Climat : les manifestations massives poussent l'Allemagne à débloquer plus de 100 milliards d'ici 2030

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Ce vendredi 20 septembre à Berlin (Allemagne) des étudiants et des écoliers participent à la grève mondiale des vendredis pour le climat.
Ce vendredi 20 septembre à Berlin (Allemagne) des étudiants et des écoliers participent à la grève mondiale des vendredis pour le climat. (Crédits : Reuters)
Cette somme sera investie "pour la protection du climat et la transition énergétique", selon le texte final d'un accord décroché après plus de 18 heures d'âpres négociations entre les conservateurs de la chancelière et les sociaux-démocrates.

Les partis de la fragile coalition gouvernementale d'Angela Merkel ont bouclé à l'arraché vendredi une stratégie pour le climat représentant au moins 100 milliards d'euros d'investissements d'ici 2030, sous la pression de manifestations massives dans toute l'Allemagne.

Cette somme sera investie "pour la protection du climat et la transition énergétique", selon le texte final d'un accord décroché après plus de 18 heures d'âpres négociations entre les conservateurs de la chancelière et les sociaux-démocrates.

Le gouvernement compte dépenser 54 milliards d'euros pour les quatre premières années du plan, d'ici 2023, a précisé à la presse le ministre des Finances Olaf Scholz.

L'enjeu consiste à prendre des mesures pour inciter les Allemands à réduire les émissions polluantes, et permettre au pays, aujourd'hui en retard, d'atteindre ses objectifs de réduction d'émissions polluantes.

Le texte, qui prévoit par exemple 86 milliards d'euros d'investissements répartis entre le gouvernement et la Deutsche Bahn pour la seule rénovation du rail, doit encore être adopté en conseil des ministres.

L'annonce intervient alors que des dizaines de milliers de manifestants, 100.000 selon les organisateurs, s'étaient rassemblés à Berlin à l'emblématique Porte de Brandebourg, en ce jour d'un mouvement mondial de grève pour la défense du climat.

Sur leurs pancartes figuraient des slogans comme "quand vous aurez fait vos devoirs, nous ferons les nôtres!", "il n'y a pas de planète B" ou encore "Merci Greta", l'égérie suédoise à l'origine du mouvement FridaysforFuture.

Mobilisation massive

La mobilisation devrait être particulièrement bien suivie en Allemagne, où les écologistes ont le vent en poupe et enchaînent les succès électoraux.

Au total, des manifestations doivent avoir lieu dans 575 villes allemandes, "du jamais vu", a estimé la porte-parole allemande du mouvement FridaysforFuture, Luisa Neubauer dans un tweet.

Cette dernière a déjà rejeté le plan présenté par le gouvernement, lui reprochant son manque d'ambition. Le co-président des Verts Robert Habeck a quant à lui reproché une stratégie à ses yeux "confuse".

Les partis se sont particulièrement disputés sur son financement, rendu extrêmement compliqué par le fait que le gouvernement refuse de contracter de nouvelles dettes, conformément à sa politique d'orthodoxie budgétaire du "Schwarze Null".

La difficulté consistait à avoir un prix suffisamment élevé de l'essence, diesel ou gaz pour inciter les consommateurs à opter pour les solutions les moins polluantes, mais en même temps ne pas provoquer de levée de bouclier de l'opinion, à l'exemple du mouvement des gilets jaunes en France.

Concrètement, la stratégie du gouvernement comprend une panoplie de mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'énergie, le bâtiment, l'agriculture, l'industrie et les transports.

Cela va de la promotion des transports publics et des trains, à l'augmentation du prix des voyages en avion en Allemagne, ou à diverses subventions pour le développement des voitures électriques ou pour des chauffages individuels efficaces et propres.

Coup d'accélérateur sur les énergies propres

Parallèlement, il s'agit de mettre un coup d'accélérateur sur le développement d'énergies propres (solaire, éolien ou biomasse), dont la part dans la production d'électricité dans le pays doit monter à 65% en 2030 contre 40% actuellement.

La pression pesant sur le gouvernement Merkel est grande: il doit répondre aux attentes de la mobilisation initiée par les jeunes de FutureforFridays. Un accord était indispensable à la survie de la coalition elle-même, très fragile depuis sa difficile constitution l'an dernier.

Le ministre social-démocrate des Finances Olaf Scholz avait directement lié la poursuite de la coalition, très impopulaire en Allemagne, à l'élaboration d'un "grand projet climatique".

Abandon du charbon d'ici 2038

L'Allemagne a certes décidé en début d'année d'abandonner le charbon d'ici 2038, mais il lui reste à programmer la fermeture de ses mines et centrales. Un chantier d'autant plus délicat qu'elle doit parallèlement achever d'ici 2022 sa sortie du nucléaire, décidée en 2011 après la catastrophe de Fukushima.

Et sa puissante industrie automobile a longtemps privilégié les véhicules essence ou diesel avant de prendre sur le tard le virage de l'électrique.

Résultat: le pays qui s'était engagé à réduire les émissions de CO2 de 40% comparé à 1990, n'aura atteint qu'un tiers. En 2030, il vise une réduction de 55%.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2019 à 14:20 :
Tout cela ne veut rien dire, bien que cela soit de la com.. que l'on nous resservira chaque année!
a écrit le 23/09/2019 à 9:02 :
Faut pas rêver, c'est l'Allemagne! Les fonds seront soigneusement recyclés pour les seules luttes anti-carbones qui profiteront à l'industrie du pays. Il n'est par exemple toujours pas question de limiter les vitesses sur les routes, alors que les plus grosses berlines que produisent Stuttgart ou Munich ont une consommation kilométrique au voyageur kilomètre qui arrive à dépasser celle du défunt Concorde quand leur conducteur, généralement seul à bord, pousse au delà de 150 km/h....
Réponse de le 23/09/2019 à 13:38 :
En quoi limiter la vitesse sur l autoroute va serieusement reduire les emissions ? c est typiquement le genre de mesure impopulaire qui n ont quasiment aucun impact (qui va rouler a 200 tous les jours ?)
A la limite il vaudrait mieux interdire la circulation en ville et les bouchons, ca serait nettement plus efficace (c est la ou une voiture consomme le plus)

PS: que l Etat allemand prefere que l investissement du pays aille dans les entreprises allemandes que chinoise me semble plutot du bon sens
a écrit le 23/09/2019 à 8:58 :
On en oublierai presque North Stream 2 qui doit délivrer 55 milliards de m3/ an de gaz dans quelques mois.
C'est chouette l'écologie !
a écrit le 23/09/2019 à 4:29 :
Elle est au greta grunbet dans un voilier un avions elle pollue ?
a écrit le 22/09/2019 à 11:00 :
Mettons la prssion sur le gouvernement français pour qu'il débloque lui aussi des milliards

Pour le moment nous manifestons le vendredi après midi,mais la prochaine étape nous manifesterons jeudi et vendredi!A bon entendeur salut!
Réponse de le 22/09/2019 à 12:04 :
L'Allemagne les a, ces milliards, pas la France. Et d'autant moins que pour éteindre l'incendie GJ imprudemment allumé par la hausse démesurée de la taxation des carburants sous prétextes environnementaux, il a fallu lâcher 17 milliards par an.
a écrit le 21/09/2019 à 18:18 :
J'ai ma propre vision des choses vis-à-vis de l'écologie et ça ne reste que min avis, mais la manifestation expose parfaitement le problème au sens propre : nous sommes trop nombreux. Tant que l'être humain continuera de procréer à volonté, nous ne sauverons jamais la planète, quoi que nous fassions à côté. Je voterais d'urgence la loi de l'enfant unique au monde entier, avec lourdes pénalités fiscales sur les familles à plusieurs enfants et menace d'embargo sur les pays n'adoptant pas la politique. Après ce n'est que ma vision des choses. Chacun son avis.
a écrit le 21/09/2019 à 11:51 :
Il serait interessant de savoir si ces sommes s'ajoutent aux, à peu près, vingt milliards d'euros que l'Allemagne dépense tous les ans?
a écrit le 21/09/2019 à 8:48 :
Le voila le plan de relance tant attendu de bon nombre d'européens (en particulier macron) on va voir ce que cela va donner
Mais comme le note @Citoyen blasé, cela ressemble plus à une subvention en direction de ce capitalisme chancelant (qui rémunère pourtant si bien ses "talents" pour prospérer)

M'enfin le peu qu'ils font est déjà bon à prendre
a écrit le 21/09/2019 à 8:13 :
Pour l'Allemagne, il y a une solution beaucoup plus simple. Remplacer une partie croissante du charbon utilisé dans ses centrales thermiques par du charbon économisé dans le reste de l'Europe avec des équipements made in Germany.

Il y a 3 possibilités.

- Des économies sur le chauffage au charbon, qui reste très utilisé en Europe de l'Est.

Ceci en utilisant le trio isolation, chauffage solaire et chauffage biomasse à haut rendement.

- Le remplacement de vieilles centrales thermiques par des centrales ultra-supercritiques qui consomment de 20 à 40% de charbon en moins.

- Des économies sur la consommation d'électricité.

Par exemple, la seule modernisation du parc de moteurs électriques utilisés dans l'industrie européenne suffirait à économiser une quantité de charbon équivalente à celle utilisée par l'ensemble des centrales thermiques allemandes.
a écrit le 20/09/2019 à 22:15 :
Merkel debloque 10 mds par an pdt 10 ans ds la transition énergétique pour calmer ses jeunes et accentuer son avance ds le renouvelable. C'est de l'investissement collectif financé par de l'emprunt à un tx quasi négatif et sans accroissement du deficit et donc de la richesse assurée immédiate et future.
Macron débloque 10 mds par an pdt... (longtemps jusqu'à la suppression éventuelle des aides par un autre président), pour calmer les GJ. C'est de la consommation catégorielle financée par l'impôt ou l'augmentation du déficit et donc de l'appauvrissement garanti immédiat et futur.
Résumé : méditons sur le miracle économique allemand et la gabegie économique française
Réponse de le 21/09/2019 à 15:07 :
Oui, c'est bien resumé et il y a de quoi se faire des soucis sur l'avenir de la France.
a écrit le 20/09/2019 à 22:05 :
100 milliards d'ici 2030 soit moins de dix milliards par an. C'est moitié moins que ce qu'il a fallu lâcher en France pour éteindre l'incendie Gilets Jaunes imprudemment allumé par une véritable boulimie fiscale à prétexte écologique.
a écrit le 20/09/2019 à 22:00 :
Même s'il s'agissait d'argent totalement gaspillé l'Allemagne en a largement les moyens (100 milliards sur 10 ans ça représente... 0,3% de son PIB annuel. Ceci étant l'Allemagne a déjà gaspillé bien plus pour ses éoliennes, et là il est prévu une rénovation du rail ce qui est plutôt un bon investissement.
a écrit le 20/09/2019 à 21:25 :
L'allemagne a simplement additionné tout ce qui est déjà prévu depuis longtemps de près ou de loin avec l'environnement et fait une grande annonce de ce "super" plan.
a écrit le 20/09/2019 à 18:07 :
"il n'y a pas de planète B"

Il y a bien Kepler 22B ,mais c'est un peu loin.
a écrit le 20/09/2019 à 18:06 :
"quand vous aurez fait vos devoirs, nous ferons les nôtres!"

Fini les teufs à Ibiza ,donc
a écrit le 20/09/2019 à 17:56 :
Après avoir déjà dépensé plus de 400 milliards d’euros pour développer tout azimut des énergies intermittentes qui n‘ont que très faiblement diminuer les émissions de CO2 allemandes et continuer dans cette voie stupide toujours sans avoir de solutions de stockage à grande échelle est du ressort de l’asile psychiatrique. Mais avec les rêves qu’engendre pour les politiques la conquête des voix écologistes, on est plus à une idiotie près.
Ceux qui se frottent les mains sont les fournisseurs de gaz qui permettront avec l’arrêt du charbon et du nucléaire allemands d’éviter de s’éclairer à la bougie tout en diminuant (très légèrement) leurs émissions de gaz carbonique. Mais gare au ‘black-out’ qui a déjà été récemment évité de justesse et dont la probabilité d’occurrence, avec 60% d’énergies renouvelables en grande partie intermittentes, ne peut que fortement augmenter!
a écrit le 20/09/2019 à 17:42 :
Lorsqu'on maitrise les dépenses publiques, on peut débloquer plus d'argent pour créer une filière.
En France, c'est habiller Paul en déshabillant Pierre, et ce pour quelques millions seulement.
a écrit le 20/09/2019 à 16:26 :
Ça sent la subvention massive à la vieille oligarchie d'avant guerre de l'allemagne à savoir tout ce qu’elle sait faire...

Ils vont même oser renflouer BAYER avec vous allez voir ! :D
a écrit le 20/09/2019 à 16:14 :
Le bilan carbone de la voiture électrique est catastrophique, il faut 100 000 km pour arriver à l'équilibre, car la fabrication de batteries pollue plus que le fonctionnement d'une voiture à essence pendant 10 ans. On se moque de nous. Tout cela est de la propagande ridicule, surtout quand on sait que 45 des plus gros navires du monde , dont ceux qui transportent les terres rares, polluent plus que les millions de voitures en circulation dans le monde.
Réponse de le 22/09/2019 à 12:10 :
La voiture électrique à batterie est effectivement un non sens à tous égards et restera un marché de niche. En revanche, la voiture électrique à hydrogène qui permet de valoriser un déchet (l"électricité renouvelable lorsque la production excède la demande, parfois vendue à prix négatif) est assurément une voie à développer même si le rendement de conversion électricité (difficilement stockable) ->hydrogène (stockable) n'est pas fameux.

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