À Kherson, c'est sous terre qu'une partie de la vie se déroule. Surtout quand on s'appelle Oleksandr Prokudin, qu'on occupe la fonction de gouverneur et que l'on est, forcément, une cible de choix pour les Russes. Alors, pour le rencontrer, il faut d'abord pénétrer dans cet immeuble du centre-ville placé sous bonne garde. Puis s'engouffrer au sous-sol et suivre un labyrinthe de couloirs en béton. Le dédale aboutit à son bureau. C'est en tee-shirt et pantalon kaki que le quadragénaire reçoit. Aujourd'hui encore, cet ancien chef de la police nationale, nommé il y a dix-huit mois par Volodymyr Zelensky à la tête de l'administration militaire pour assurer la protection des 166000 habitants de la région, a beaucoup à faire. À l'ordre du jour: la réparation des abris existants et l'installation d'abris mobiles, l'équipement d'un « hôpital souterrain », la préparation de la rentrée scolaire et de la « saison de chauffage »
Chaque dossier réserve son lot de complications. Comment fournir suffisamment d'électricité à la population avec une seule centrale en état de fonctionner ? L'école est aussi un casse-tête. Sept établissements, équipés d'abris, doivent reprendre un enseignement dispensé pour moitié en présentiel, pour moitié à distance. Mais le projet de construction d'une école souterraine pouvant accueillir 450 enfants alimente la controverse. Il est fustigé sur les réseaux sociaux, car cela pourrait donner lieu à des versements de pots-de-vin.