LA TRIBUNE - Air Corsica ouvre la première ligne externe de son histoire entre Nice et Florence. Quels espoirs fondez-vous sur cette création ?
PIERRE MURACCIOLE - La dernière Délégation de service public (DSP*) a montré qu'Air Corsica est menacée dans son modèle de base et qu'elle doit devenir plus compétitive. L'obligation qui lui est désormais faite de réduire sa demande de compensation lui impose de réduire sa dépendance financière au service public dont la vocation, je le rappelle, est d'aider les lignes qui ne sont pas économiquement viables. Dans ce contexte, la création de la ligne Nice-Florence est hautement symbolique par la toute première délocalisation d'une activité hors de Corse, tout en préservant le cordon ombilical dès lors que les Corses, au départ de nos quatre aéroports, et les Toscans pourront bénéficier de la correspondance via le hub de Nice. La ligne, qui sera inaugurée le 27 juin, fonctionnera toute l'année à raison de deux fréquences par semaine sur un ATR. Une étude a démontré que la demande existe, et nous n'avions pas le droit de ne pas servir un marché qui existe.
Il y aura d'autres initiatives de ce type dans un futur proche ?
Oui bien sûr, de nouvelles destinations sont à l'étude, mais il serait prématuré de vous les dévoiler. Nous sommes intéressés par tout ce qui est dans un rayon d'action autour de Nice, des destinations transalpines mais pas forcément en Méditerranée. Une fois que nous disposerons des machines et des équipages, nous déciderons. Il y a du potentiel avec plus ou moins de risques, risques que l'on peut limiter en passant des accords de partenariat avec d'autres compagnies aériennes, vente de sièges, partage de codes, etc. Nous avons amorcé le mouvement avec ITA Airways, porte-drapeau de l'Italie.