Le PS et Les Républicains présentent leurs "nouveaux" programmes anti-Macron

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Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS et François Baroin, chef de file de la coalition Les Républicains/UDI ont chacun décidé de présenter un programme light pour les législatives afin de tenter de reconquérir leur électorat effarouché à la présidentielle par les mesures les plus radicales de leurs candidats: le revenu universel de Benoît Hamon, l’augmentation de deux points de la TVA pour François Fillon. Deux mesures qui passent à la trappe.
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS et François Baroin, chef de file de la coalition "Les Républicains"/UDI ont chacun décidé de présenter un programme "light" pour les législatives afin de tenter de reconquérir leur électorat effarouché à la présidentielle par les mesures les plus radicales de leurs candidats: le revenu universel de Benoît Hamon, l’augmentation de deux points de la TVA pour François Fillon. Deux mesures qui passent à la trappe. (Crédits : DR)
Le PS et Les Républicains ont adopté leurs nouveaux programmes pour les législatives édulcorant, voire supprimant, les mesures les plus emblématiques de leurs deux candidats, les grands perdants de la présidentielle. Exit donc le revenu universel de Benoît Hamon et l’augmentation de deux points de TVA, chère à François Fillon.

Tenter de réparer la casse ou, à tout le moins, de limiter les dégâts. Au Parti socialiste comme chez Les Républicains (LR), on a décidé d'adopter la même tactique pour les élections législatives afin de se redonner des couleurs, après l'élection présidentielle qui a vu l'élimination des candidats des deux partis « de gouvernement » dès le premier tour. Les deux formations, qui connaissent de graves dissensions internes, ont donc respectivement décidé de mener la bataille des législatives avec des programmes « light » pour tenter de faire revenir au bercail les ouailles partis du côté d'Emmanuel Macron. Les points les plus saillants des programmes de la présidentielle, défendus par Benoît Hamon et François Fillon, ont donc tout simplement disparu...

Au PS, exit le revenu universel cher à Benoît Hamon

C'est surtout flagrant du côté du PS dont le candidat, avec 6,5% des voix, a fait le plus mauvais score pour un socialiste depuis la présidentielle de 1969. Le bureau national du PS s'est mis d'accord - non sans de grosses difficultés - sur un texte qui opère un grand nettoyage dans les propositions emblématiques défendues par Benoît Hamon jusqu'au 27 avril. Ainsi, exit la proposition emblématique d'instaurer un revenu universel d'existence qui en avait effrayé plus d'un par son coût et sa philosophie mais qui avait eu le mérite de poser le débat sur l'avenir du travail. Disparus également la « taxe robot », la sortie du diesel et celle du nucléaire à l'horizon 2050, la contribution assise sur les superprofits des banques, le « 49-3 » citoyen, etc.

En revanche, demeurent des mesures très consensuelles, telles la revalorisation de la prime d'activité et du minimum vieillesse et la bonification des aides à l'investissement dans les territoires ruraux ou urbains en difficulté.

En revanche, le PS a refusé de faire plusieurs pas en direction d'Emmanuel Macron et de son mouvement « La république en marche ». Ainsi, finalement, il n'est pas question de se rallier à l'idée du nouveau président de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des Français... Il faut dire que la majorité des maires sont contre cette idée, au nom de l'autonomie fiscale. De même, le PS continue d'exprimer son plus profond désaccord sur le projet d'Emmanuel Macron de recourir aux ordonnances pour réformer le droit du travail...

Mais, globalement, on voit bien que le Parti socialiste soigne son image et ne souhaite pas se mettre dans une opposition systématique au nouveau chef de l'Etat. Une position que réfute Benoît Hamon, furieux de voir ses idées disparaître. Aussi, l'ancien candidat a annoncé ce 10 mai sur France Inter qu'il lancerait le 1er juillet prochain un «mouvement large, qui s'adressera aux hommes et aux femmes de gauche, aux citoyens (...) transpartisans »... On sent que l'époque des « clubs » pourrait bien revenir au sein du PS...

Adieu l'augmentation de TVA souhaitée par Fillon

Mais la droite non plus n'est pas épargnée par le syndrome du « tourner vite la page »... en l'occurrence celle de François Fillon. François Baroin, chef de file LR pour les législatives a ainsi présenté le « contrat d'alternance » avec lequel la droite et le centre  espèrent séduire une majorité d'électeurs et imposer une cohabitation à Emmanuel Macron.

Là aussi, plusieurs aspects - et non des moindres - du programme Fillon ont été gommés. Ainsi, la hausse du taux supérieur de TVA de deux points, mesure emblématique de l'ancien candidat, a été purement et simplement supprimée, soit un « manque à gagner » d'environ 12 milliards d'euros. De fait, la mesure avait fait grincer quelques dents aux sein de LR. François Baroin, par exemple, y était opposé. Pour Eric Woerth, il « y a avait peut-être aux yeux des Français une contradiction entre notre volonté de baisser les prélèvements obligatoires et cette hausse de deux points du taux de la TVA ». De même, la mesure d'exonération forfaitaire de cotisation salariale passe également à la trappe. Elle est remplacée par une mesure plus universelle de réduction de 10% de l'impôt sur le revenu. Dans une interview au quotidien Les Echos Eric Woerth a indiqué que « toutes les tranches » seront concernées.

LR se veut le parti de la baisse des impôt... à la différence de Macron

La manœuvre est habile, LR veut absolument se positionner comme le parti qui n'augmentera pas les impôts des ménages. A l'inverse, il compte pilonner Emmanuel Macron sur son idée d'augmenter la CSG des retraités des plus aisés, des fonctionnaires et des professions libérales de 1,7 point afin de financer la suppression de la cotisation salariale d'assurance chômage et l'extension de l'allocation chômage à d'autres publics que les salariés privés d'emploi.

Dans le même ordre d'idée, et toujours au chapitre du pouvoir d'achat, LR a décidé de réintroduire la mesure sarkozyste de défiscalisation des heures supplémentaires. Un rétablissement auquel François Fillon n'était pas favorable car, pour lui, cette mesure était antinomique avec la fin programmée de la référence légale aux 35 heures de travail hebdomadaires. Un objectif d'ailleurs toujours prévu dans le nouveau programme de » "LR". On notera qu'une exonération (fiscale et sociale) totale des heures supplémentaires représente un coût pour l'Etat et la Sécurité sociale qui dépasse les 4 milliards d'euros par an...

Du côté des entreprises, Les Républicains ont décidé de rogner aussi sur les baisses de cotisations patronales et impôts pesant sur les entreprises. In fine, là où le projet Fillon prévoyait un « choc de compétitivité immédiat » à hauteur de 40 milliards d'euros, il ne sera plus « que » de 28 milliards d'euros, quand Emmanuel Macron prévoit lui une baisse d'environ 10 milliards d'euros... Le Medef risque d'être déçu. Cependant, LR garde son objectif de réduire les dépenses publiques de 100 milliards d'euros à l'horizon de cinq ans.

Autre concession, un peu de pure forme, désormais, LR prévoit de réduire le nombre des fonctionnaires de 300.000 durant la durée du quinquennat. Le précédent objectif de 500.000 sera, lui, atteint sur sept ans.

On voit donc bien que Les Républicains ont affiné leur programme économique dans un sens favorable au pouvoir d'achat dans le but de reconquérir un électorat populaire qui leur a fait défaut. Chez Les Républicains, on estime que les débats de fond, sur les programmes, n'ont pas eu lieu lors de la présidentielle qui a été pollué par « les affaires ». François Baroin et ses troupes espèrent donc tenir leur revanche lors des législatives. En accentuant les mesures en faveur des ménages, la coalition de la droite et du centre pour les législatives cherche ainsi à nettement se démarquer du programme d'Emmanuel Macron qui, lui, il est vrai, ne prévoit pas de grandes mesures à destination des classes moyennes. C'est manifestement le message que l'on va beaucoup entendre dans les quatre semaines à venir...

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Commentaires
a écrit le 11/05/2017 à 17:11 :
Que de courage! Bientôt on rasera gratis.
a écrit le 11/05/2017 à 13:34 :
Bonjour, Gump77 dire que les retraités sont des nantis n'est pas vrai pour une très grande majorité d'entre eux!
Pour ma part apprenti à 14 ans avec à l'époque 30 Francs par mois (4,6 Euros)
c'était 9 H par jour durant 6 jours, ensuite chômage comme de nombreux jeunes aujourd'hui, ensuite obligé de changer de métier pour trouver du boulot et apprendre tout seul en autodidacte, il ne fallait pas compter sur l'état pour vous aider.
Retraite à 63 ans et 48 années de cotisations! nous sommes très nombreux dans ce cas!
Les retraités sont nombreux à avoir des problèmes de santé et doivent souvent payer de leur poche pour se soigner convenablement ou se déplacer.
Sachez aussi que de nombreux retraités aident leurs enfants quand ils ont des problèmes de chômage ou autre.
alors retraités nantis non!!
a écrit le 11/05/2017 à 13:01 :
m baroin qui donne des conseil a m macron
ferais beaucoup mieux en incorporant m valls dans son groupe
ce qui prouve la collusion de l'éxècutif depuis des d'annee et que rien ne bouge
malgré les alternance gauche droite
il faut a tous prix cacher les magouilles
a écrit le 11/05/2017 à 11:57 :
Quelle crédibilité d'un côté, comme de l'autre ? 1) sans doute Macron a-t-il demandé au PS de ne pas en rajouter tant les gens le considère fils spirituel de Hollande. 2) comment, après avoir appelé à voter Macron, les LR peuvent-ils aujourd'hui expliquer qu'en fait, il ne fallait pas voter Macron? Je pense qu'ils devraient changer le nom du parti pour LG (La Girouette) :-)
a écrit le 11/05/2017 à 11:13 :
Attention de ne pas en faire trop, Messieurs les Médias, vous avez tendance pour le moment à en faire trop pour Mr Macron et à faire passer le PS et LR pour des "Zozos".
ça pourrait se retourner contre vous !!!
a écrit le 11/05/2017 à 10:09 :
ce cher Mr Macron a bloqué les retraites et veut les amputer d'un prélèvement supplémentaire de 1.7% de CSG ajoutez à cela le fait que beaucoup de retraités se retrouvent seuls, privés de leur conjoint disparu,et pénalisés de la suppression de la 1/2 part .. un vrai scandale!
a écrit le 11/05/2017 à 7:55 :
On ne sait toujours pas le point de vue des LR sur l'augmentation de la CSG concernant les retraités soit disant aisés!
Cette mesure prise par Mr Macron est très injuste, les retraités n'ont plus leur retraite valorisé depuis 5 ans alors qu'ils ont travaillé dur à une époque ou la semaine de travail était de 40 à 48 heures et il n'y avait pas de RTT!
Si la mesure était appliqué se serait une véritable brimade pour une catégorie de la population.
Espérons que les députés de l'opposition annuleront cette mesure particulièrement aberrante.
Réponse de le 11/05/2017 à 10:22 :
Justement pour une fois les retraités seront mis à contribution! Depuis 5 ans les retraites n'ont selon vous pas augmentées mais dans le même temps combien de jeunes ne trouvent pas d'emplois ou précaires avec des salaires faibles... Les retraités sont des nantis qui viennent ponctionner les actifs
Réponse de le 11/05/2017 à 12:46 :
Les retraités d'aujourd'hui n'ont 'cotisé' que pour ceux de la génération d'avant, qui étaient peu nombreux et vivaient peu après la retraite.

Autant dire que cette génération n'a pas épargné pour sa retraite.

La solution semble être les transferts "inter-générationnels", soit des retraités riches vers les retraités pauvres. Mais il faut bien malgré tout diminuer ou cesser d'augmenter la somme que les "jeunes" (ce qui travaillent) transfèrent aux "vieux".

Si le montant total payé pour les retraites ne progresse plus et que le nombre de retraités augmente, il faut bien diminuer le montant total payé. Donc les retraites à 6 000 euros par mois qui n'ont pas été financées doivent aider celles à 1 000 euros par mois et moins.
Réponse de le 11/05/2017 à 13:45 :
@gump77: oué, même que passé 50 ans, on devrait noyer les gens pour éviter la ponction sur les actifs ! Mais euh, tu cotises combien et qui a payé tes études, ta santé et ton RSA notamment ? Ah, c'est le messie, je me doutais bien que ceux qui ne croient pas au miracle faisaient fausse route :-)
Réponse de le 11/05/2017 à 16:37 :
"les retraités n'ont plus leur retraite valorisé depuis 5 ans alors qu'ils ont travaillé dur à une époque ou la semaine de travail était de 40 à 48 heures et il n'y avait pas de RTT!"

Tu évoques quelle époque car franchement ceux qui ont reconstruit ce pays après-guerre étaient nés dans les années 20 ou 30 sans oublier ,les émigrés que le père Debré faisait entrer pour construire les villes nouvelles d'aujourd'hui.

Sinon, près de deux millions de baby-boomer sont partis en pré-retraite à 55 ans entre 1990 et 2000 voir en mis en disponibilité à 50 ans dans les grands groupes jusqu'à leur retraite effective à 60 ans payé souvent par le gel des augmentations salariales des actifs restants et ce pendant des années ,une population très discrete sur ce sujet ,on les comprends ,ils votent aujourd'hui pour des partis qui proposent 65 ans pour les generations suivantes.Sans oublier ,les 3 millions de cadres en retraite ,qui s'en sortent très bien.
a écrit le 11/05/2017 à 2:41 :
Pour une fois le peuple de la droite et de la gauche sont d'accord pour dire aux frères jumeaux artisans de 40 ans d'echec messieurs .Dégager fini , vous avez manqué le train
a écrit le 11/05/2017 à 0:13 :
Si Macron pouvait nous débarasser de ces vieux briscards de la politique ...
Réponse de le 11/05/2017 à 7:44 :
Ne revez pas. Macron va installer lentement mais surement ses choix cle.
De preference des enarques, rompus a l'exercice du bobard enrobe
L'enarchie monarchique sera alors prete a fonctionner. Brigitte son epouse aura pour la premiere fois dans la 5eme
Le titre de premiere dame ou reine Macron, ce sera selon. Good luck !
a écrit le 10/05/2017 à 23:47 :
Battus les antiquités ont des convulsions . Programmes bâclés , imagination en berne ils vont se prendre une deuxième claque . Le pays veut du NEUF !
a écrit le 10/05/2017 à 19:50 :
Le programme de la droite encourage le travail en voulant baisser l'IR de 10 % pour tous les contribuables. Pas comme Macron qui veut taxer les cadres et les retraités avec sa CSG. Un exemple, un retraité touche 1600 euros par mois. Il va être taxé de 1.7 %
soit 27,20 euros par mois et 326,40 euros par an. En Marche doit considérer ce retraité comme un favorisé. Depuis 5 ans les retraites ne sont pas revalorisées, on prétend qu'il n'y a pas d'inflation. Les lecteurs de la Tribune qui payent , l'EDF , le Gaz, les transports, les assurances etc.... savent bien que c'est du baratin. Tout ça pour financer une assurance chômage universelle avec des droits fortement réduits.
Réponse de le 11/05/2017 à 11:37 :
Drôle de façon de voir les choses. La droite, tout comme Macron, veut au contraire totalement décourager le travail.

Le traitement insultant infligé aux travailleurs salariés, entre baisse de salaires, baisse des prestations, flexibilisation, précarisation démontre un mépris total de celui-ci qui est juste considéré comme un kleenex avec lequel les décideurs peuvent se torcher. Ne travaillent donc que ceux que leur condition sociale oblige à travailler.

Les autres, les privilégiés, ceux qui bénéficient des politique de Macron et de la droite (le PS en fait partie) ont au contraire tout intérêt à vivre de leurs rentes, c’est à dire du travail des autres. Ils seront moins taxés, ils sont déifiés. Les fameux et si importants entrepreneurs…
a écrit le 10/05/2017 à 18:30 :
ils veulent tous etre ministre(s) et se raccrocher au train, mais en proposant un programme anti macron!
la campagne francaise etait pathetique, le reste est a l'avenant!
a écrit le 10/05/2017 à 18:29 :
Si hamon n'avait pas proposé le RU il aurait fait moins de 5%, ce n'est pas contre le RU qu'ont voté les gens mais contre le gouvernement hollande, contre ce PS qui se dit de gauche tout en appliquant une politique de droite.

Mais bon c'est pas grave on espère que ces deux partis vont se faire exploser même si cela n'arrangera pas nos affaires cela mettra un terme à ces impostures en place depuis trop longtemps.
Réponse de le 10/05/2017 à 20:34 :
On peut toujours exploser ces deux partis, la plupart ont foutu le camps chez En marche... Le parti unique qui sonne l'aube du renouveau démocratique à en croire bon nombre (en Chine ils sont certainement bon nombre à fustiger le parti unique en attendant)
a écrit le 10/05/2017 à 18:01 :
Et pendant ce temps la dette française frôle les 100% et notre dette publique est la élevée de l' OCDE .
Vivement plus de dépenses programmées par le PS et Les Républicains
Réponse de le 11/05/2017 à 11:39 :
L’augmentation de la dette ne provient pas de notre niveau de dépense, mais de la baisse de notre niveau de prélèvement. À cela s’ajoute l’importance de l’évasion fiscale, qui, si elle était combattue réellement, suffirait à elle seule à résorber le déficit.
a écrit le 10/05/2017 à 17:41 :
Bon ! On ajoute une maison de retraite pour parlementaires, dans le programme de MACRON !
a écrit le 10/05/2017 à 17:41 :
"LR se veut le parti de la baisse des impôt" ben voyons ! quel changement en si peu de temps...même pas capable d'assumer leur programme présidentiel. Ils est facile de promettre puisqu'il ne seront pas en mesure de l'appliquer, c'est juste pour gagner des voix !

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