Prix du tabac : la fronde des buralistes corses contre la fin de leur dérogation
Jean-Marc Rafaelli
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Rien n'y a fait. Malgré les engagements des chefs d'État successifs, les motions unanimes en série de l'Assemblée de Corse et les débats homériques au Parlement et au Conseil de l'Europe, la Corse semble devoir définitivement renoncer au différentiel dérogatoire sur le prix du tabac que lui garantissait l'arrêté Miot depuis deux siècles. Il était de 25% en 1811 au moment du décret napoléonien, il n'est plus que de 5% depuis le 1er janvier 2025.
Ainsi, le prix du paquet de cigarette atteint aujourd'hui 95 % de celui pratiqué sur le Continent et, en théorie, il sera de 100% l'année prochaine. Or, ce différentiel dérogatoire historique, appliqué quelle que soit la marque, constituait une manne économique importante pour la filière, surtout l'été où les touristes et les Corses de la diaspora faisaient le plein de cigarettes.
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L'érosion progressive de l'avantage fiscal a rayé quelques bureaux de tabac du paysage : il y en avait 250 dans les années 90, ils sont 208 aujourd'hui, avec six fermetures enregistrées ces dix-huit derniers mois, notamment en milieu rural où le buraliste tient lieu de dernier service public. « La dernière augmentation représente pour nous une triple peine : la hausse nationale des prix, la baisse de notre commission, et ce fameux rattrapage que nous n'arrivons pas à endiguer qui met en péril 800 emplois directs et indirects. » José Oliva, président du Syndicat des buralistes de l'île, se bat pour le maintien du dernier écart de prix de 5% avec d'autant plus de détermination qu'en 2018, Gérald Darmanin, alors ministre des Comptes publics, avait promis la pérennisation de ce différentiel en raison du handicap de l'insularité.
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