Russie : une nouvelle hausse des taux à l'étude
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La Russie pourrait une nouvelle fois augmenter ses taux.
SHAMIL ZHUMATOV
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La Russie pourrait une nouvelle fois augmenter ses taux.
SHAMIL ZHUMATOV
[Article publié le mercredi 04 décembre 2024 à 12h35 et mis à jour à 15h34] La Russie poursuit sa politique monétaire. Afin de juguler l'inflation élevée, la patronne de la Banque centrale de Russie (BCR) a fait savoir que son institution n'écarte pas une nouvelle hausse des taux. Pour rappel, la flambée des prix à la consommation est directement tirée par l'explosion des commandes militaires, résultant de la guerre en Ukraine.
Dans son discours lors de ce forum, Vladimir Poutine a lui aussi jugé « nécessaire de faire baisser l'inflation » et appelé la banque centrale et le ministère du Développement économique à agir de façon « coordonnée ».
La prochaine réunion de la BCR doit se tenir le 20 décembre. Dans le contexte économique actuel, de nombreux acteurs du marché anticipent d'ores et déjà un relèvement du taux directeur. Ce dernier s'établit à 21% depuis fin octobre, soit son plus haut niveau depuis 2003.
Plusieurs grands patrons russes se sont émus d'un tel scénario, alertant sur le coût déjà élevé à leurs yeux des emprunts, et donc des investissements. Ce qui pourrait fortement ralentir l'économie russe. Or, les autorités anticipent à ce jour une décélération de l'activité en 2025.
Elvira Nabioullina a toutefois balayé ces critiques. Elle estime que si la BCR « ne réagit pas maintenant » - quand l'inflation est deux fois plus élevée que la cible officielle -, alors les Russes vont considérer que les autorités ont fait preuve de « réticence ou d'incapacité à freiner » ce phénomène qui grignote leur porte-monnaie.
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Mi-novembre, elle avait dit tout faire pour éviter une inflation élevée « chronique », symptôme qui ferait craindre l'apparition potentielle, à moyen terme, d'un cycle de stagflation (forte inflation et croissance très faible simultanément). La patronne de la BCR s'est tout de même félicitée du « ralentissement des prêts », proposés actuellement par les banques à des taux exorbitants et qui tirent les prix à la hausse.
L'inflation en Russie est notamment alimentée par l'explosion des dépenses militaires, résultant de l'assaut en Ukraine. Un constat qui n'est pas près de changer : les députés russes ont validé courant novembre le projet de loi du budget 2025-2027. Ce dernier prévoit une envolée de 30% des dépenses militaires l'an prochain, en pleine intensification du conflit.
D'après le texte voté par les députés russes à la Douma, la chambre basse du Parlement, les dépenses de Défense vont atteindre en 2025 près de 13.500 milliards de roubles (environ 127 milliards d'euros au taux du jour), soit plus de 6% du PIB russe. En parallèle, les pénuries de main-d'œuvre sur le marché de l'emploi - fruit de la conscription - obligent les entreprises à proposer des rémunérations attractives pour recruter.
L'inflation pèse aussi sur le rouble, au plus bas face au dollar et à l'euro. Il fallait remonter au mois de mars 2022, dans les toutes premières semaines de l'invasion russe en Ukraine, pour voir le rouble aussi faible face au dollar (1 contre 120 roubles le 11 mars 2022, selon la BCR) et à l'euro. Notamment lorsque les Occidentaux avaient mis en place une pluie de sanctions pour tenter de faire vaciller l'économie russe.
Ces derniers jours, le contexte géopolitique incertain - avec le retour en janvier de l'imprévisible Donald Trump - , a, semble-t-il, affecté la confiance des investisseurs dans le rouble. Au même titre que les dernières sanctions américaines contre Moscou. Washington a annoncé une série de sanctions visant une cinquantaine de banques russes, dont Gazprombank. Or, cette dernière est le bras financier du géant étatique du gaz Gazprom, utilisée pour les paiements énergétiques avec les clients étrangers.
Dans les faits, une monnaie plus faible signifie que les exportations de la Russie sont moins chères sur les marchés mondiaux, mais aussi que les Russes doivent dépenser plus pour importer des produits de l'étranger, faisant craindre d'alimenter la spirale inflationniste persistante.
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Le président russe Vladimir Poutine a tenté de rassurer fin novembre en indiquant qu'il n'y avait « aucune raison de paniquer ». « La situation est sous contrôle », a-t-il notamment déclaré. Il a également assuré que « de nombreux facteurs saisonniers » tels que « les versements au budget » et « les prix (mondiaux) du pétrole », en plus de l'inflation élevée, étaient la cause de l'affaiblissement prononcé du rouble. Avant la guerre, le dollar s'échangeait début 2022 autour de 1 pour 75-80 roubles en moyenne.
(Avec AFP)
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