À chaque niche parlementaire son storytelling. Cette fois-ci, le Rassemblement national entend montrer à quoi aurait ressemblé un morceau de législature sous majorité frontiste. Le 31 octobre, du matin au soir, l'ordre du jour de l'Assemblée sera dicté par Marine Le Pen. Les électeurs ayant empêché, il y a deux mois, Jordan Bardella de devenir Premier ministre, ce sera l'occasion pour le RN de soumettre aux députés quelques éléments de son programme. Comme celui-ci est polymorphe et pioche ses inspirations dans des corpus différents, il permet de mettre un peu tout le monde en difficulté. À l'instar de l'an dernier, les propositions de loi (PPL) au menu de la niche ont été pensées avec cet objectif en ligne de mire.
On a connu dès juillet le texte qui serait en haut de la pile, à savoir l'abrogation de la réforme des retraites de 2023. Une pierre dans le jardin du Nouveau Front populaire, qui milite pour la même chose et va devoir se montrer ingénieux pour justifier de ne pas la voter. Les autres « pièges » du RN ont été tenus secrets jusqu'à son séminaire de rentrée parlementaire, organisé ce week-end au Palais-Bourbon. Seule une poignée de personnes est au parfum : Marine Le Pen, quelques proches et son secrétaire général de groupe, Renaud Labaye. Les rapporteurs respectifs des PPL ne savent pas encore qui défend quoi. Selon les informations de La Tribune Dimanche, l'une d'elles visera à ressusciter les peines planchers, instaurées par Nicolas Sarkozy en 2007 et supprimées par François Hollande en 2014.