Taïwan : la Chine se montre déterminée et prête à se "battre jusqu'au bout"
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Wei Fenghe
Reuters / Caroline Chia
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Pékin enfonce le clou. Après avoir menacé la veille les Etats-Unis de déclencher une guerre "si on ose séparer Taïwan de la Chine", le même ministre de la Défense a annoncé ce dimanche que le pays comptait se "battre jusqu'au bout" pour empêcher l'indépendance de l'île.
La Chine estime que cette île de 24 millions d'habitants est l'une de ses provinces historiques qu'elle entend reprendre par la force si nécessaire. La mer qui l'entoure constitue un autre point chaud majeur. Pékin revendique la quasi-totalité de cette mer riche en ressources, par laquelle transitent chaque année des milliards de dollars d'échanges maritimes.
Cette déclaration sonne comme une réplique à celle, la veille, du ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, qui avait dénoncé l'activité militaire "provocatrice et déstabilisante" de Pékin.
Aussi, les intentions de la seconde économie mondiale sont claires. Le gouvernement chinois souhaite une "réunification pacifique" avec Taïwan mais se réservait "d'autres options", a déclaré le ministre de la Défense.
M. Wei a exhorté Washington à "cesser de dénigrer et de contenir la Chine (...) à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et à cesser de nuire aux intérêts de la Chine".
Mais il s'est également montré plus conciliant, appelant à une relation sino-américaine "stable", qui, selon lui, est "vitale pour la paix mondiale".
Le président Joe Biden, lors d'une visite au Japon le mois dernier, a semblé rompre avec des décennies de politique américaine lorsque, en réponse à une question, il a déclaré que Washington défendrait militairement Taïwan si elle était attaquée par la Chine.
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Taïwan, qui dispose d'un gouvernement démocratique, vit sous la menace constante d'une invasion par la Chine autoritaire, qui considère l'île comme une partie de son territoire et qui veut la reprendre un jour, par la force si nécessaire.
Dimanche, le Premier ministre taïwanais Su Tseng-chang a, lui, encore tenté de calmer le jeu. "Tant qu'il y a égalité, réciprocité et aucune condition politique préalable, nous sommes prêts à engager un dialogue avec la Chine en faisant preuve de bonne volonté", a-t-il dit, réaffirmant une position que la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a maintes fois exprimée en public.
Mais les incursions sans précédent d'avions militaires chinois dans la zone défense aérienne taïwanaise ont fait monter la pression ces derniers mois.
La Chine refuse de discuter avec Tsai Ing-wen depuis sa première élection en 2016, la considérant comme une séparatiste qui a refusé d'accepter que la Chine et Taïwan fassent partie d'"une seule Chine".
M. Wei a insisté dimanche sur le fait que la Chine respectait la liberté de navigation et s'en est pris de manière voilée à Washington.
"Une certaine grande puissance a longtemps pratiqué l'hégémonie de la navigation sous le prétexte de la liberté de navigation", a-t-il déclaré.
M. Wei a déclaré que la Chine, principal allié de la Corée du Nord, souhaitait la paix dans la péninsule coréenne après une récente série d'essais d'armement.
"La clé pour (résoudre) le problème maintenant est de prêter attention aux intérêts en matière de sécurité de toutes les parties et de les satisfaire", a-t-il déclaré.
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S'exprimant dimanche au sommet, le ministre sud-coréen de la Défense, Lee Jong-sup, a déclaré que Séoul renforcerait ses capacités de défense et collaborerait avec les Etats-Unis face à la menace du Nord.
(Avec agences)
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