemment pris à l'Iran l'accusant de "soutenir le terrorisme". "Du Liban à l'Irak en passant par le Yémen, l'Iran finance, arme et entraîne des terroristes, des milices et d'autres groupes terroristes qui répandent la destruction et le chaos à travers la région" a souligné le président américain en appelant tous les pays à isoler la première puissance chiite.
De son côté, Emmanuel Macron joue la politique de l'apaisement avec Téhéran. Le président français a salué la réélection du président iranien Hassan Rohani en mai dernier. Dans un communiqué publié par l'Elysée, le chef de l'Etat a déclaré :
L'exécutif a tenu également a réaffirmé sa volonté d'intensifier des liens économiques avec l'Iran. Ce que le dernier contrat historique de 4,8 milliards de dollars entre Total et l'Iran semble illustrer.
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