Accord sur le budget Trump à 3 000 milliards de dollars, les faucons en embuscade

Donald Trump tente par tous les moyens de faire adopter rapidement au Congrès son méga projet de loi fiscal.
Kevin Lamarque

Donald Trump tente par tous les moyens de faire adopter rapidement au Congrès son méga projet de loi fiscal.
Kevin Lamarque
[Article publié le 21 mai 2025 à 12 h 28, mis à jour à 17 h 23]
Il l'a nommé « the One, Big, Beautiful Bill ». Donald Trump tente par tous les moyens de faire adopter au Congrès son « grand et beau projet de loi » budgétaire. Un texte qui prolongerait les réductions et crédits d'impôts mis en place lors de son premier mandat. Il prévoit aussi des coupes dans certains programmes, tel Medicaid, l'assurance santé qui couvre 70 millions d'Américains.
Mercredi, les républicains de la Chambre des représentants sont parvenus à un accord sur ce projet de loi budgétaire d'un montant de 3 000 milliards de dollars, comme l'a annoncé le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson. Cet accord intervient après des négociations avec les faucons budgétaires républicains.
La commission du budget de la Chambre des représentants a entériné la proposition législative ce dimanche. Le président de la Chambre, Mike Johnson, s'efforce désormais d'apaiser les inquiétudes des élus conservateurs. Un scrutin en assemblée plénière est prévu dans les jours à venir. Par la suite, le projet de loi sera soumis à l'examen du Sénat.
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L'aile modérée du parti craint de perdre des électeurs avant les élections de mi-mandat en 2026 en réduisant l'assurance santé Medicaid. Pour l'aile ultraconservatrice, ces coupes ne vont, au contraire, pas assez loin.
Ce « grand et beau projet de loi » alourdirait de plus de 4 800 milliards de dollars le déficit américain. Un argument de taille alors que les États-Unis viennent de perdre, samedi, leur triple A de l'agence de notation Moody's.
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Mardi, le président américain s'est rendu au Congrès pour tenter de convaincre les récalcitrants de voter sa loi. Après une rencontre à huis clos, il s'est montré confiant devant les journalistes : « Nous allons remporter une grande victoire ». La Tribune dresse les principales mesures du méga projet de loi fiscal de Donald Trump.
L'une des mesures phares du projet de loi concerne les réductions d'impôts. L'objectif est de pérenniser les réductions adoptées lors de Trump 1, en 2017, avec un taux maximal de 37 %. Les seuils des tranches d'imposition devraient également être élargis.
Les pourboires, les heures supplémentaires et les intérêts sur certains prêts automobiles ne seraient plus taxés si le projet de loi est adopté.
Les salons de bronzage, quant à eux, pourraient échapper à la taxe de 10 % mise en place en 2010 sous Obama dans le cadre de l'Affordable Care Act (ACA). Un impôt qui a pu mettre en difficulté certaines petites entreprises.
Si « MAGA », qui signifie « Make America Great Again », est le slogan de Trump, il deviendra aussi le nom du compte épargne des enfants nés entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028. Les parents pourraient ouvrir à leurs enfants un compte « MAGA » pour « Money Accounts for Growth and Advancement » (Comptes d'argent pour la croissance et l'avancement en Français, NDLR) dans lequel le gouvernement versera 1 000 dollars. Les parents pourront ensuite y placer 5 000 dollars par an. L'enfant y aura accès à sa majorité, et pourra débloquer une partie de l'agent pour financer ses études, une formation ou sa première maison.
Du côté des universités, la loi compte faire des économies en révisant les programmes de prêts aux étudiants : certaines aides seraient moins généreuses. Le président américain continue aussi sa croisade contre les universités américaines et propose de taxer jusqu'à 21 % les dotations de certaines universités.
Le président souhaite, par ailleurs, renforcer sa défense. Il prévoit une enveloppe supplémentaire de plusieurs centaines de milliards de dollars pour le Pentagone dont une première tranche de 25 milliards pour son Golden Dome. Un bouclier spatial antimissile, qui devrait pouvoir parer aux attaques aériennes et contrer les missiles (balistiques, hypersoniques, ...). Le Golden Dome est censé être en état pour 2029.
Dans sa volonté de réduire toujours plus l'immigration, le projet de loi prévoit de nouveaux financements pour relancer la construction du mur devant séparer les États-Unis et le Mexique. Le projet compte également débloquer des fonds pour renforcer les agents aux frontières, taxer de 1 000 dollars les migrants qui demandent l'asile, ce qui serait une première dans le pays.
Pour compenser les dépenses faramineuses du projet de loi, Trump compte rogner sur d'autres programmes. L'assurance santé pour les Américains plus modestes, Medicaid, devrait voir ses dépenses réduites de plusieurs millions de dollars et obligerait ses bénéficiaires à travailler ou faire du bénévolat. D'après l'organisme Congressional Budget Office, le nombre de bénéficiaires pourrait baisser de 7,6 millions.
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Le projet de loi compte également couper dans les dépenses du Programme d'aide alimentaire (SNAP). Ce programme offre une aide aux ménages les plus défavorisés. Les conditions d'accès seraient durcies.