Venezuela : au grand dam de l'opposition politique, la Cour suprême valide la réélection de Maduro
latribune.fr
Pour mémoire, l'annonce de la réélection du président vénézuélien pour un troisième mandat a provoqué des manifestations spontanées, qui ont été brutalement réprimées, faisant jusqu'ici 27 morts et plusieurs centaines de blessés.
C'est le président Nicolas Maduro lui-même qui avait saisi début août le Tribunal supérieur de justice (TSJ) pour faire valider sa victoire. L'opposition, qui revendique la victoire, avait déclaré « nulle et non avenue » toute décision de la haute juridiction sur le sujet
Le couperet est tombé, au grand dam de l'opposition politique vénézuélienne. Ce jeudi, la Cour suprême du Venezuela, que la plupart des observateurs considèrent comme inféodée au pouvoir, a en effet validé la réélection du président Nicolas Maduro. Ce, alors que l'opposition, qui revendique la victoire, avait déclaré « nulle et non avenue » toute décision de la haute juridiction sur le sujet.
C'est Nicolas Maduro lui-même qui avait saisi début août le Tribunal supérieur de justice (TSJ) pour faire valider sa victoire. A noter aussi : la présidente de la Cour suprême avait rappelé lors d'une audience précédente que ses décisions étaient « sans appel ».
La Cour « certifie de manière non contestable le matériel électoral et valide les résultats de l'élection présidentielle du 28 juillet 2024, émis par le Conseil national électoral (CNE), où le citoyen Nicolas Maduro Moros a été élu président de la République bolivarienne du Venezuela pour la période constitutionnelle 2025-2031 », a affirmé sa présidente Caryslia Rodriguez.
Une réélection très contestée
Pour mémoire, l'annonce de la réélection du président vénézuélien pour un troisième mandat a provoqué des manifestations spontanées, qui ont été brutalement réprimées. Elles ont jusqu'ici fait 27 morts, 192 blessés et 2.400 arrestations, selon les autorités.
Nicolas Maduro a été proclamé vainqueur avec 52% des voix par le CNE, qui n'a cependant pas fourni les procès-verbaux des bureaux de vote, se disant victime d'un piratage informatique. Une telle attaque est jugée peu crédible par l'opposition et de nombreux observateurs, qui y voient une manœuvre du pouvoir pour éviter de divulguer le décompte exact des votes.
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A ce propos, la présidente de la Cour suprême vénézuélienne a assuré dans son avis que « les bulletins émis par le Conseil national électoral (CNE) (...) sont étayés par les procès-verbaux de décompte émis par chacune des machines à voter" et "coïncident pleinement avec les enregistrements des bases de données des centres nationaux de décompte ».
Le candidat d'opposition revendique la victoire à 60% des voix
Mais selon l'opposition, qui a rendu publics les procès-verbaux obtenus grâce à ses scrutateurs, son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia a remporté le scrutin avec plus de 60% des voix.
« Messieurs du TSJ : aucune décision ne remplacera la souveraineté populaire. Le pays et le monde connaissent votre partialité et, par conséquent, votre incapacité à résoudre le conflit ; votre décision ne fera qu'aggraver la crise », a déclaré dans la matinée de ce jeudi sur les réseaux sociaux Edmundo Gonzalez Urrutia, appelant Nicolas Maduro à permettre une « transition politique » dans la paix.
Avant même la décision, il s'était adressé aux juges de la haute cour en ces termes : « Aucune décision ne remplacera la souveraineté populaire. Le pays et le monde connaissent votre partialité et, par conséquent, votre incapacité à résoudre le conflit; votre décision ne fera qu'aggraver la crise ».
Pour rappel, une grande partie de la communauté internationale et notamment les Etats-Unis, l'Union européenne et des pays d'Amérique latine n'ont pas reconnu la réélection de Nicolas Maduro. L'UE, le Conseil permanent de l'Organisation des Etats américains (OEA), le Brésil et 22 autres pays ont notamment demandé dans des déclarations distinctes la publication des « procès-verbaux » du scrutin.