Une légère récession, est-ce si grave ?
Paul Marion
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Les scénarios prévoient une récession modérée en 2023 en Allemagne.
Reuters
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Les scénarios prévoient une récession modérée en 2023 en Allemagne.
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Le mot s'invite à nouveau sur les lèvres des puissants de ce monde, patrons ou politiques. Le président Biden évoque « une très légère récession » comme quelque chose de « possible ». Le FMI juge que « beaucoup de gens auront le sentiment d'être en récession en 2023 » et que « le pire est à venir ». Pour l'emblématique PDG de JP Morgan Jamie Dimon, dernier patron vétéran de la récession de 2008 à Wall Street, « l'Europe est déjà en récession ». En France, Michel-Edouard Leclerc diffuse ses craintes sur les ondes. « J'ai peur de la récession », confesse-t-il cette semaine.
Le retour annoncé de la récession s'accompagne de son cortège de Cassandre et d'angoisses. Nombre d'articles titrent sur la « peur», « le pire » qui « guettent l'économie » mondiale « au bord de la récession » comme si elle s'apprêtait à basculer dans le vide. Si récession il y a, la violence du choc dépendra évidemment de la hauteur de la chute. En 2009, après la crise des subprimes, le PIB avait reculé de 4,5% dans la zone euro, ou de 6,1% en 2020. Aujourd'hui, les prévisions tablent sur une décroissance de 0,3% en 2023 chez le mauvaise élève allemand (et sur une légère hausse de la croissance de 0,5% dans l'ensemble de la zone euro). Une telle récession, modeste, est-elle si grave ?
La récession n'est pas un épouvantail pour rien, et fait des dégâts même à court-terme. Une contraction du PIB sur deux trimestres consécutifs (définition officielle de la récession) provoque un recul de l'investissement et de l'emploi. « Il y a parfois un temps de transmission qui fait que les effets d'une récession ne sont pas toujours perceptibles immédiatement, mais son impact est indéniable », explique l'économiste Nicolas Goetzmann de la Financière de la Cité.
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« Une contraction de l'activité économique (même légère) se traduit généralement par une destruction d'emploi. Il y a alors un peu de « casse sociale ». Et cela a un impact même pour les travailleurs qui restent en emploi », poursuit l'économiste Jérôme Mathis. Selon l'universitaire, l'enjeu est surtout que l'activité rebondisse vite pour que la récession ne reste qu'un soubresaut sur une courbe ascendante du PIB. « Une petite récession de courte période est facilement rattrapable. Les infrastructures sont en place, les structures sont opérantes, les recettes de cuisine sont connues et les travailleurs n'ont pas eu le temps de perdre en qualification », observe-t-il. En témoignent les reprises spectaculaires post-covid en 2021 (avant d'être rattrapées par l'inflation).
Paul Marion