PODCAST Hausse du plafond des tickets restaurant : une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat ?

HISTOIRES ECONOMIQUES. Le plafond des tickets restaurant vient d'être relevé à 25 euros par jour et leur usage élargi. Est-ce une bonne réponse à la crise du pouvoir d'achat ? Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : Yves Forestier)


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Pour les 5 millions de salariés concernés, qui ne disposent pas de cantine d'entreprise, c'est un sérieux coup de pouce. Pendant la crise Covid, déjà, le plafond avait été temporairement doublé, à 38 euros, et l'effet avait été immédiat puisque le panier moyen des dépenses journalières était passé de 14 à 21 euros.

Cette nouvelle hausse, prévue jusqu'en décembre 2023, avait été promise par Bruno Le Maire en juillet lors du vote de la loi d'urgence sur le pouvoir d'achat. Le décret publié par Bercy élargit l'usage des titres restaurant à tout produit alimentaire, qu'il soit directement consommable ou non. Cette décision a provoqué l'inquiétude des restaurateurs qui craignent un changement de la destination du ticket restaurant.

Cette inquiétude est en partie justifiée

Il est vrai que les modes de vie ont beaucoup changé avec le développement du télétravail. Aujourd'hui, beaucoup de salariés thésaurisent les sommes versées par leur employeur parce qu'ils déjeunent moins ou plus du tout à l'extérieur. Avec l'élargissement aux produits alimentaires non consommables, cette épargne va leur permettre d'acheter farine, pâtes, œufs, poisson ou viande. Une aide précieuse alors que les prix flambent : +10% en septembre selon l'Insee pour les produits alimentaires en moyenne. Et ce n'est que le début.

Vers un chèque alimentation ?

L'évolution du titre restaurant en une sorte de chèque alimentation est une évolution possible, d'autant qu'il serait possible de le flécher vers des consommations vertueuses et une meilleure alimentation. Les syndicats patronaux de la restauration râlent car cela menace directement leur chiffre d'affaires au profit de la grande distribution. Le risque, c'est que le ticket restaurant devienne un simple moyen de paiement très éloigné de son intention initiale. D'autant que dans les entreprises, on aimerait bien, pour limiter les hausses de salaires, multiplier les avantages de ce type, en les appliquant aux dépenses liées au télétravail ou à la mobilité.

Mais qui paie in fine ? C'est toute la question

Ce n'est pas de l'argent gratuit, mais une subvention par l'employeur de la moitié des repas des salariés, en échange d'une exonération de charges sociales et fiscales. Ce mécanisme pourrait d'ailleurs offrir des marges de manœuvre au débat budgétaire qui commence : en juillet, la gauche réclamait une revalorisation de 30% des exonérations sur les tickets restau, alors que Bercy ne prévoit que 4% pour limiter le coût pour l'Etat. C'est un bon moyen de redistribuer du pouvoir d'achat si les entreprises augmentent leur participation puisque la totalité des titres restaurant sera dépensée. L'Etat sera gagnant avec une hausse de la consommation, donc de l'emploi et des recettes de TVA. Par les temps qui courent, cela peut-être gagnant-gagnant !

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Philippe Mabille

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