Fini le stop aux barrières de péage. La totalité de l’autoroute Paris Normandie passera en flux libre la semaine prochaine. Une transformation inédite à l’échelle de l’un des axes les plus fréquentés de France.Le compte à rebours a commencé pour la Sanef. Après avoir installé une quinzaine de portiques bardés de capteurs au-dessus des voies de l'A13, la société concessionnaire s'apprête à basculer en flux libre l'entièreté de cet axe historique qui relie Poissy à Caen. Pour les usagers dont les véhicules seront détectés d'en haut, c'en est donc bientôt fini, non pas du paiement, mais de l'arrêt au péage.
En pratique, le changement se déroulera en deux temps. Les cinq barrières de péage implantées en pleine voie seront neutralisées dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 décembre. Neuf autres situées aux entrées et de sortie de l'autoroute subiront le même sort, la nuit suivante. La circulation ne deviendra toutefois pas fluide immédiatement. En attendant le démontage des bornes et des cabines, les automobilistes seront invités à circuler, à vitesse réduite, sur des voies provisoires.
Il n'en reste pas moins que ce passage au flux libre de l'A13 marque un tournant inédit dans l'histoire routière française. « Ce très gros projet de transformation va radicalement changer l'usage de l'autoroute », veut même croire Josalito Bellet, responsable du projet au sein de la Sanef. C'est, en tout cas, la première fois qu'un axe aussi fréquenté adoptera ce procédé appelé à équiper, demain, tous les projets autoroutiers neufs et déjà en vigueur sur trois tronçons de moindre importance (A4, A79 et A14).
Le lobby des automobilistes approuve
De ce point de vue, il sera intéressant de voir comment les 120.000 usagers quotidiens de l'autoroute Paris Normandie s'accoutument au free flow comme l'appellent les anglo-saxons. Et surtout s'ils se plient dans les temps au nouveau mode de paiement qu'entraine la disparition des péages « physiques ». Pour mémoire, à partir du 10 décembre au matin, celui-ci devra s'effectuer en ligne ou chez les buralistes dans un délai de 72 heures pour ceux qui ne détiennent pas de badge. A défaut, il faudra payer une indemnité comprise entre 10 et 90 euros et jusqu'à 375 euros au-delà de 60 jours de retard.