La philo à l’assaut de la radicalisation
Propos recueillis par Pauline Delassus
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José Gutiérrez-Privat à Paris, le 22 mars.
© LTD / ALBERT FACELLY POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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José Gutiérrez-Privat à Paris, le 22 mars.
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José Gutiérrez-Privat, enseignant en maison d'arrêt depuis 2015, aborde avec ses élèves les notions de bien, de mal, de justice, de liberté, la science et la croyance. Son témoignage* permet de mieux comprendre les mécanismes de
la radicalisation.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Qui sont vos élèves en prison?
JOSÉ GUTIÉRREZ-PRIVAT - L'écrasante majorité, ce sont des personnes incarcérées pour des faits de droit commun. Mais dans mes cours, il y a aussi les « Tis », les terroristes islamistes, qui ont participé à des attentats ou prévoyaient de passer à l'acte. Certains ont fait l'apologie du terrorisme ou cherchaient à partir vers une zone de combat. Ils ont entre 20 et 30ans, et il y a des mineurs, issus de villes en difficulté mais aussi de classes moyennes, convertis ou de culture musulmane. Leurs familles sont souvent défaillantes. Dans le quartier d'évaluation de la radicalisation [QER], qui est un espace à part où j'enseigne, je retrouve les personnes inculpées d'« association de malfaiteurs terroriste », mais aussi les détenus de droit commun suspectés de s'être radicalisés.
En quoi consiste cette évaluation de la radicalisation?
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Ils passent environ quatre mois dans le QER. Ils doivent participer à des entretiens avec des éducateurs et des psychologues. Durant ce temps, ils sont observés en continu par les surveillants et les agents du renseignement pénitentiaire, qui devront établir leur dangerosité. Quelques activités sont proposées dans ce quartier. Des enseignants peuvent intervenir, mais ils ne participent pas à l'évaluation. En fonction des conclusions, les personnes sont orientées vers un quartier de haute sécurité, totalement isolé, dans un quartier de prise en charge de la radicalisation, ou elles retournent en détention ordinaire. L'évaluation est donc un enjeu important. Et elle a ses limites.
Propos recueillis par Pauline Delassus
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