« Le Maroc est un grand pays, un grand pays ami. » Bruno Retailleau a-t-il voulu déminer le terrain en prononçant ces mots jeudi sur France Inter ? Le ministre de l'Intérieur, qui veut durcir les conditions d'accueil des migrants et accélérer les renvois de clandestins, sera dans l'avion du président demain pour sceller le réchauffement des relations bilatérales entre le Maroc et la France.
Au programme certainement, des explications du ministre à son homologue marocain sur le rôle du futur mis-sus dominicus qu'il a l'intention de nommer pour le représenter et qui « aura cette obsession de faire avec des pays tiers, des pays d'origine, des pays de transit des accords bilatéraux ». L'ex-patron des sénateurs LR veut exercer « une diplomatie migratoire ». Lors de son allocution devant les préfets au ministère le 8 octobre, il avait d'ailleurs annoncé : « Nous exigerons de ces pays ce que tout État est en droit d'attendre de ses partenaires : la réciprocité. » Le ministre a promis de dialoguer avec eux, avant de leur « mettre la pression » à coups entre autres de restrictions sur la délivrance de visas. Un jeu auquel la France avait déjà joué avec le Maroc, et qu'elle avait perdu.