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Royaume-Uni : pour séduire à nouveau la finance, Londres simplifie les règles de cotation des entreprises

latribune.fr

Publié le 11 juillet 2024 à 06:15 - Mis à jour le 11 juillet 2024 à 06:15

Le régulateur britannique du secteur, la FCA, a annoncé jeudi une simplification des règles de cotation dans le pays.

Le régulateur britannique du secteur, la FCA, a annoncé jeudi une simplification des règles de cotation dans le pays.

Toby Melville

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Le gendarme de la Bourse anglais, la FCA, a annoncé ce jeudi qu'il allait simplifier les règles de cotation des entreprises dans le pays, à partir du 29 juillet. Une mesure destinée à doper l'attractivité de la place financière britannique, plombée par le Brexit.

Londres veut reconquérir le coeur des financiers. Pour inciter davantage d'entreprises à venir se coter dans le pays, le régulateur britannique du secteur, la FCA, a annoncé, ce jeudi, une simplification des règles de cotation dans le pays. Ces nouvelles règles, qui entreront en vigueur le 29 juillet, remplaceront par exemple les cotations premium ou standard par une seule catégorie d'actions. En outre, elles supprimeront la nécessité d'un vote des actionnaires sur certaines transactions ou rendront plus flexible le régime d'actions dotées de droits de vote plus importants.

« Les nouvelles règles impliquent un plus grand risque, mais (la FCA) estime que les changements annoncés refléteront mieux l'appétit pour le risque dont l'économie a besoin pour atteindre la croissance », a argumenté le régulateur dans un communiqué.

Il s'agit des «changements les plus importants apportés au régime de cotation depuis plus de trois décennies (visant à inciter) un plus large éventail d'entreprises à émettre leurs actions» sur les marchés britanniques, a ajouté la FCA.

Un nouveau gouvernement pro-finance

Ces annonces interviennent alors que le parti travailliste, qui vient de prendre le pouvoir au Royaume-Uni, s'est positionné pendant la campagne en champion « sans complexe » de la finance et a fait de la croissance l'une de ses priorités.

« Ces nouvelles règles représentent un premier pas important vers la redynamisation de nos marchés financiers (...) pour attirer les entreprises les plus innovantes », a d'ailleurs fait valoir la nouvelle ministre des Finances Rachel Reeves, citée dans le communiqué de la FCA.

La City, puissante place financière britannique, cherche à défendre son attractivité, surtout depuis le Brexit, face à la concurrence de ses rivales européennes. Elle a toutefois connu une série de revers ces dernières années. Parmi eux, l'introduction en Bourse l'an dernier à New York du fabricant de microprocesseurs Arm, fleuron de l'industrie britannique, ou encore le transfert vers les Etats-Unis de la cotation principale du géant des matériaux de construction CRH.

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Résultat, le nombre de sociétés cotées au Royaume-Uni a diminué d'environ 40% par rapport à un pic en 2008. Entre 2015 et 2020 le pays ne représentait que 5% des introductions en bourse dans le monde, a relevé la FCA jeudi, citant une étude publiée en 2021.

La City a même perdu la première place européenne en termes de capitalisation boursière au profit d'Euronext Paris. Depuis le Brexit, les banques américaines mais aussi les banques britanniques ont choisi de délocaliser une partie de leurs activités en Europe, largement au profit de la place de Paris, pour bénéficier du passeport européen. En 2022, selon une étude de E&Y, quelque 2.800 banquiers ont quitté Londres pour Paris.

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Londres fait du pied aux financiers depuis plusieurs années

Pour inverser la tendance, le régulateur avait déjà commencé à assouplir les règles d'introduction à la Bourse de Londres dès décembre 2021, en réduisant notamment de 25% à 10% la proportion d'actions devant être mises à disposition du public.

En septembre dernier, le gouvernement britannique avait aussi présenté une série de propositions pour alléger le carcan réglementaire qui s'impose aux banques, dans le cadre des réformes post-Brexit. Le ministère des Finances a ensuite lancé une consultation sur propositions, notamment celle qui consiste à supprimer, pour les banques de taille modeste, les règles de cloisonnement des activités de banque de détail et de banque d'investissement. Ces règles, entrées en vigueur seulement en 2019, visent à éviter les conflits d'intérêt et à protéger les ménages.

Londres voulait ainsi relever de 25 à 35 milliards de livres le seuil de dépôts de particuliers et PME détenus par une banque, pour qu'elle soit soumise aux règles de cloisonnement. Cette mesure est censée « supprimer un obstacle à la croissance » pour les petits établissements qui pourront plus facilement « élargir leur base de dépôts ».

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Capter les investisseurs effrayés

Cette annonce intervient alors que la France est secouée par une crise politique depuis les résultats des élections législatives. Or, ce climat inquiète les investisseurs étrangers et riches particuliers, qui craignent une remise en cause de certains de leurs avantages.

« Les dossiers de personnes qui se renseignent pour quitter la France ont augmenté d'au moins 30% ces dernières semaines », a affirmé à l'AFP Philippe Lorentz, avocat fiscaliste au cabinet August Debouzy. Ces derniers cherchent en priorité à s'exiler en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis. « Ce ne sont pas forcément des très riches, parfois, ce sont des cadres supérieurs » a précisé l'avocat qui voit passer des héritiers ou des chefs d'entreprise.

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Autant d'éventuels nouveaux investisseurs que Londres cherche à séduire pour leur faire traverser la Manche. En effet, même s'il se revendique « socialiste », le programme de gouvernement « pro-entreprises » de Keir Starmer prône le sérieux budgétaire en période de contrainte financière. « C'est une réalité simple de dire qu'une des choses les plus appréciées par les investisseurs est la stabilité politique », ajoute Miles Celic, à la tête de TheCityUK qui promeut l'industrie financière au Royaume-Uni.

(Avec AFP)

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