Sur les tables, il y avait du cassoulet « bramais ». Pour le déguster, plus de 2 000 personnes étaient présentes hier, dont tous les représentants de la gauche sociale-démocrate - François Hollande, Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann, Karim Bouamrane... - réunis à Bram, dans l'Aude, invités par la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga. Tous les convives ont un point commun : ils sont antimélenchonistes, et donc en profond désaccord avec la ligne d'Olivier Faure de pactiser avec les Insoumis. Ce dernier a aussi été invité. Le premier secrétaire acceptait l'idée de venir à la condition qu'il fasse le discours de conclusion. Carole Delga a refusé, lui proposant plutôt une « conversation » avec elle, sur le même format que ce qui était prévu pour Raphaël Glucksmann. Mais le député de Seine-et-Marne a, comme les années précédentes, décliné l'invitation. Après tout, pourquoi se retrouver autour de tous ceux qui rêvent de lui faire la peau ? La cheffe des écolos, Marine Tondelier, a aussi été conviée mais n'a pas donné suite.
Au-delà du plaisir de manger du cassoulet, ce genre d'événement a pour but de réaliser une démonstration de force. « C'est une étape importante dans le rassemblement des sociaux-démocrates internes et externes au PS », veut croire l'ancien premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis, qui ne se lasse jamais de faire des Rubik's Cube pour préparer l'avenir de la gauche. Ce grand banquet vise ainsi à accentuer la pression sur Olivier Faure en l'obligeant à convoquer un congrès dès que possible en 2025. Mais qui s'intéresse aux affres des courants du Parti socialiste à part les socialistes eux-mêmes ? « Si le congrès du PS c'est simplement la revanche sur Olivier Faure de ceux qui ont perdu la dernière fois, ça ne créera aucune dynamique pour la suite », met en garde François Hollande.