Ce qui a déjà changé pour le RN avec les européennes
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Jordan Bardella en meeting, le 2 juin à Paris.
© LTD / STEPHANE DE SAKUTIN
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Jordan Bardella en meeting, le 2 juin à Paris.
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Pendant toute cette campagne européenne, les dirigeants du Rassemblement national ont joué les modestes. « Rien n'est plié jusqu'au vote », « on est polytraumatisé des élections régionales de 2021 »... Tels ont été les mots de sagesse ressassés par Marine Le Pen ou sa tête de liste, Jordan Bardella, malgré les sondages stratosphériques recueillis depuis des mois. Côté coulisses, le ton a été bien différent. Face à tout doute exprimé vis-à-vis de la stratégie très lisse du président du RN, une pirouette est devenue leitmotiv : « Ça, les Français s'en foutent... Rappelez-moi, on est à combien dans les baromètres ? »
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Hubris mise à part, cette assurance des cadres frontistes recouvre une réalité. Quel que soit son score ce soir, le mouvement d'extrême droite cofondé par Jean-Marie Le Pen a franchi des caps supplémentaires dans sa lente quête du pouvoir. En se donnant les contours vagues - mais rassurants - d'un « parti de gouvernement » en devenir, débarrassé des oripeaux du Frexit, le RN a accentué sa banalisation. « Leur stratégie est simple, c'est "nous sommes l'alternance", constate un poids lourd macroniste. Et pour ça, pas besoin d'avoir un programme très étayé, même s'il leur faudra monter en gamme d'ici à la présidentielle. » Marine Le Pen a beau avoir remisé de longue date la sortie de l'euro et l'idée d'un référendum sur le maintien de la France dans l'Union européenne, le fumet radical de ces deux engagements de 2017 a perduré. L'ADN antisystème de la patronne y est pour beaucoup.