Brexit : les députés britanniques favorable à des élections anticipées

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(Crédits : TOBY MELVILLE)
Les députés britanniques ont plébiscité, mardi 28 octobre, le projet du Premier ministre Boris Johnson de tenir des élections législatives anticipées le 12 décembre, afin de sortir de l'impasse du Brexit qui paralyse le Royaume-Uni depuis plus de trois ans.

Boris Johnson peut savourer. Après plusieurs heures de débats mouvementés, les députés se sont prononcés par une majorité écrasante de 438 voix contre 20 pour l'organisation du scrutin voulu par le Premier ministre britannique. Le texte doit encore recevoir, ce mercredi 30 octobre,  l'aval des Lords, où le passage du texte pourrait n'être qu'une formalité.

Le Parlement serait ensuite dissous mercredi prochain à 00H01 (GMT), a indiqué le ministre chargé des relations avec cette institution, Jacob Rees-Mogg. C'était la quatrième tentative du dirigeant pour convoquer les Britanniques aux urnes, cette fois-ci avec succès grâce au soutien déterminant d'élus travaillistes, principale formation d'opposition.

 Trois élections en quatre ans

 En position de force dans les sondages, avec une dizaine de points d'avance en moyenne, il espère ainsi conquérir une majorité absolue, dont son gouvernement est actuellement dépourvu. Cela lui permettrait d'enfin honorer sa promesse de mettre en œuvre le Brexit, déjà repoussé trois fois depuis son vote par 52% des Britanniques en juin 2016. Plus de trois ans après ce référendum, le Parlement reste profondément divisé sur la manière de le mettre en oeuvre.

Ces élections générales, initialement prévues en 2022, seront les troisièmes en quatre ans, après un scrutin anticipé en 2017, déjà avec le Brexit en toile de fond, deux ans après celui de 2015. Habituellement organisées au printemps, ce sont aussi les premières à se tenir en décembre depuis 1923. Longtemps réticent, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a fini par se résoudre à soutenir un scrutin en décembre, son prérequis ayant été rempli: la menace d'une sortie sans accord de l'UE le 31 octobre, cauchemar des milieux économiques pour les perturbations qu'il engendrerait, a été écartée par le nouveau report du Brexit accordé par Bruxelles jusqu'au 31 janvier.

Le leader travailliste, qui avait en vain plaidé pour un scrutin le 9 décembre, a réagi après le vote en promettant "la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale, pour un vrai changement, que notre pays ait jamais vue". Dans les rangs de l'opposition, qui a mis en échec une ratification de l'accord de divorce arraché par Boris Johnson à Bruxelles mi-octobre, les travaillistes espèrent pouvoir négocier leur propre accord avant de le soumettre à référendum, tandis que les europhiles libéraux-démocrates, qui ont le vent en poupe, veulent carrément annuler le Brexit.

Des élections sont "la seule façon maintenant de faire avancer ce pays", avait plaidé le Premier ministre Boris Johnson devant les députés. Mais même s'il mène dans les sondages, Boris Johnson risque gros, estime John Curtice, de l'université écossaise de Strathclyde. "Boris doit gagner. Un Parlement sans majorité, et Boris est dehors", a-t-il dit à l'AFP. Le dirigeant a préparé le terrain mardi en décidant de réintégrer 10 des 21 députés rebelles qu'il avait exclus du parti pour avoir voté contre la stratégie de l'exécutif sur le Brexit.

"Peut-être le dernier"

Lundi, la Chambre des communes avait rejeté le texte du gouvernement en vue de convoquer des élections le 12 décembre, dont l'approbation requérait la majorité des deux tiers. Mais résolu à mettre un terme à cette "paralysie", Boris Johnson avait aussitôt organisé un nouveau vote mardi, mettant à profit les subtilités du système électoral britannique: son texte ne requérait qu'une majorité simple.

Outre la procédure, un autre élément a convaincu l'opposition: l'assurance qu'il n'y aurait pas de Brexit avant les élections, Boris Johnson s'étant engagé à ne pas soumettre à nouveau aux députés, avant la dissolution du Parlement, l'accord de divorce négocié avec l'UE. Le dirigeant conservateur est arrivé au pouvoir en juillet en promettant que le Brexit aurait lieu "coûte que coûte" le 31 octobre. Il avait assuré qu'il préférait être "mort au fond d'un fossé" plutôt que demander un nouvel ajournement, mais a dû entre temps manger son chapeau: il a été contraint de demander un report jusqu'au 31 janvier.

A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé les Britanniques à faire "le meilleur usage" du nouveau et troisième report du Brexit accordé par les Européens. "C'est peut-être le dernier", a-t-il prévenu sur Twitter. Le nouvel ajournement prévoit une date butoir au 31 janvier mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de sortir le 30 novembre ou le 31 décembre en cas de ratification de l'accord de divorce avant ces échéances. Les Européens ont toutefois précisé qu'ils excluaient toute renégociation de l'accord conclu avec Boris Johnson et ont réclamé à Londres de proposer un candidat britannique pour un poste de commissaire européen, puisque le Royaume-Uni reste dans l'UE plus longtemps que prévu.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2019 à 10:41 :
Le brexit n aura pas lieu ni Bruxelles ni Londres ne le veulent .
Et les acteurs improvisent un nouveau scénario tout les 3 mois .
Et notre Jupiter fait semblant de pas savoir et surtout joue le naif .
a écrit le 30/10/2019 à 19:19 :
Souhaitons qu'un 3eme larron mette tout le monde d'accord afin d'y voit bien plus clair!
Dans l'UE, l'union des faiblesses ne fait pas une force mais profite a ceux qui n'y sont pas!
a écrit le 30/10/2019 à 15:37 :
Bah ça ou autre chose... ^^
a écrit le 30/10/2019 à 15:02 :
On se demande pourquoi Johnson s'est autant appliqué à savonner la planche à Theresa May puisqu'il fait finalement tout exactement comme elle. Je ne sais pas si il aura réussi à obtenir un Brexit le 21 octobre (en fait si, je sais), mais il aura au moins réussi à le retarder de deux ans.
Réponse de le 02/11/2019 à 8:37 :
"On se demande pourquoi Johnson s'est autant appliqué à savonner la planche à Theresa May"
Ben, pour être calife à la place de la calife, par ambition personnelle.
a écrit le 30/10/2019 à 10:01 :
Les premiers sondages donnent les conservateurs largement devant les travaillistes (16 points) ce qui compte tenu du majoritaire à un tour leur donnerait une large majorité, Corbyn , dirigeant controversé, ambigu sur le brexit et sur bien d'autres sujets (antisémitisme), sur une ligne "à gauche toute" digne de Jurassic Park, constituant un handicap quasi insurmontable pour son parti... ceci étant, lors des précédentes législatives anticipées, les conservateurs étaient donnés jusqu'à 22 points devant les travaillistes et ont terminé seulement 2,5 points derrière. De même dans les sondages, (et à supposer que les conservateurs soient de façon homogène favorables au brexit, ce qui est loin d'être évident...) le total Brexit Party + conservateurs n'est pas majoritaire. Même si on peut considérer que de l'autre bord les électeurs du labour ne sont pas à 100% anti-brexit, SNP+verts+labour+libdem sont devant, la logique du majoritaire à un tour voudrait qu'ils se constituent en cartel électoral, ne présentant dans chaque circonscription que le candidat le mieux placé pour l'emporter, avec pour principal élément de programme l'organisation d'un second référendum sur le brexit (référendum à 2 temps : pour/contre le brexit et si le pour l'emporte, avec l'accord ou sans).
Réponse de le 30/10/2019 à 20:26 :
@bruno_bd Corbyn a trahi son électorat comme je l' écris depuis des mois en mode Tsypras trahissant les grecs et a, de fait, enclenché la machine à perdre son ..électorat.

Je vous régale de ce commentaire estival de l' UPR sur Corbyn..
"Le plan du Labour pour évincer Boris Johnson et éviter un Brexit sans accord

Alors que le Brexit approche, Jeremy Corbyn lance une stratégie afin de pousser Boris Johnson à la démission et ainsi de prendre la tête du gouvernement pour éviter un Brexit sans accord. Mais la partie est loin d’être gagnée.

Source : RT France (16 août)

Jeremy Corbyn, longtemps resté flou sur sa position sur le Brexit, sort du bois. Il espère ainsi donner satisfaction à l’appareil dirigeant du Labour, farouchement anti-Brexit, et renforcer sa position d’opposant à Boris Johnson. C’est une trahison de l’électorat britannique, et notamment des couches populaires, que Corbyn prétend défendre et qui ont majoritairement voté pour le Brexit. Il est à parier que le Labour y laissera des plumes."

Or donc il serait parfaitement moralement recevable que, par le biais d' une justice rémanente, qu' en décembre Corbyn et ses suppôts y laissent des plumes, les traitres devant tjrs payer le prix de leur trahison.

Le grand démocrate qui sommeille en vous veut faire rejouer le match qui ne lui convient pas, j' en suis fort surpris ..!
Réponse de le 01/11/2019 à 22:10 :
@Gedeon ; Avec Blair qui ne cachait pas son europhilie le Labour gagnait les élections. Avec Corbyn, ambigu sur le Brexit et avec un programme à gauche toute, façon Jurassic Park il les perd.
Réponse de le 02/11/2019 à 8:39 :
En ce qui concerne Tsypras je dirais plutôt : en renonçant à ses promesses démagogiques et irréalisables Tsypras a sauvé son pays. Je ne vois pas quel mérite il aurait eu à précipiter son pays contre le mur en klaxonnant. en espérant que ce dernier recule.
a écrit le 30/10/2019 à 9:55 :
c'est pas etonnant
si il y a elections bojo risque d'etre elu....
par contre ca ne dit pas vraiment si va encore y avoir blocage, donc non solution, donc report ou pas, donc pantalonnade ou pas, donc...
a écrit le 30/10/2019 à 9:51 :
Donc du coup, ils vont rien débattre et surtout pas négocier le nouveau traité, ils vont attendre que le nouveau parlement le fasse. Comme ils vont vouloir appliquer les surenchères démagogiques qu'ils auront promis lors de la campagne, avec les fêtes de fin d'année, ils vont tranquillement commencer en janvier...
Et surtout essayer de ne pas perdre la face....Ça promet !
Espérons que le nouveau Commissaire ne soit en charge que de la qualité des thés.

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