Ils sont des machines à impulser des dynamiques d’innovation collaborative. Les pôles de compétitivité œuvrent à rapprocher la recherche et les entreprises afin de faire émerger des projets innovants et de les doter d’un modèle économique viable. Le processus est-il aussi vertueux qu’espéré ? La chaire Coo-Innov, à Montpellier, s’est penché sur le cas du pôle santé Eurobiomed, qui intervient en Occitanie et en région PACA. Résultats.Tels qu'ils ont été pensés par l'Etat lors de leur création en 2004, les pôles de compétitivité ont pour ambition d'améliorer la compétitivité de la France grâce au développement de projets d'innovation collaborative. Leurs missions : mettre en relation des organisations publiques et privées, capitaliser sur la proximité géographique en rassemblant les acteurs d'un même territoire, accompagner les entreprises pour le financement de leurs projets innovants et faire rayonner l'innovation française aux niveaux européen et international.
Mais les pôles jouent-ils bien leur rôle de déclencheur et de soutien de l'innovation collaborative ? Pour répondre à cette question, la Chaire Coo-innov* (Coopétition et Ecosystème d'innovation) de la Fondation Université de Montpellier, publie sa seconde étude (après un premier rapport sur l'innovation collaborative dans l'écosystème montpelliérain) : une réflexion sur la structure des projets d'innovation collaborative labellisés par les pôles en s'appuyant sur l'exemple du pôle de compétitivité Eurobiomed.
Eurobiomed, dont le périmètre court sur les régions Occitanie et PACA, accompagne le développement d'innovations répondant aux enjeux de la médecine de demain. Il compte 404 adhérents (dont 336 entreprises) et annonce avoir soutenu 336 projets depuis 2006, soit plus 1,2 milliard d'euros d'investissement, dont 468 millions d'euros d'aides publiques.
Pas d'évaluation ni d'audit
« Les pôles de compétitivité sont issus d'une politique nationale volontariste mais ils n'ont pas réellement fait l'objet d'évaluation, d'audit, raison pour laquelle nous posons la question de savoir s'ils jouent bien leur rôle,indique en préambule Frédéric Le Roy, enseignant à l'Université Montpellier Management, chercheur au sein du laboratoire Montpellier Recherche Management et co-dirigeant de la chaire Coo-Innov.Car deux hypothèses sont possibles : être sur un même territoire peut favoriser la collaboration en raison d'une proximité géographique, ou être sur un même territoire et sur une même thématique de recherche peut faire des acteurs des concurrents, ce qui va les empêcher de vraiment collaborer. »
L'étude réalisée par Coo-Innov porte sur les dernières données consolidées disponibles chez Eurobiomed, en l'occurrence celles de 2019. Essentiellement quantitatives, elles concernent les adhérents du pôle et les projets d'innovation collaborative (issues du Book Projets de R&D 2019). La base de données des projets labellisés par le pôle de compétitivité en 2019 en comprend 56 dans quatre catégories (outils de diagnostic, dispositifs médicaux, santé numérique, et médicaments).