Après le Pinel breton, la Région Bretagne se dit prête à expérimenter un prêt à taux zéro (PTZ) breton ainsi que d’autres formes d’adaptations régionales en matière de logement (zonage, fiscalité) ou de mobilités. En marge du Congrès des Régions de France, le groupe de travail transpartisan « Autonomie » du Conseil régional a fait remettre à la Première ministre Elisabeth Borne un rapport d’étape sur la décentralisation et le partage des pouvoirs. Il vise à rendre l’action publique des collectivités plus efficace dans le cadre d’une « autonomie effective » dans la République.L'agenda d'Emmanuel Macron a été bien utilisé. Ce jeudi, au moment où le président de la République Emmanuel Macron a proposé aux élus de l'Assemblée de Corse, à Ajaccio, une « autonomie dans la République » et une reconnaissance constitutionnelle, des élus bretons ont tenu, elle aussi, à affirmer leur singularité. En marge du congrès des Régions, qui s'est déroulé mercredi et jeudi à Saint-Malo, le groupe breton transpartisan « Autonomie » du Conseil régional a fait remettre à la Première ministre Elisabeth Borne, présente jeudi en Île-et-Vilaine, son rapport d'étape sur la décentralisation et sa vision bretonne de l'autonomie dans la République. Au plus près des besoins et des attentes des citoyens.
Ce document, rédigé par 19 élus régionaux de la majorité et de l'opposition fait émerger un « socle solide de préoccupations convergentes et de propositions communes » sur des enjeux sociaux majeurs comme les mobilités, les transitions écologiques, le développement économique ou les langues régionales. En matière de logement-habitat, alors que le nouveau prêt à taux zéro sera concentré sur les zones tendues et le logement collectif, les élus se disent ainsi prêts à expérimenter un PTZ breton, comme il y a eu un Pinel breton. Le texte fera l'objet d'un débat politique à la prochaine session du Conseil régional, en octobre.
« Nouveau partage des pouvoirs »
« Cette démarche est un acte politique majeur, pas une posture » a fait valoir Michaël Quernez, premier vice-président de la Région Bretagne, lors d'une conférence de presse jeudi à Saint-Malo.
« Des défis majeurs sont devant nous : le dérèglement climatique, la crise démocratique et, pour la Bretagne, l'augmentation de la population (+400.000 habitants d'ici à 2040), qu'elle est appelée à gérer. L'action publique doit être repensée, relégitimée et rendue plus efficace dans le cadre d'une autonomie effective. La seule boussole des membres de ce groupe de travail a été l'intérêt général et celui de la Bretagne et de ses habitants » a-t-il ajouté.