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ÉconomiePrésidentielle 2017

Le projet Fillon sur la santé enthousiasme-t-il les mutuelles ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 29 novembre 2016 à 15:04 - Mis à jour le 29 novembre 2016 à 15:04

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La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM) n'est pas convaincue par les mesures du vainqueur de la primaire de la droite et du centre pour assurer la pérennité du financement du système de santé français.

On aurait pu penser que le programme de François Fillon dans le domaine de la santé suscite l'enthousiasme. Il n'en est rien.

Rappelons que le programme du vainqueur de la droite et du centre intègre une nouvelle répartition du financement entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC), selon la nature des actes. En clair, il s'agit de confier aux privé, via les complémentaires santé, le financement des actes les plus simples, les petits risques réalisés aujourd'hui par la médecine de ville. La prise en charge des gros risques, des pathologies importantes reste l'apanage de la Sécurité sociale. Grâce à ce système, François Fillon espère préserver la pérennité financière du modèle français de protection sociale.

Un projet qui n'est qu'une ébauche

Philippe Mixe, le président de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM) est dubitatif, en attendant de connaitre les détails de ce projet qu'il considère encore comme une ébauche.

"Ce projet n'est pas encore abouti. Concernant les paniers de soins, qu'est-ce que l'on considère comme les petits risques ? Même question pour les gros risques ? Les curseurs peuvent être placés n'importe où", explique-t-il, tout en se satisfaisant du fait que la santé des Français soit enfin abordée en période électorale. "Outre le fait que François Fillon est le seul candidat à avoir fait des propositions à peu concrètes sur la santé, le seul mérite de ce programme est qu'il acte une situation qui existe déjà dans la réalité, 95% des Français étant déjà couverts par une mutuelle santé ", prolonge-t-il.

Une mesure du candidat Les Républicains ne recueille pas son assentiment : le bouclier sanitaire. "Il serait plus judicieux de parler de bouclier financier. Cette proposition est un peu gênante car elle rompt le principe suivant : cotiser en fonction des revenus, et recevoir en fonction des besoins. C'est une révolution culturelle. Pour les plus malades qui sont souvent les plus âgés, ce bouclier sanitaire semble inadapté car mal calibré. Ils devraient vraisemblablement être obligé de payer une somme supplémentaire pour bénéficier d'une couverture optimale de la part de l'assurance-maladie", avance Philippe Mixe.

Un projet pas vraiment ultra-libéral

Quant à l'idée de François Fillon de créer une agence dédiée au contrôle et à la régulation de l'assurance-santé dont la mission sera aussi de définir un contrat-type se basant sur le prix, elle ne séduit guère davantage. "Une grande partie de l'opinion publique dépeint François Fillon comme un ultra-libéral. Dont acte. Mais je ne vois pas ce qu'il y a d'ultra-libéral à créer une nouvelle instance de contrôle et de régulation pour les mutuelles qui sont déjà surveillées par la Sécurité sociale et l'autorité de contrôle prudentiel et de régulation [ACPR], entre autres », poursuit-il.

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Par ailleurs, cette délégation d'une partie importante de la couverture des soins aux complémentaires santé, que l'Accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 a rendu obligatoire pour les salariés peut-elle être considérée comme un véritable progrès social, sachant que 92% des Français bénéficient d'une complémentaire santé ? Selon le baromètre de la FNIM dévoilé ce mardi, les réponses sont sans appel. Cet accord de l'ANI, qui a permis d'augmenter de 1% seulement le nombre de salariés couverts par les complémentaires santé, n'améliore pas vraiment la qualité de l'accès aux soins. Parmi les personnes interrogées par la FNIM, 61% estiment que la couverture santé obligatoire prévue par l'ANI n'était pas supérieure à celle offerte précédemment. Pourtant, selon 63% d'entre eux, son coût est plus élevé. Toujours selon ce baromètre, 37% des Français ont renoncé à des soins pour des raisons économiques. Ce pourcentage n'a pas varié depuis 2014.

Fabien Piliu

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