Comme on le dit des enfants, François Hollande dit parfois d'Emmanuel Macron qu'il « fait son intéressant ». Le président a-t-il joué à cela en prononçant dimanche la dissolution de l'Assemblée nationale ? François Hollande, qui suivait la soirée électorale chez lui en Corrèze, a été partagé entre sidération et inquiétude. Le hasard du calendrier a imposé aux deux hommes une rencontre dès le lendemain matin à Tulle, le président venant rendre hommage à des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Le socialiste a été étonné de voir le chef de l'État déambuler de manière si sereine, presque désinvolte, comme si de rien n'était, glissant des « on va y arriver » à ceux qui lui serraient la main.
Depuis le début cette folle semaine, François Hollande mûrit sa décision d'être lui-même candidat aux élections législatives. Jeudi matin, Raphaël Glucksmann l'appelle. Les deux hommes sont sur la même longueur d'onde. Ils entretiennent une défiance totale à l'endroit de Jean-Luc Mélenchon et des Insoumis et fixent à l'accord les mêmes lignes rouges : soutien à la construction européenne, à l'Ukraine, actes du 7 octobre commis par le Hamas qualifiés de « terroristes », lutte contre l'antisémitisme... L'essayiste et l'ancien président incarnent cette même gauche sociale-démocrate. Le bon score du député européen - 13,8 % - est venu leur prouver qu'elle existait encore.