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La Tribune DimanchePolitique

« Bon Premier ministre », « Macron junior », « Nouvelle marionnette »... Retrouvez les réactions à la nomination de Gabriel Attal

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 09 janvier 2024 à 15:57 - Mis à jour le 09 janvier 2024 à 19:08

Apprécié des Français selon de récents sondages, plus politique que sa prédécesseur Elisabeth Borne, Gabriel Attal a eu une trajectoire fulgurante au sein du gouvernement.

Apprécié des Français selon de récents sondages, plus politique que sa prédécesseur Elisabeth Borne, Gabriel Attal a eu une trajectoire fulgurante au sein du gouvernement.

Reuters

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Dans la foulée de la nomination de Gabriel Attal à Matignon, les réactions politiques, tantôt élogieuses, tantôt critiques, n'ont pas manqué. En voici un florilège.

Le couperet est tombé aux alentours de midi ce mardi : Gabriel Attal, 34 ans, a été nommé chef de l'exécutif, faisant de lui le plus jeune Premier ministre de la Vè République. Apprécié des Français selon de récents sondages, plus politique que sa prédécesseur Elisabeth Borne, mais comme elle, issu du Parti socialiste, ce Macroniste de la première heure a eu une trajectoire gouvernementale fulgurante.

A peine venait-t-il d'être nommé chef de l'exécutif qu'une vague de réactions a déferlé de part et d'autres de l'échiquier politique. Tout particulièrement sur le réseau social X (ex-Twitter), toujours très utilisé par les représentants et élus français. Morceaux choisis.

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Macron compte sur l'« énergie » de Gabriel Attal

Sans surprise, le premier personnage politique à s'exprimer fut le président de la République. Peu après l'annonce de sa nomination officielle, Emmanuel Macron a affirmé compter sur l'« énergie » de Gabriel Attal pour mettre en œuvre son « projet de réarmement et de régénération », selon ce qu'il avait annoncé lors de ses vœux du Nouvel An : un « réarmement industriel, économique, européen » mais aussi « civique », autour notamment du vaste chantier de l'école que Gabriel Attal a porté depuis l'été en initiant de nombreuses réformes d'ampleur.

Sans surprise, la majorité présidentielle élogieuse

Un enthousiasme largement partagé du côté des élus de la majorité présidentielle. Quatrième personnage de l'Etat, la présidente Renaissance de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, a ainsi félicité le nouveau Premier ministre sur X en ces termes : « J'adresse tous mes vœux de succès à Gabriel Attal, nouveau Premier ministre. Je sais que nous pourrons travailler ensemble en confiance afin de poursuivre à l'Assemblée Nationale les réformes économiques et sociales engagées au service des Français. »

Député européen macroniste et président de groupe Renew Europe depuis 2021, Stéphane Séjourné a insisté sur le « talent » du nouveau Premier ministre : « Je salue la nomination de Gabriel Attal. Nous avons besoin de son talent pour la poursuite de nos engagements politiques. Merci à Elisabeth Borne pour tout le travail accompli », écrit-t-il dans un post sur X. Pour rappel, l'élu au Parlement européen a connu Gabriel Attal lorsqu'il était membre du parti socialiste. Il est depuis devenu son compagnon dans la vie.

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Sylvain Maillard, le président des parlementaires Renaissance à l'Assemblée nationale s'est empressé d'apporter son soutien au nouveau chef du gouvernement :  « (...) Les députés Renaissance seront des alliés loyaux et exigeants pour répondre aux défis de notre pays et continuer à réformer, pour les Français. »

Vigilance du côté des Républicains

A droite de l'échiquier politique, les réactions se sont faites évidemment plus sobres, vigilantes, voire sévères. Dans son post sur X, après avoir salué la nomination de Gabriel Attal, le patron du parti Les Républicains Eric Ciotti s'est fait plus directif : « La France a un besoin urgent d'action : elle a besoin d'une autre méthode. La communication permanente doit laisser place à une politique de clarté et de fermeté. »

Dans un communiqué publié au même moment, le patron de l'opposition de droite a poursuivi sur cette lancée : «Nous souhaitons donc que ce nouveau gouvernement marque la fin du en-même-temps et nous serons extrêmement vigilants à ce que l'action concrète se substitue à l'obsession de la communication qui a tenu lieu de méthode jusqu'alors. »

Un ton qui tranche avec une autre déclaration faite il y a quelques jours. Le député LR avait en effet qualifié l'action de Gabriel Attal au ministère de l'Education nationale de « sans-faute ». L'élu s'était aussi montré sensible au fait qu'il retienne les Alpes-Maritimes, son fief, parmi les collectivités qui expérimenteront le port de l'uniforme à l'école à partir de septembre, et ce, durant deux ans.

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Plus sévère, le député européen François-Xavier Bellamy, a jugé sur X

 ce remaniement comme « le symptôme du vide politique actuel ». Et de poursuivre : « Si Gabriel Attal est favori pour Matignon, ce n'est pas pour ses idées ou son action, mais pour ses sondages ». Le député européen de droite s'est aussi montré très critique sur le bilan de Gabriel Attal à l'Education nationale : « En quatre mois à l'Éducation nationale, qui pourrait avoir un bilan ? Tout disparaît derrière la communication. »

Un réaction qui ressemble à celle d'Aurélien Pradié, député LR et critique régulier de la gouvernance de son propre parti. 

« (...) Gabriel Attal est surtout le Premier ministre d'Emmanuel Macron. Il lui doit tout. Réussir vite est une chose. Faire ses preuves est autre chose. Le superficiel redoute toujours le temps long », lance-t-il dans sur X.

Moins sévère, Bruno Retailleau, président des Républicains au Sénat, pense que Gabriel Attal sera « un bon Premier ministre », s'il mène « une politique de redressement des comptes publics, de retour de l'autorité et de reconstruction de nos services publics effondrés. »

«Les Français ne peuvent rien espérer», selon Marine Le Pen

Scrutée, la réaction de l'extrême droite ne s'est pas faite attendre. « Les Français ne peuvent rien espérer » du nouveau Premier ministre Gabriel Attal, a ainsi estimé sur X Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, en décrivant un« ballet puéril des ambitions et des égos ».

L'élue a été secondée par le président de son parti Jordan Bardella, qui, pour sa part, a estimé qu' « Emmanuel Macron voulait se raccrocher à la popularité sondagière » de son nouveau chef de gouvernement « pour atténuer la douleur d'une interminable fin de règne ». « Une nouvelle marionnette à Matignon », s'est contenté de dire, à propos de la nomination de Gabriel Attal, Nicolas Dupont-Aignan, positionné lui aussi à la droite de la droite.

Un« M. Macron junior »,tacle LFI

Du côté de l'opposition de gauche, le ton était tout aussi critique. Juste avant l'annonce de la nomination de Gabriel Attal, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, l'a en effet qualifié de « M. Macron junior, qui s'est spécialisé dans l'arrogance et le mépris ».

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Il « est celui qui a commencé une rentrée scolaire en préférant se focaliser sur l'habit de jeunes femmes et sur l'interdiction de l'abaya », a-t-elle poursuivi. Pour rappel, l'interdiction de l'abaya au nom de la laïcité, décidée à la rentrée de septembre 2023 par Gabriel Attal, avait été violemment critiquée par La France insoumise, qui a dénoncé une forme de « sexisme » et de « racisme ».

Plus littéraire, mais non moins acerbe, le patron de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon s'est fendu du post suivant : « Attal retrouve son poste de porte-parole. La fonction de premier ministre disparaît. Le monarque présidentiel gouverne seul avec sa cour. Malheur aux peuples dont les princes sont des enfants. »

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Un ton qui ressemble à celui d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), pour qui « Emmanuel Macron se succède donc à lui-même ». Désabusé, le sénateur communiste Ian Brossat pense même qu'il n'y a « rien à attendre de cette nomination ». « Ne venez pas me dire que c'est un signal envoyé à la gauche », tranche enfin le député et porte-parole du PS, Jérôme Guedj.

Mathieu Viviani

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