En Russie, le gouvernement alourdit les dépenses en 2025 pour soutenir l'effort de guerre
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La Douma, la chambre basse du Parlement.
SPUTNIK
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C'est envoyé. Le gouvernement russe a donné ce lundi son projet de loi budgétaire pour 2025 à la Douma, la chambre basse du Parlement. Au total, les dépenses fédérales vont passer en 2025 à 41.500 milliards de roubles (environ 400 milliards d'euros), une hausse de près de 12% sur un an.
De son côté, le ministère russe a expliqué en détails, en donnant des chiffres, comment les investissements seront répartis l'an prochain, mais sans le faire pour la catégorie « Défense ». « Des fonds importants » seront alloués « pour équiper les forces armées avec les armes et le matériel militaire nécessaires, le paiement des indemnités et le soutien aux entreprises du complexe militaro-industriel », est-il uniquement écrit.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, s'est borné à assurer, sans donner davantage de détails, que « toutes les instructions du président (Poutine) sont reflétées dans ce projet de loi ». Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le maître du Kremlin avait érigé mi-septembre « le renforcement de la capacité de défense du pays » et « l'intégration des régions » ukrainiennes occupées en « priorités » du budget.
Depuis 2022, le Kremlin a largement contribué à réorienter son économie vers l'effort de guerre, développant à grande vitesse son complexe militaro-industriel, notamment en recrutant des centaines de milliers de nouveaux employés. Le budget militaire national a même explosé en 2024 de près de 70% par rapport à 2023, représentant avec les investissements de sécurité 8,7% du PIB selon le président Vladimir Poutine, une première dans l'histoire moderne de la Russie.
Signe que les dépenses militaires ne sont pas près de diminuer dans les prochains mois, Vladimir Poutine a signé récemment un décret ordonnant une augmentation de près de 15% du nombre de soldats, le portant à 1,5 million.
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Pour boucler son budget, le gouvernement a prévu au 1er janvier prochain une augmentation des impôts sur les hauts revenus et les entreprises, un moyen de continuer à financer l'offensive en Ukraine et ses dépenses connexes.
Malgré des dépenses en hausse, la croissance russe continue d'afficher des chiffres insolents. En effet, le Produit intérieur brut du pays a augmenté de 4% sur un an au deuxième trimestre, a annoncé courant août l'agence nationale des statistiques Rosstat, sur fond d'accélération de l'inflation soutenue par l'explosion des commandes militaires.
Ce chiffre est en retrait par rapport au premier trimestre (+5,4%), mais il marque toutefois une croissance non négligeable, dont se vante la Russie qui estime avoir fait échouer les sanctions occidentales adoptées en représailles de l'assaut sur l'Ukraine en 2022.
Néanmoins, certains observateurs anticipent, à moyen terme, un scénario de stagflation (lorsque l'économie souffre d'une forte inflation et d'une croissance très faible). Les autorités russes évoquent, de leur côté, une hausse du PIB de 3,9% pour 2024, avant de décélérer légèrement en 2025 et 2026. « La pénurie (de main-d'œuvre) peut conduire à une situation où la croissance économique ralentit, malgré tous les efforts déployés pour stimuler la demande, et où tous ces stimuli accélèrent l'inflation », a mis en garde en juillet la directrice de la BCR, Elvira Nabioullina.
En effet, même si la croissance reste, pour le moment, au beau fixe, le pays souffre d'une forte inflation. La hausse des prix a atteint en août 9,05% sur un an, selon des chiffres officiels. Mi-septembre, la Banque centrale russe (BCR) a dû annoncer relever son taux directeur d'un point de pourcentage, à... 19%.
Pour rappel, le taux directeur avait déjà été relevé fin juillet de 16% à 18%, au moment où l'inflation atteignait sur ce mois-là 9,13%, son niveau le plus élevé depuis février 2023, bien au-dessus de l'objectif officiel de 4% affiché par les autorités. À titre de comparaison, les taux de Banque centrale européenne atteignent à présent une fourchette entre 3,5% et 3,90%,
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Néanmoins, la Russie anticipe un conflit long : le pays dispose d'environ 300 milliards de dollars de réserves qui n'ont pas été gelées par les Occidentaux, d'un faible ratio dette/PIB d'environ 15%, et le Kremlin a annoncé des hausses d'impôts pour récolter des recettes supplémentaires dans les prochaines années. Vladimir Poutine assure, lui, voir en les dépenses militaires « une grande ressource » pour le pays. Sans toutefois rassurer les observateurs qui doutent que les retombées de ces investissements soient suffisantes pour compenser des coûts exorbitants.
(Avec AFP)
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