LA TRIBUNE - Quel sens donnez-vous à la mission en Corse de la Commission des finances de l'Assemblée nationale ?
ERIC COQUEREL - La perspective d'un nouveau texte législatif amène systématiquement la Commission des finances à organiser des auditions de personnes susceptibles de nourrir sa réflexion et ses arguments. Là, c'est le même principe, sauf que nous sommes venus sur place prendre le pouls dans l'éventualité d'un changement statutaire. Nous n'étions pas là pour négocier dans le cadre du processus en cours, mais pour anticiper sur une potentielle législation fiscale, car ce qui existe aujourd'hui en termes de fiscalité n'est, à l'évidence, pas satisfaisant.
Quel bilan global tirez-vous de cette visite marathon de deux jours ?
Tous les objectifs ont été atteints. Nous repartons avec une vue, sinon complète, du moins synthétique de la situation fiscale de la Corse, mais aussi des problèmes relatifs au foncier et à l'indivision, à la difficulté de se loger, aux aléas du transport, à la gestion délicate des déchets, au fait qu'en dépit d'un taux de TVA réduit, nombre de produits sont plus chers que sur le Continent.
Il y a aussi la problématique de développement très différencié entre le littoral et l'intérieur et rien que pour ça, il fallait être sur place pour la saisir dans toute sa complexité. J'ajoute que la Corse compte des personnalités politiques de grande valeur. Aucun de nos interlocuteurs, du maire du petit village rural au président du Conseil exécutif, n'a omis de restituer son propos dans son contexte historique, preuve d'un savoir, d'un discernement et d'un souci de l'intérêt général profondément ancré en chacun d'eux.