Guerre en Ukraine : Société Générale peut absorber la dépréciation de ses actifs russes
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Société générale a perdu près d'un tiers de sa valeur en Bourse en un mois : son exposition à la Russie, où sa filiale à 99,97 % Rosbank est la première banque étrangère du pays, mais aussi sa politique volontariste en Europe de l'Est, ont eu raison de ses résultats 2021 exceptionnels et de sa stratégie groupe, largement validée par le marché.
La banque a donc communiqué ce matin afin de détailler sa situation à la fois en Russie et en Ukraine. Un exercice qui mérite d'être souligné alors que les banques européennes entretiennent toujours un certain flou sur leurs engagements en Russie.
« La transparence des expositions de chacune des banques européennes à l'économie russe demeure relativement limitée et il est encore trop tôt pour être en mesure de réaliser une estimation précise des conséquences financières pour chaque établissement », regrette ainsi Scander Bentchikou, analyste-gérant chez Lazard Frères Gestion.
Dans le détail, le groupe confirme son exposition « limitée » à la Russie, soit 1,7% de l'exposition totale, soit 18,6 milliards d'euros au 31 décembre, dont 15,4 milliards (83%) sont comptabilisés dans sa filiale Rosbank.
Sur le solde, soit 3,6 milliards d'euros, 2,6 milliards d'euros sont inscrits au bilan et 600 millions hors bilan. Il s'agit essentiellement de financements de la banque de grande clientèle, avec « des contreparties de premier plan », dans les secteurs de la métallurgie et métaux (2,2 milliards) et de l'énergie (700 millions). La banque précise que les sanctions interdisent toute opération nouvelle mais pas le dénouement des opérations existantes, comme le remboursement d'un crédit.
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Ensuite, les activités russes pèsent au total pour 2,8% du produit net bancaire du groupe en 2021, et 2,7% du résultat net. Troisièmement, Société générale a toujours défendu une politique prudente dans ses activités en Russie, notamment en termes de risque, avec une clientèle diversifiée, à la fois de particuliers (41% des encours de crédit, essentiellement du crédit immobilier hypothécaire et du crédit automobile) et d'entreprises (31% des encours de crédit), à 80% sur des grandes entreprises.