Donald Trump, bon pour le climat malgré lui

Donald Trump freine le commerce… Et sauve (un peu) la planète.
Reuters

Donald Trump freine le commerce… Et sauve (un peu) la planète.
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Donald Trump n'a jamais caché son désintérêt pour la cause climatique, et pourtant... Avec l'imposition de droits de douane punitifs tous azimuts, le président des États-Unis, qui cherche avant tout à « libérer » et à « rendre sa grandeur » à l'Amérique, se révèle être un allié inattendu dans la course contre le changement climatique.
L'ampleur des nouvelles taxes sur les produits importés par les États-Unis (de 10 % pour tous à 104 % en cumulé pour les produits chinois) sonne le glas du ralentissement des échanges mondiaux. Le président du Medef, Patrick Martin, alertait mercredi matin sur le risque que « la croissance s'enraye et qu'on passe en récession ». Mais quelles répercussions sur le climat ?
Selon Christophe Gouel, spécialiste des liens entre commerce et environnement au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii), « la récession qui s'annonce aura pour conséquence de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre ». Ce recul s'explique en grande partie par la contraction de l'activité industrielle et énergétique.
Lors de la crise financière de 2008, les émissions mondiales de CO₂ avaient diminué d'environ 1,3 % par rapport à la situation d'avant-crise, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Plus significatif encore, l'Union européenne avait vu ses émissions diminuer d'environ 7 % en 2009.
En 2020, la pandémie mondiale liée au Covid-19 avait entraîné une diminution des émissions mondiales de CO₂ de 5,8 %, soit la plus forte baisse annuelle jamais enregistrée, selon l'AIE. À l'époque, la réduction du trafic aérien de 60 % avait fait chuter la demande énergétique mondiale.
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Aujourd'hui, la relocalisation des activités économiques, pour les pays fortement touchés par les droits de douane américains, pourrait faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.
Christophe Gouel nous l'affirme : « Quand on relocalise une usine, c'est du transport en moins, et ce n'est pas négligeable ». Néanmoins, « une relocalisation d'activité peut avoir un effet positif, mais cela ne garantit pas systématiquement une baisse des émissions » précise-t-il.
Par exemple, une relocalisation vers les États-Unis de biens initialement produits en France sera plus coûteuse en termes d'émissions de CO₂, même si l'on épargne les émissions de gaz à effet de serre liées au transport entre pays. En effet, le mix énergétique est plus favorable en France, car l'énergie y est fortement décarbonée grâce au nucléaire.
L'effet des relocalisations est donc « ambigu », selon le chercheur du Cepii, qui ajoute que les droits de douane « vont logiquement amener un ralentissement économique aux États-Unis et en Europe. Et cela, mécaniquement, baissera les émissions ».
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Mais pour Christophe Gouel, « il n'y aura pas de baisse durable des émissions ». Avec la guerre commerciale et les tensions à prévoir sur l'emploi, la priorité donnée à la compétitivité pourrait bien repousser la lutte contre le changement climatique tout en bas de l'agenda politique.
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