A trois jours du G20, Trudeau tacle le protectionnisme de Trump et de May

 |   |  603  mots
Ce 4 juillet, à Dublin, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, ici brandissant un maillot, avec son homologue irlandais, le Taoiseach Leo Varadkar, à l'issue d'une partie de hurling.
Ce 4 juillet, à Dublin, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, ici brandissant un maillot, avec son homologue irlandais, le Taoiseach Leo Varadkar, à l'issue d'une partie de hurling. (Crédits : Reuters)
Avec cette sortie du Premier ministre canadien contre de grands partenaires commerciaux qu'il accuse de protectionnisme, il est désormais très probable qu'au G20 qui débute vendredi, il sera question de l'actuelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et le Canada. Le bois canadien est impacté, mais encore l'industrie aéronautique avec l'enquête antidumping réclamée par le groupe américain Boeing contre le canadien Bombardier.

A quelques jours du prochain sommet du G20, qui aura lieu vendredi 7 et samedi 8 juillet à Hambourg en Allemagne, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui rendait visite à son homologue irlandais Leo Varadkar, a fait une déclaration très critique contre son grand voisin américain, faisant le parallèle avec la situation de l'Irlande qui doit faire face au repli du Royaume-Uni avec le Brexit :

"Il y a des opportunités immenses pour des pays comme le Canada et l'Irlande, à un moment où nos alliés principaux et nos partenaires commerciaux que sont les États-Unis et le Royaume-Uni se referment sur eux-mêmes, ou au moins prennent une autre direction."

Cette déclaration est le signe que la situation économique entre les deux entités d'Amérique du Nord arrive à un point de rupture. La semaine dernière, Justin Trudeau avait déploré la décision des Etats-Unis d'imposer des taxes antidumping sur le bois de construction canadien.

L'industrie aéronautique canadienne touchée par la guerre commerciale

Mais il n'y a pas que les matières premières comme le bois qui sont touchées, l'industrie de pointe canadienne est également touchée. Avec notamment l'enquête antidumping réclamée par le groupe américain Boeing contre le constructeur aéronautique Bombardier.

A Dublin, Trudeau semblait appeler à la constitution d'un nouveau front économique, celui des pays "ouverts sur le monde" :

"Il faut rappeler que le Canada et l'Irlande sont des lieux ouverts sur le monde."

Il a également indiqué "avoir des désaccords nets avec les Etats-Unis sur les questions de climat et de commerce, notamment".

Le climat, grosse pomme de discorde avec Trump

Pour rappel, lors de leur entretien du 1er juin 2017, Justin Trudeau a assuré à Donald Trump que «le Canada est inébranlable dans sa volonté de lutter contre les changements climatiques et de soutenir la croissance économique propre», selon le Journal de Montréal.

«Nous restons inspirés par le mouvement qui continue de prendre de l'ampleur dans le monde entier pour combattre les changements climatiques et faire la transition vers des économies axées sur la croissance propre, a-t-il ajouté. Nous sommes fiers que le Canada fasse cause commune avec tous les autres pays qui appuient l'Accord.»

Il concluait en faisant valoir son «désir ambitieux et inébranlable de laisser un monde plus sain et plus durable à nos enfants et aux générations à venir».

Irlande et Canada profiteront du Ceta, selon Trudeau

Ce 4 juillet, l'homologue irlandais de Justin Trudeau, le brillant Leo Varadkar, élu Premier ministre (le titre exact en gaëlique est "Taoiseach" - prononcer "tichoc") d'Irlande à la mi-juin (à 38 ans), a réitéré l'attachement de son pays à l'Union européenne tout en notant les différences qu'avaient le Canada et l'Irlande quant à leurs "grands voisins" respectifs.

"Nous partageons tous les deux une relation avec un très grand voisin, un voisin qui a d'une certaine manière décidé de prendre une direction différente", a-t-il dit lors de cette conférence de presse commune.

Tout en insistant sur les efforts qui auraient été nécessaires au niveau national pour négocier l'accord de libre-échange (Ceta) entre le Canada et l'Union européenne, qui a pris sept ans, il a regretté la décision "malheureuse" du Royaume-Uni de quitter le bloc des 27.

Pour Justin Trudeau, "le Ceta va donner aux entreprises canadiennes et irlandaises un accès plus large à leurs marchés respectifs", ce qui "créera davantage d'emplois bien payés des deux côtés de l'Atlantique".

Le Premier ministre Canadien doit quitter l'Irlande pour l'Écosse mercredi matin.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/01/2018 à 0:32 :
C’est quand que Manu fait la meme chose ? Ah non c’est vrai, j’oubliais, le protectionisme c’est mal...
a écrit le 05/07/2017 à 8:44 :
Attendez je ne comprends pas bien la logique de trudeau là, il accuse les états unis de protectionnisme tout ça parce que boeing veut une enquête antidumping sur bombardier ?

Quelqu'un peut m'expliquer svp ? Merci. Même si j'ai l'impression qu'on a encore à faire avec un drôle de guignol là. Le monde n'est-il dirigé plus que par cela ?
a écrit le 04/07/2017 à 21:25 :
"le Ceta va donner aux entreprises canadiennes et irlandaises un accès plus large à leurs marchés respectifs", ce qui "créera davantage d'emplois bien payés ....".
On disait la même chose il y a 25 ans au sujet de l'UE...
a écrit le 04/07/2017 à 19:55 :
L'irlande ce n'est pas le pays qui pille les ressources et finances publiques de ces partenaires européens en fournissant des boites aux lettres fantômes comme avec la société Apple ?
Je crois qu'il faut réviser le mot partenaire , et le changer en cheval de troie ennemi.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :