Brexit: accord possible avec Londres mais ça coince toujours avec la frontière nord-irlandaise
Christian Spillmann, AFP

Photo d'illustration
Reuters
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Un accord pourrait être conclu cette semaine entre Londres et l'UE pour permettre un divorce à l'amiable, mais les Etats membres préviennent qu'ils ne laisseront pas Londres transformer l'Irlande du Nord en maillon faible de leur grand marché avec un relâchement des contrôles.
Les négociateurs britanniques et européens poussent les feux pour tenter de boucler cet accord pour le sommet des dirigeants de l'UE à partir de jeudi et jusqu'à vendredi à Bruxelles.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson veut respecter son engagement de faire sortir la Grande-Bretagne le 31 octobre et cette volonté a permis de faire évoluer les discussions.
Le négociateurs de l'UE, Michel Barnier, s'est dit optimiste à son arrivée à Luxembourg pour informer les ministres européens de l'état d'avancement des discussions avec les Britanniques.
"Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore très possible", a confirmé son interlocuteur britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay. Les deux responsables pilotent les négociations.
Plus de trois ans après le référendum britannique de 2016, aucun accord n'a encore été trouvé pour éviter un divorce acrimonieux.
Opposé à l'accord conclu par Theresa May qui maintenait le Royaume-Uni dans l'Union douanière de l'UE jusqu'à la conclusion d'une nouvelle relation entre les deux parties, Boris Johnson l'a rejeté un fois arrivé au pouvoir et a présenté un nouveau plan.
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Les discussions en cours se concentrent sur deux points de désaccord: la manière d'éviter le retour d'une frontière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, tout en réalisant des contrôles douaniers, et le droit de regard accordé aux autorités d'Irlande du Nord sur l'accord de divorce.
L'annonce d'avancées est à la fois un soulagement et une source de préoccupation pour les partenaires européens du Royaume-Uni.
"Nous cherchons un accord mais nous ne cherchons pas un accord à n'importe quel prix", a pour sa déclaré la secrétaire d'Etat française chargée des Affaires européennes Amélie de Montchalin.
"L'intégrité du marché intérieur est un point sur lequel nous ne pouvons pas négocier", a-t-elle renchéri.
Les chefs d'État et de gouvernement des 27 décideront jeudi au cours de leur sommet de la suite à donner aux négociations avec Londres.
Selon le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assume la présidence semestrielle de l'UE, les négociations pourraient se poursuivre après le sommet européen.
"A mon avis, il nous est pratiquement impossible de parvenir à un accord avant la réunion. Nous avons besoin de plus de temps et de négocier après la réunion", a-t-il plaidé, cité par l'agence de presse STT.
Ainsi circule l'hypothèse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre, jour prévu du départ du Royaume-Uni. "C'est possible si c'est absolument nécessaire", a commenté un responsable européen.
Christian Spillmann, AFP