Suppression de l'USAID : le Royaume-Uni et un juge montent au front
latribune.fr
L'Agence américaine pour le développement international gère un budget de plus de 40 milliards de dollars, destiné à l'aide humanitaire et l'aide au développement dans quelque 120 pays. (Photo d'illustration)
Alors que le président Trump menace de supprimer l'Agence américaine pour le développement international (USAID), le chef de la diplomatie britannique et la justice américaine contestent cette décision.
« Un nid de vipères de marxistes qui détestent l'Amérique ». C'est en ces termes peu amènes que Elon Musk qualifie l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Chargé de l'efficacité gouvernementale au sein de l'administration Trump, le milliardaire est chargé de réduire le nombre d'employés à moins de 300 personnes contre plus de 10.000 actuellement, selon le New York Times.
Vendredi, le président américain, qui avait déjà comparé l'USAID à « une bande de fous radicaux », a réclamé, sur son réseau Truth Social, qu'elle soit « supprimée ». « La corruption est à des niveaux jamais vus. Il faut la supprimer », a écrit Donald Trump en majuscules. Et ce alors même que l'Agence gère un budget de plus de 40 milliards de dollars, destiné à l'aide humanitaire et l'aide au développement dans quelque 120 pays, y compris les plus pauvres du monde.
Ce serait « l'une des pires et plus coûteuses bourdes de politique étrangère de l'histoire américaine », a réagi, dans la presse américaine, son ex-cheffe Samantha Power. Pis, cela mettrait « en péril des millions de vie, des milliers d'emplois aux Etats-Unis (...) et compromet gravement notre sécurité nationale et influence dans le monde - et pendant ce temps les (dirigeants) extrémistes et autoritaires se réjouissent ».
Un juge a suspendu cette décision
L'ensemble du personnel devait être placé en congé administratif à compter d'hier soir, y compris à l'étranger, selon un document de l'organisation diffusé mardi soir sur son site Internet. Sauf que, saisi par un syndicat représentant des fonctionnaires de l'USAID, un juge fédéral a annoncé qu'il allait suspendre cette décision.
Le chef de la diplomatie britannique a, lui aussi, défendu l'Agence américaine comme « un outil très important d'influence ». « Et en l'absence de développement, je serais très inquiet que la Chine ou d'autres ne s'engouffrent dans la brèche », a déclaré David Lammy au Guardian. Le Royaume-Uni « fera tout ce qu'il peut [...] mais clairement n'a pas les ressources des Etats-Unis », a-t-il poursuivi.
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Et pour cause: en 2020, Londres a fermé, « sans véritable préparation », son propre Département pour le développement international et décidé de suspendre ses financements à court terme. « Une énorme erreur stratégique », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, ajoutant que le Royaume-Uni avait « passé des années à revenir » dessus.