Véhicules électriques chinois : l'Allemagne appelle l'UE à éviter « une guerre commerciale »
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Le vice-chancelier allemand Robert Habeck a appelé Bruxelles à « trouver une solution négociée » avec Pékin.
Reuters
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Le vice-chancelier allemand Robert Habeck a appelé Bruxelles à « trouver une solution négociée » avec Pékin.
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L'Union européenne serait-elle trop agressive ? C'est ce qu'a semblé dire, ce mardi, le vice-chancelier allemand Robert Habeck en appelant Bruxelles à « trouver une solution négociée » avec Pékin dans le bras de fer sur la taxation des voitures électriques chinoises.
« Nous voulons éviter une guerre commerciale avec une spirale de droits de douane, ce qui, en fin de compte, nuit aux deux parties », a déclaré le vice-chancelier et ministre de l'Economie dans un communiqué, après sa rencontre à Berlin avec le ministre chinois du commerce, Wang Wentao. Ce dernier doit se rendre jeudi à Bruxelles pour tenter de convaincre le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis de renoncer à la mise en place de droits de douane par l'UE.
Une demande qui rappelle celle du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. « Nous voulons (...) une Union européenne et une Chine ouvertes au monde, au-delà des réalités géopolitiques et géoéconomiques », avait-il insisté, en inaugurant un Forum économique Chine-Espagne le 10 septembre. « C'est pourquoi nous misons sur le dialogue honnête pour gérer les tensions existantes, qui résultent en grande partie de l'annonce de l'imposition de droits de douane sur les véhicules électriques chinois », a-t-il ajouté, faisant référence au contentieux opposant l'Empire du milieu et le Vieux continent depuis l'été dernier.
Pour rappel, Bruxelles a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer jusqu'à 35,3% pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine, y compris celles du constructeur américain Tesla, qui possède une usine à Shanghai. Elle accuse Pékin d'avoir faussé la concurrence en subventionnant massivement les constructeurs sur son territoire, leur permettant d'offrir des prix inférieurs. Pour les Vingt-sept, il s'agit donc de freiner les importations de véhicules électriques chinois, sans les bloquer complètement comme aux Etats-Unis avec leur surtaxe de plus de 100%.
Les nouveaux droits de douane s'ajoutent à ceux, standards, de 10% imposés par l'UE sur les importations de voitures. La surtaxe la plus élevée parmi les entreprises ayant coopéré à l'enquête de l'UE serait de 20,7%. Ce tarif devrait s'appliquer à certains producteurs chinois tels que Chery, Great Wall Motor Co et NIO, ainsi qu'à un certain nombre de coentreprises entre des sociétés chinoises et des constructeurs automobiles européens.
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Ces droits de douane s'appliqueront d'ici fin octobre pendant cinq ans, sous réserve de nouvelles modifications et surtout de l'aval des Etats européens, très divisés sur le sujet. Ils remplaceront alors des taxes provisoires décidées début juillet. La Chine et les entreprises concernées ont eu dix jours pour présenter leurs observations, dont la Commission a tenu compte pour réviser sa proposition, qui doit encore être soumise au vote des Vingt-Sept. Les droits de douane seront mis en œuvre à moins qu'une majorité qualifiée de 15 membres de l'UE représentant 65% de la population de l'UE ne s'y oppose.
Mais au sein de l'Europe, plusieurs pays dont l'Allemagne mais aussi la Hongrie et la Suède tentent de freiner les vingt-sept dans leurs décisions. Et pour cause, pour tenter de faire reculer Bruxelles, la Chine a annoncé en juillet enquêter sur des pratiques commerciales de l'Union européenne (UE) jugées déloyales concernant certains produits laitiers, au lendemain de la confirmation par Bruxelles d'une fiscalité plus lourde sur les véhicules électriques chinois importés dans l'UE.
« Le ministère du Commerce a décidé d'ouvrir une enquête antidumping sur certains produits laitiers importés depuis l'Union européenne à compter du 21 août 2024 », a-t-il indiqué dans un communiqué. Elle porte sur des produits tels que le fromage frais et le lait caillé, le fromage bleu ainsi que certains laits et crèmes, a précisé le ministère du Commerce. La procédure doit durer un an et pourra éventuellement être prolongée de six mois. La Chine pourra ensuite décider d'imposer des surtaxes sur ces produits pour protéger son marché, si elle démontre que les pratiques de l'UE sont déloyales et nuisent à la concurrence.
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Et ce n'est pas la première tentative de Pékin. Ce dernier avait déjà annoncé en janvier enquêter sur une infraction supposée à la concurrence des eaux-de-vie de vin, comme le cognac, importées de l'UE et en particulier de la France, qui avait donné l'impulsion à l'enquête de Bruxelles. En juin, elle a aussi lancé une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits porcins en provenance de l'Union européenne, des marchandises principalement produites en Espagne, en France, aux Pays-Bas et au Danemark.
(Avec AFP)
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