Le projet Fillon sur la santé enthousiasme-t-il les mutuelles ?

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Le programme de François Fillon laisse pour l'instant la Fédération nationale et indépendante des mutuelles dubitative.
Le programme de François Fillon laisse pour l'instant la Fédération nationale et indépendante des mutuelles dubitative. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM) n'est pas convaincue par les mesures du vainqueur de la primaire de la droite et du centre pour assurer la pérennité du financement du système de santé français.

On aurait pu penser que le programme de François Fillon dans le domaine de la santé suscite l'enthousiasme. Il n'en est rien.

Rappelons que le programme du vainqueur de la droite et du centre intègre une nouvelle répartition du financement entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC), selon la nature des actes. En clair, il s'agit de confier aux privé, via les complémentaires santé, le financement des actes les plus simples, les petits risques réalisés aujourd'hui par la médecine de ville. La prise en charge des gros risques, des pathologies importantes reste l'apanage de la Sécurité sociale. Grâce à ce système, François Fillon espère préserver la pérennité financière du modèle français de protection sociale.

Un projet qui n'est qu'une ébauche

Philippe Mixe, le président de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM) est dubitatif, en attendant de connaitre les détails de ce projet qu'il considère encore comme une ébauche.

"Ce projet n'est pas encore abouti. Concernant les paniers de soins, qu'est-ce que l'on considère comme les petits risques ? Même question pour les gros risques ? Les curseurs peuvent être placés n'importe où", explique-t-il, tout en se satisfaisant du fait que la santé des Français soit enfin abordée en période électorale. "Outre le fait que François Fillon est le seul candidat à avoir fait des propositions à peu concrètes sur la santé, le seul mérite de ce programme est qu'il acte une situation qui existe déjà dans la réalité, 95% des Français étant déjà couverts par une mutuelle santé ", prolonge-t-il.

Une mesure du candidat Les Républicains ne recueille pas son assentiment : le bouclier sanitaire. "Il serait plus judicieux de parler de bouclier financier. Cette proposition est un peu gênante car elle rompt le principe suivant : cotiser en fonction des revenus, et recevoir en fonction des besoins. C'est une révolution culturelle. Pour les plus malades qui sont souvent les plus âgés, ce bouclier sanitaire semble inadapté car mal calibré. Ils devraient vraisemblablement être obligé de payer une somme supplémentaire pour bénéficier d'une couverture optimale de la part de l'assurance-maladie", avance Philippe Mixe.

Un projet pas vraiment ultra-libéral

Quant à l'idée de François Fillon de créer une agence dédiée au contrôle et à la régulation de l'assurance-santé dont la mission sera aussi de définir un contrat-type se basant sur le prix, elle ne séduit guère davantage. "Une grande partie de l'opinion publique dépeint François Fillon comme un ultra-libéral. Dont acte. Mais je ne vois pas ce qu'il y a d'ultra-libéral à créer une nouvelle instance de contrôle et de régulation pour les mutuelles qui sont déjà surveillées par la Sécurité sociale et l'autorité de contrôle prudentiel et de régulation [ACPR], entre autres », poursuit-il.

Par ailleurs, cette délégation d'une partie importante de la couverture des soins aux complémentaires santé, que l'Accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 a rendu obligatoire pour les salariés peut-elle être considérée comme un véritable progrès social, sachant que 92% des Français bénéficient d'une complémentaire santé ? Selon le baromètre de la FNIM dévoilé ce mardi, les réponses sont sans appel. Cet accord de l'ANI, qui a permis d'augmenter de 1% seulement le nombre de salariés couverts par les complémentaires santé, n'améliore pas vraiment la qualité de l'accès aux soins. Parmi les personnes interrogées par la FNIM, 61% estiment que la couverture santé obligatoire prévue par l'ANI n'était pas supérieure à celle offerte précédemment. Pourtant, selon 63% d'entre eux, son coût est plus élevé. Toujours selon ce baromètre, 37% des Français ont renoncé à des soins pour des raisons économiques. Ce pourcentage n'a pas varié depuis 2014.

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a écrit le 30/11/2016 à 7:42 :
ce n'est pas un projet car on voit bien aujourd'hui qu'il n' y a rien qui pourrait montrer qu'il y a eu un minimum de structure. Une affaire purement électoraliste, comme la fameuse taxe à 75 pour cent, pour faire plaisir à ceux qui pensent que la sécu peut-être en équilibre dans un pays vieillissant. Le plus cocasse les accros à la sécu sont ceux qui ont le plus voté à la primaire un club du 3ème âge, avec cette excuse eux seront peu touchés puisque les MLD sont souvent dans cette partie de la population.
a écrit le 29/11/2016 à 21:03 :
Je veux bien cotiser dans une assurance privée , mais dans ce cas je ne cotise plus à la Sécurité sociale c'est l'un ou l'autre mais pas les 2 .
a écrit le 29/11/2016 à 19:50 :
Donner la possibilité au français qui le désirent de quitter simplement la sécurité sociale, pour qu'il puisse s'assurer à l'étranger. Voila M FILLON vous le libéral.
a écrit le 29/11/2016 à 18:22 :
La première chose à faire c'est d'obliger les mutuelles à publier leurs bilans . Marisol Touraine a toujours refusé leur publication on parle d'une rentabilité de 20 % , peut être de financement syndical . Qu'en est il De la transparence ?
Les mutuelles peuvent prendre plus de risques à leur charge sans coût supplémentaire pour les assurés
Réponse de le 30/11/2016 à 12:07 :
En fait les mutuelles publient leurs comptes dans les mêmes conditions que les autres entreprises (chaque année, validé par un CAC...).
Les comptes de tous les organismes complémentaires sont par ailleurs consolidés dans le rapport annuel de l'ACPR, librement consultable.
Donc, remarque bizarre !!
a écrit le 29/11/2016 à 17:39 :
Ils cachent leur joie pour ne pas effrayer l'électeur, mais ils savent que si Mr Fillon réussit à imposer la "casse" de la Sécurité sociale, ils auront un beau pactole. Travaillez plus pour payer plus de mutuelle le nouveau slogan du camp Fillon !
a écrit le 29/11/2016 à 16:58 :
Voilà, la première des reformes serait déjà que tous les français puissent avoir accès à des soins gratuits, or 37% qui ne peuvent pas se soigner faute de moyens financiers c'est non seulement particulièrement inquiétant mais ça permet également de préciser le chiffre de la pauvreté française.

Et on peut donc estimer que plus d'un tiers de la population française se trouve en dessous du seuil de pauvreté, les chiffres donnés par les divers instituts, dont nous connaissons la grande objectivité, semblant vraiment loin du compte.

Mais il faut croire que fillon lui ça ne lui suffit pas, fillon voit grand lui et c'est plus 50% de la population française qu'il espère faire franchir le seuil de pauvreté, non mais ! On est un winner ou on en est pas un, il faut avoir de l'ambition dans la vie...
a écrit le 29/11/2016 à 16:50 :
EN ACCORD ABSOLU, avec FRANCOIS FILLON, " panier de soins " à discuter avec les Mutuelles. MAIS TAXES incongrues et scandaleuses !! sur Mutuelles, Complém Santé, Prévoyance, A SUPPRIMER INTEGRALEMENT.

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