PODCAST La fin de l’abondance aussi pour les Gafa ?

HISTOIRES ECONOMIQUES. Les géants des nouvelles technologies commencent à couper dans leurs effectifs. La fête est finie dans la tech américaine : la hausse des taux a entraîné depuis le début de l’année un mini krach boursier. Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : DR)


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A part Apple qui résiste, les cours de bourse des Google, Facebook et Amazon ont perdu entre le tiers et la moitié par rapport à leurs cours les plus hauts. La bulle de la tech est en train d'exploser, ce qui rend encore plus méfiants les investisseurs, même s'ils n'ont pas eu à se plaindre jusqu'ici.

C'est un accident de parcours ou un vrai retournement de tendance ?

Il est trop tôt pour dire que la tech entre en récession. Elle reste le fer de lance de l'économie américaine qui n'est menacée que par les géants chinois. L'Europe est larguée, même si elle se défend avec l'arme de la concurrence : Google vient d'être condamnée à payer à l'UE une amende record de plus de 4 milliards d'euros.
Entre la crise des semi-conducteurs, les confinements en Chine et le ralentissement violent lié à la guerre en Ukraine, les Gafa n'échappent pas à la crise et leurs patrons en profitent pour « tailler dans le gras ». Et cela se fait à l'américaine.

En annonçant jeudi dernier un gel de ses effectifs, 80.000 salariés Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook a préparé les esprits à des coupes brutales : « je pense que certains d'entre vous pourraient se dire que cet endroit n'est plus pour eux... ». Ambiance.

Chez Google, qui a licencié 100 personnes, on appelle les salariés à « retrouver l'esprit startup des origines », en clair, à travailler sans compter leurs heures. Uber, Netflix, tous réduisent la voilure... Seul Apple résiste, mais délocalise de Chine vers l'Inde la fabrication de ses iPhone.

C'est un changement de culture dans des entreprises qui se sont toujours présentées comme cool

La course aux talents a poussé à une surenchère d'avantages qui dépassent de très loin les « privilèges » que l'on critique parfois en France : buffet gratuit et à volonté, conciergerie, salle de sport, crèche d'entreprise. Mais derrière cette image de défense du bien-être des employés, on est dans le capitalisme le plus dur. Quand ça dégraisse, on ne prend pas de gants.

En France, comment se portent nos startups ?

2021 a été exceptionnelle avec 12 milliards d'euros de levées de fonds, 2022 est parti très fort avec 8 milliards d'argent investis dans les stars de la French Tech au premier semestre. On espère dépasser les 15 milliards d'ici décembre. Mais on commence à sentir venir le retournement, et pour les entreprises les plus fragiles, plus dure sera la chute. Pour la "startup nation" d'Emmanuel Macron, il est temps de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie.

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Philippe Mabille

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