Après les dépenses des États, Christine Lagarde n'exclut pas une réforme du pacte de stabilité

La présidente de la BCE soutient l'idée d'une réforme du mécanisme chargé de veiller à la rigueur budgétaire des gouvernements nationaux au sein de l'Union. Mais le débat sur cet assouplissement des règles pourrait à nouveau mettre à jour les divergences entre Paris et Berlin.

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(Crédits : POOL)

Alors que l'Union européenne s'apprête à poursuivre les versements des 750 milliards de fonds sur les économies pour renflouer les Etats confrontés à la crise Covid-19, le débat sur les règles de stabilité financière refait surface.

Suspendu jusqu'en 2023 pour laisser le temps aux Etats de financer les secteurs touchés, le Pacte de stabilité européen pourrait en effet être à nouveau révisé, vers un assouplissement. C'est ce qu'a laissé entendre la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, en plaidant lundi pour lui donner plus de "flexibilité", une fois que sa suspension pour cause de pandémie aura été levée.

Mis en place en 1997, à la veille de l'instauration de la monnaie unique deux ans plus tard, le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) a été créé pour limiter les déficits excessifs des Etats. Tantôt assoupli en 2005, tantôt renforcé en 2010 avec le principe de "règle d'or budgétaire", la rigueur financière européenne est un débat politique générateur de divergences de points de vue.

La France est par exemple favorable au report de ses conditions pendant la période de la crise sanitaire. Le gouvernement d'Emmanuel Macron souhaite aussi une réforme de ce mécanisme de limitation des déficits publics nationaux (3% du PIB par an) et de la dette publique (60% du PIB). Ce que soutien également la Française à la tête de la Banque centrale européenne, mais que la chancellerie à Berlin, notamment par le parti conservateur d'Angela Merkel, voit d'un mauvais oeil.

"L'Europe a besoin d'un cadre modernisé avec des règles budgétaires transparentes, flexibles et crédibles qui permettront des politiques budgétaires contracycliques et durables", a déclaré Christine Lagarde lors d'une audition trimestrielle virtuelle devant le Parlement européen.


Trop souvent, "les politiques budgétaires nationales ont limité la possibilité" de stimuler l'économie et la banque centrale s'est alors retrouvée "le seul joueur en ville", a-t-elle expliqué.

"Idéalement, la réforme du pacte de stabilité et de croissance devrait être en place lorsque la clause d'exemption (du pacte) sera désactivée" après la pandémie, a-t-elle conclu.

Pour rappel, en France en 2021, le déficit public devrait atteindre 9,4% du PIB. De même, la dette devrait frôler les 117% du PIB à la fin de l'année.

Relever les plafonds, malgré la résistance allemande

Aussi, une des pistes à l'étude dans le cadre de cette réforme serait de relever les plafonds de déficit et de dette, aujourd'hui dépassés dans de nombreux pays européens du fait des coûts de la pandémie.

"Nous voulons après la pandémie réintroduire rapidement les règles budgétaires du pacte de stabilité et les faire évoluer, mais sans les assouplir", prévient ainsi la CDU dans son programme électoral publié lundi.

Or, au vu des sondages, la CDU a de bonnes chances de continuer à occuper la chancellerie allemande à l'issue des élections législatives de fin septembre.

Déjà, l'Allemagne va contracter plus de dettes que prévu en 2022 pour poursuivre son soutien à l'économie. Le pays a récemment prolongé jusqu'à fin septembre ses programmes d'aides aux entreprises et de chômage partiel, qui seront financés en partie par le budget 2022.

Ces dépenses vont contraindre le gouvernement à déroger à ses principes de rigueur budgétaire pour la troisième année consécutive en 2022.

Paris, pour sa part, ne veut pas "refaire l'erreur que nous avons faite en gérant mal l'après-crise (de l'euro) en 2011, 2012, 2013, en durcissant les règles budgétaires d'avant-crise", a insisté en avril le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune.

A la même époque, le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, avait plaidé pour une réforme profonde du dit pacte afin de promouvoir l'investissement et la croissance, une fois passé le choc de la pandémie.

Une réforme du PSC devra en tout état de cause "tenir compte des dispositions du Traité européen", a prévenu Mme Lagarde.

 (Avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 23/06/2021 à 9:59
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D'un coté la richesse mondiale augmente de 7,4% en 2020 malgré la pandémie et de l'autre des dettes abyssales, publiques en particulier, Je pense mais je suis certainement le seul à croire que notre crise réside dans la mondialisation avec cette poli...

à écrit le 22/06/2021 à 15:26
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Et en voiture, Simone! Direction: la banqueroute!

à écrit le 22/06/2021 à 9:54
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Le vrai combat à mener est la régulation des naissances ,moins de ressources donc moins d'humains ,comme pour l'écologie moins d'humains,moins de production moins de pollution ! La dette à plus de 100℅ du PIB ,ce sont les politiques,économistes et j...

le 22/06/2021 à 11:03
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Qu'est-ce que vous proposez ? D'envoyer des trains en Allemagne dans des camps de travail ? De un la démographie en Chine, Europe baisse, mais de deux on a jamais eu autant d'obésité et de famine en même temps. Cela veut bien dire qu'il n'y a pas de ...

le 22/06/2021 à 17:21
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"Le vrai combat à mener est la régulation des naissances ,moins de ressources donc moins d'humains" Si ça trouve, le vaccin anti-covid aura des effets indésirables dans quelques années qui sait, comme on pas de recul sur celui-ci à long terme.

à écrit le 22/06/2021 à 9:25
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Lagarde souhaite officialiser l'avortement du traité de Maastricht à l'instar de l'espionnage des français hors contrôle judiciaire par les services de renseignement légalisé par son mentor Sarkozy qui peine à communiquer avec ses avocats par pige...

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