En matière de sécurité et de défense, Nicolas Maduro peut désormais gouverner par décret jusqu'à la fin de l'année. Le président du Venezuela a en effet obtenu dimanche 15 mars de l'Assemblée nationale à Caracas des pouvoirs spéciaux afin de lui permettre de répondre à "l'agression impérialiste" des Etats-Unis.
La loi qui lui confère cette prérogative a été approuvée, après un peu plus de deux heures de débats, à l'issue d'un vote à main levée.
Mardi, après l'annonce la veille par Washington de sanctions contre de hauts responsables vénézuéliens, elles-mêmes prises en réaction à des violations des droits de l'homme au Venezuela, Nicolas Maduro avait demandé à l'Assemblée nationale de lui donner "des pouvoirs suffisants pour défendre la paix, la souveraineté et le développement du Venezuela face à la menace du gouvernement des Etats-Unis", qu'il a qualifiée d'"aberration historique".
S'adressant au président américain Barack Obama, il avait lancé:
Barack Obama avait qualifié le 9 mars la situation au Venezuela de "menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis". Il avait annoncé des gels d'avoirs et des interdictions de visas contre sept responsables vénézuéliens impliqués dans la violente répression des manifestations contre le gouvernement entre février et mai 2014.
L'annonce des sanctions avait déjà entraîné, le 9 mars, le rappel immédiat du plus haut représentant diplomatique du Venezuela aux États-Unis, un épisode qui est survenu après des années de frictions, les deux pays n'ayant plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010.
Maduro a déjà bénéficié des pouvoirs spéciaux à partir de fin 2013 en matière économique, permettant au gouvernement de légiférer directement par décret. Cela n'a pas empêché son pays de s'enfoncer dans une crise économique aigüe.
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Même si, dans les faits, le régime chaviste peut facilement légiférer, puisqu'il dispose de 60% des sièges au Parlement monocaméral, les pouvoirs spéciaux sont une façon, pour un président en mal de popularité (seulement 20% d'opinions favorables), de réaffirmer sa légitimité, estiment des analystes.
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