Russie: le FMI table sur un ralentissement de l'économie en 2025
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Soutenue à plein régime par une troisième année de guerre, l'économie russe ne devrait pas plier en 2024. La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Russie devrait atteindre 3,6 % cette année, selon une nouvelle estimation du Fonds monétaire international (FMI) annoncée ce mardi. Soit 0,4 point de plus que la précédente, datant de juillet. Et en parfaite ligne avec celle enregistrée en 2023 (3,6 % également). L'institution internationale explique cette révision à la hausse par le fait qu'elle manquait d'informations sur la situation russe « avant la deuxième moitié de l'année ».
L'économie russe continue donc de dépasser les attentes, mais cela ne devrait pas durer. Les informations obtenues depuis par le FMI mettent en effet en avant « un environnement qui devient de plus en plus compliqué » et qui va finir par peser, selon le chef-économiste de l'institution, Pierre-Olivier Gourinchas.
Si bien que le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance de l'année prochaine pour la Russie. Elle devrait ainsi fortement ralentir comparé à 2024 et se cantonner à 1,3 %, contre 1,5 % estimé en juillet.
Ces nouvelles prévisions se rapprochent en outre fortement de celles de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Fin septembre, cette dernière les a aussi actualisées à la hausse. Elle table désormais sur une hausse du PIB russe de 3,7% en 2024 (contre 2,6 % annoncés en mai) et 1,1% en 2025 (contre 1 % précédemment).
Cette dégradation de l'économie russe devrait être liée à l'actuelle « hausse de la pression sur les prix », d'après Pierre-Olivier Gourinchas. « On voit que l'inflation accélère », principalement car la Russie « tente (...) de répondre aux besoins de sa population et de développer son économie de guerre. Cela renforce la pression sur les ressources, ce qui se reflète sur les prix », résume-t-il.
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Depuis bientôt trois ans, Moscou injecte des milliards de dollars dans sa campagne militaire en Ukraine, suite à l'invasion lancée en février 2022. Ces dépenses ont été positives puisqu'elles ont aidé l'économie nationale à absorber le choc des sanctions occidentales. Si bien que, d'après le président russe Vladimir Poutine, ces sanctions ont « échoué » à pénaliser l'économie russe. Le pays a même réussi à réduire sa dépendance envers ses importantes rentrées budgétaires liées aux hydrocarbures. Et à ainsi se protéger contre d'éventuelles restrictions supplémentaires ou de nouveaux chocs externes sur les marchés mondiaux.
Mais tout cela plonge l'économie russe dans une spirale inflationniste. L'explosion des commandes publiques dans le complexe militaro-industriel alimente en effet un cycle de salaires à la hausse. Car la Russie fait face à de graves pénuries de main d'œuvre, conséquence directe du départ sur le front ou à l'étranger de centaines de milliers d'hommes. Fait rare, Vladimir Poutine a reconnu publiquement ce problème mi-octobre. « Il n'y a pas assez de travailleurs dans le pays », a-t-il alerté. Alors que le maître du Kremlin se félicitait régulièrement ces derniers mois du niveau « historiquement bas » du chômage (2,4% en août, selon l'institut Rosstat), il a finalement changé de ton. Le chômage « n'existe pratiquement plus », a-t-il relevé admettant que « c'est l'un des facteurs limitant la croissance économique ».
Cette restructuration au pas de charge s'est accompagnée d'une inflation élevée, qui a encore atteint +8,6% en septembre. Ainsi que d'une dépendance accrue envers les investissements fédéraux, largement tirés par l'explosion des commandes militaires. Pour contenir la hausse des prix, les observateurs s'attendent à ce que la BCR relève son taux directeur, déjà à 19%. La réponse sera connue ce vendredi, lors d'une réunion sur le sujet.
Reste que cette stratégie de lutte acharnée contre la hausse des prix pourrait à moyen terme être mise à mal. Le gouvernement a en effet déjà prévu une hausse de 30% de ses dépenses militaires en 2025 (environ 130 milliards d'euros au total). Ce qui confirme la détermination du Kremlin à poursuivre coûte que coûte son offensive à grande échelle contre l'Ukraine. Et pourrait alimenter davantage la spirale inflationniste dans lequel se trouve déjà l'économie.
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En Ukraine, l'économie plombée par la guerre
Le FMI a par ailleurs revu ce mardi à la baisse ses prévisions de croissance pour l'Ukraine. L'institution table sur une hausse du PIB de 3% en 2024, contre 3,2% lors de son estimation du mois d'avril. Pour 2025, le recul est nettement plus franc : le FMI mise sur une croissance de 2,5% alors qu'elle anticipait 6,5% en avril.
Ces révisions sont la conséquence directe de l'impact de la guerre en cours. « La reprise économique devrait ralentir du fait de l'impact des attaques sur les infrastructures énergétiques et le risque sur les perspectives [qui] reste élevé », a expliqué la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, citée dans un communiqué la semaine dernière.
L'Ukraine dépend fortement du soutien financier de ses alliés occidentaux et d'organisations internationales, telles que le FMI, pour maintenir à flot son économie. Une aide que le président Volodymur Zelensky craint d'ailleurs de voir se raréfier à l'avenir, compte tenu du contexte géopolitique mondial.
(Avec AFP)
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