Droits de douane de Trump : Chine, Canada et Mexique contre-attaquent
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La présidente mexicaine a annoncé des contre-mesures « douanières et non-douanières ».
Henry Romero
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La présidente mexicaine a annoncé des contre-mesures « douanières et non-douanières ».
Henry Romero
[Article publié le mardi 4 mars à 5 h 55 et mis à jour à 19 h 20] Après plusieurs semaines de spéculations et de reports, Donald Trump a finalement décidé de passer à l'acte. Dès ce mardi, des droits de douane de 25 % seront appliqués sur l'ensemble des importations canadiennes et mexicaines, à l'exception des produits énergétiques canadiens qui seront taxés à 10 %. La Chine n'est pas épargnée, puisqu'elle verra ses droits de douane augmenter de 10 points supplémentaires, passant ainsi à 20 %.
En réponse, l'Etat-parti chinois a annoncé ce mardi des droits de douane supplémentaires de 15 % sur le poulet, blé, maïs et coton américains entrant en Chine. D'autres produits américains importés tels que le sorgho, le soja, le porc, le bœuf, les produits de la mer, les fruits, les légumes et les produits laitiers feront l'objet d'une taxe supplémentaire de 10 %.
Les nouvelles taxes entreront en vigueur après le 10 mars 2025. Dans le même temps, Pékin a annoncé l'ajout de quinze entités américaines à la liste de contrôle des exportations.
Si Washington persiste à mener une « guerre des droits de douane, une guerre commerciale ou toute autre forme de conflit, la Chine sera prête à l'accompagner jusqu'au bout », a affirmé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse régulière.
Les droits de douane imposés à la Chine par la Maison Blanche dépassent déjà ceux du premier mandat de Trump, notent plusieurs analystes. Ils représentent « le double de l'ensemble des hausses des droits de douane » décidées lors de cette période, souligne Ting Lu, économiste chez Nomura. Le niveau moyen des taxes américaines sur les importations chinoises atteint désormais environ 33 %, selon des estimations du cabinet, un niveau inférieur aux 60 % brandis pendant la campagne électorale par le candidat Trump.
Certains analystes y voient le signe d'une approche plus souple que prévu face à l'État-parti chinois. Mais d'autres estiment que la Chine restera l'adversaire économique et géopolitique numéro un de la nouvelle administration américaine. « Même si Trump a récemment montré une certaine inclination à conclure un nouvel "accord" commercial avec la Chine, il est clair que le pays reste dans son collimateur », note Thomas Mathews, de Capital Economics. « La menace de droits de douane, de contrôles à l'exportation, de restrictions sur les investissements et d'autres mesures similaires demeure un risque majeur pour les investisseurs sur les marchés chinois », ajoute-t-il.
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Pour l'instant, « les décideurs et les exportateurs chinois ont déjà anticipé des droits de douane plus élevés aux États-Unis et ont pris des mesures en conséquence », relève Zhiwei Zhang, président et économiste en chef de Pinpoint Asset Management. Mais « il est probable que cette hausse des droits de douane ne soit pas la dernière visant la Chine », alerte Julian Evans-Pritchard, de Capital Economics.
La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a quant à elle déjà assuré que son pays avait « un plan A, un plan B, un plan C et un plan D » pour contrer ces nouvelles taxes. Il s'agira de contre-mesures « douanières et non-douanières » selon la cheffe d'État qui précisera la teneur de cette riposte dimanche lors d'une réunion publique à Mexico.
De son côté, estimant que « rien ne justifiait ces mesures » américaines, le Canada prévoit d'instaurer des droits de douane de 25 % sur certains produits américains, pour un montant total de 155 milliards de dollars canadiens. Le Premier ministre Justin Trudeau a même affirmé que Donald Trump voulait « faire chuter l'économie canadienne » pour ensuite « pouvoir annexer » le pays. Dans ce contexte, « je ne sais pas quelle négociation on pourrait entamer » avec les États-Unis, a ajouté le chef du gouvernement démissionnaire qui sera remplacé dans quelques jours.
Dans un message sur son réseau Truth social : le président américain écrit mardi sur son réseau Truth Social que « Lorsqu'il répliquera par un droit de douane sur les États-Unis, nos droits de douanes réciproques augmenteront immédiatement dans la même proportion ».
Du côté politique, certains États américains, notamment ceux ayant voté pour Trump en 2024, pourraient être particulièrement affectés par les mesures de rétorsion. Le Canada envisage notamment de cibler des produits spécifiques comme le café de la Louisiane, État du président de la Chambre des représentants Mike Johnson. Les productions de Pennsylvanie, de Floride, de l'Ohio et bien d'autres encore, qui sont dirigés par des républicains et où les électeurs ont contribué à porter Donald Trump au pouvoir en lui promettant de réduire le coût de la vie, seraient également visés.
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Cette escalade dans les tensions commerciales soulève de nombreuses inquiétudes quant à l'avenir de l'économie mondiale. Les analystes craignent une hausse des prix pour les consommateurs américains et un ralentissement de la croissance économique. L'industrie automobile, particulièrement dépendante des échanges nord-américains, pourrait être l'un des secteurs les plus touchés.
(Avec AFP)
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