Taxes de l'UE sur les voitures électriques : Pékin va négocier « jusqu'à la dernière minute »
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Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao.
Tingshu Wang
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Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao.
Tingshu Wang
La Chine va tout faire pour convaincre le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, de renoncer à la mise en place de droits de douane sur ses voitures électriques. Le ministre du Commerce, Wang Wentao, a déclaré que Pékin continuerait à négocier « jusqu'à la dernière minute » sur l'enquête de l'UE concernant les véhicules électriques. Et pour cause, la procédure sape la confiance des entreprises chinoises investissant en Europe.
Wang Wentao s'est exprimé à Bruxelles lors d'un événement Chine-Europe sur les voitures électriques, au cours duquel une trentaine de cadres supérieurs des industries chinoise et européenne du secteur se sont rencontrés afin de débattre de l'enquête antisubventions ouverte par l'UE. Le ministre doit rencontrer ce jeudi son homologue pour l'UE, Valdis Dombrovskis, afin de discuter de la montée des tensions commerciales.
Pour rappel, la Commission européenne a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine. L'Empire du milieu est accusé d'avoir faussé la concurrence, en subventionnant massivement les constructeurs sur son territoire, et ainsi leur permettant d'offrir des prix inférieurs. Bruxelles va par conséquent ajouter aux 10% de taxe déjà en place une surtaxe, allant jusqu'à 36%, à l'encontre des importations de véhicules électriques chinois.
Avant de devenir définitifs, ces droits de douane doivent être confirmés par un vote des 27 États membres de l'UE, avant la fin du mois d'octobre. Mais les Etats membres sont divisés sur le sujet. La France a poussé pour des mesures ciblant les véhicules chinois. L'Allemagne, la Suède et la Hongrie appellent à la retenue du fait de leurs liens avec le secteur automobile chinois. Pour contrer la Commission, les opposants doivent réunir 15 États sur 27 représentant 65% de la population de l'UE.
Mardi, le vice-chancelier allemand Robert Habeck a appelé l'Union européenne et Pékin à « trouver une solution négociée » dans le bras de fer sur la taxation des voitures électriques chinoises pour « éviter une guerre commerciale ». « Nous voulons éviter une guerre commerciale avec une spirale de droits de douane, ce qui, en fin de compte, nuit aux deux parties », a déclaré le vice-chancelier et ministre de l'Economie dans un communiqué, après sa rencontre à Berlin avec Wang Wentao.
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Berlin fait, à son tour, monter la pression sur les négociateurs, après que l'Espagne a demandé la semaine dernière à l'UE de revoir sa position. L'Allemagne, de longue date sceptique sur la question des surtaxes proposées par l'UE, avait vu avec satisfaction Madrid se rallier à ses vues. « Nous n'avons pas besoin d'une autre guerre, une guerre commerciale dans ce cas », avait déclaré à Shanghai le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Pour rappel, Pékin a lancé, en représailles, une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits à base de porc, dont l'Espagne est le plus grand exportateur européen vers la Chine. « Nous partageons la même orientation », avait salué la chancellerie allemande après les déclarations du dirigeant espagnol.
(Avec agences)
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