Déficit excessif : la France sort de l'impasse

En 2017, la France est repassée sous la barre des 3% de déficit exigés par les institutions européennes pour la première fois depuis 2007. La Commission européenne a donc proposé ce mercredi de sortir la France de la procédure de déficit excessif. Une proposition qui pourrait permettre à Emmanuel Macron de retrouver de la crédibilité sur la scène européenne.
Cette proposition devra encore être formellement entérinée par les ministres des Finances de l'Union européenne avant une sortie effective en juillet.
Cette proposition devra encore être formellement entérinée par les ministres des Finances de l'Union européenne avant une sortie effective en juillet. (Crédits : Reuters)

C'est une bonne nouvelle pour le budget français. La Commission européenne a officiellement recommandé mercredi la fin de la procédure pour déficit excessif engagée contre la France il y a neuf ans. "Nous le faisons parce que la trajectoire de réduction des déficits est forte et claire", a dit le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse à Bruxelles. La France est parvenue à ramener son déficit public sous la norme de 3,0% du PIB l'an passé, à 2,6%, pour la première fois depuis 2007. La Commission européenne a adopté aujourd'hui un ensemble de propositions lié au semestre européen et à l'application du Pacte de stabilité et de croissance. Cette série de propositions est désormais soumise à l'approbation du Conseil.

pierre moscovici

[ Le commissaire européen Pierre Moscovici lors de la conférence de presse ce 23 mai. Crédits : Reuters/François Lenoir. ]

> Lire aussi : Le déficit public au plus bas depuis 10 ans

Neuf années de procédure

La sortie de la procédure de déficit excessif, qui suppose deux années consécutives dans les clous du pacte de stabilité et de croissance européen, était prévisible depuis que la Commission a entériné le ratio annoncé par la France pour 2017 et estimé qu'il devrait tomber à 2,3% du PIB en 2018.

"C'est la fin de neuf longues années de procédure pénible, d'efforts budgétaires qui ne sont jamais faciles à imposer et supporter mais qui sont nécessaires", a déclaré Pierre Moscovici, qui, en tant que ministre français des Finances entre 2012 et 2014, avait obtenu un répit de deux ans de Bruxelles pour ramener le déficit français sous 3% du PIB.

Tous les indicateurs ne sont pas au vert

Malgré tous ces efforts, la France est loin de remplir tous ses objectifs. L'un des critères à respecter prévu dans le pacte de stabilité et de croissance est de ramener la dette publique à moins de 60% du PIB. Après avoir atteint un pic à 99,3% du PIB à la fin du second trimestre 2017, la dette des administrations publiques a finalement reculé de 2,3 points pour s'élever à 97% du PIB à la fin de l'année dernière selon les dernières données de l'Insee mais reste bien supérieure aux objectifs européens.

Le gouvernement se félicite

Dans un communiqué commun, les ministres de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin se félicitent de cette décision. Selon eux, les recommandations que la Commission européenne a adressées à la France en parallèle traduisent une reconnaissance "des efforts accomplis" et "un soutien clair à la stratégie économique suivie par le gouvernement" français.

Interrogé sur les inquiétudes de la Cour des comptes, qui juge que la trajectoire budgétaire de l'Etat français "reste fragile, tant pour les recettes que pour les dépenses" , Pierre Moscovici a répondu :

"Notre sentiment c'est que la trajectoire de la France est une trajectoire robuste, solide et nous n'aurions pas proposé la sortie de la procédure de déficit excessif si nous n'avions pas non seulement la conviction mais aussi la tranquille certitude que non seulement la France avait réduit son déficit public de manière solide à 2,6%, mais que cette correction serait durable aussi bien en 2018 qu'en 2019 ".

Il faisait allusion à la transformation, programmée pour 2019, du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de charges, qui pourra peser près d'un point sur le ratio déficit/PIB. Mais si la bataille du déficit est "en passe d'être gagnée", Pierre Moscovici a souligné la nécessité de mener celle du désendettement, car la dette publique de la France, à près de 97% du PIB, reste élevée. "Ce qui veut dire que les efforts doivent maintenant se concentrer sur la réduction du déficit structurel et sur l'amélioration de la structure et la qualité de la dépense publique", a-t-il conclu.

(Avec agences)

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Commentaires 26
à écrit le 06/06/2018 à 12:45
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Qui y croit ?

à écrit le 25/05/2018 à 13:08
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C'est encore probablement du pipeau comme la Grèce il n'y a pas si longtemps. BERCY a beaucoup de techniciens habiles à masquer la réalité....

à écrit le 25/05/2018 à 2:00
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Pas de quoi pavoiser pour les macronistes. On va replonger en 2018 au dessus de 3% de déficit et le gouvernement va se refaire taper sur les doigts par Bruxelles (après la cour des comptes). Par apport à l'année dernière, la croissance française a...

le 31/05/2018 à 12:26
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emballer c'est pesé.

à écrit le 24/05/2018 à 19:51
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Il suffit de décoder les GOPE 2018-19 qui viennent de sortir pour comprendre comment on sort du déficit! Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ? ...

à écrit le 24/05/2018 à 17:24
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Rappelons qu'il s'agit pour le moment que d'une proposition. Donc il n'y a pas de certitudes, surtout si par l'Europe prendrait les dernières conclusions de la Cour des Comptes.

à écrit le 24/05/2018 à 14:34
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Jusqu´à la moyenne européenne (1%) voire l´excédent budgétaire dont bon nombre de pays s´enorgueillissent, afin de disposer d´une marge de manoeuvre en cas de coups durs il reste du chemin à faire! Quant à la dette totale....va falloir vendre!

à écrit le 24/05/2018 à 12:33
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quant on pense que nous avons ce "pingouin" de moscovici comme commissaire européen pour l'économie alors qu'il a était infoutu en tant que ministre de l'économie 2012 -2014 de baisser d'un centime d'euro notre déficit !!! d'ailleurs nos amis allema...

à écrit le 24/05/2018 à 9:21
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Tandis que Trump domine le monde, humilie régulièrement et tranquillement nos dirigeants politiques et économiques européens, l'UE se félicite de sa politique d'austérité qui pourtant ne fait que l'enfoncer. Suffit de comparer le dynamisme écono...

à écrit le 24/05/2018 à 9:16
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Maintenant que ça va mieux,il est temps de redistribuer la cagnotte fiscale a ceux qui en ont le plus besoin:secteur associatifs,collectivités locales,culture.

le 24/05/2018 à 11:20
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plus de 2% de déficit en haut de cycle. Quelle cagnotte ?

à écrit le 24/05/2018 à 7:40
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Mais le monde,va t'il sortir des impasses climatiques ,écologiques, le libéralisme actuelle finit par générer des populismes, des autocraties, cela ne serait t'il pas l'arrivé à plus loin long terme des muscles du fascisme, des guerres,les économiste...

à écrit le 24/05/2018 à 6:53
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dette de la SNCF,taxe d'habitation,taux d'interet probablement en hausse .....encore une belle intox en vue

à écrit le 24/05/2018 à 6:31
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Un résultat obtenu par la meilleure croissance économique et plus d’impôts mais tout reste à faire en matière de réformes radicales mais pour cela les français doivent soutenir le gouvernement , on ne verra alors que dans dix ans la sortie du déficit...

à écrit le 24/05/2018 à 1:52
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Budget 2017 fait par Hollande.

à écrit le 23/05/2018 à 23:36
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Une procédure pour déficits excessifs engagée il y a 9 ans !!! Qui donc est le plus satisfait d'en sortir : la France ou la Commission Européenne ? Parce que faire les gros yeux pendant 9 ans, ça doit donner des rides ou mal à la tête...

à écrit le 23/05/2018 à 23:23
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La divine surprise du déficit budgétaire à 3% du PIB (mais de 25% des recettes) a peu de chances de se reproduire dans les prochaines années en raison du retour à une conjoncture mondiale moins favorable; en raison, aussi, de l'impéritie des députés ...

à écrit le 23/05/2018 à 22:21
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N'importe quoi , le gouvernement ne réduit pas les dépenses publiques, l'année prochaine , il va falloir se taper la dette de la SNCF. La croissance ralentie, hausse du baril , des taux le chômage augmente encore. Nous sommes très loin des exigences...

le 23/05/2018 à 23:44
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Tout à fait. Avec des taux au plancher, la charge de la dette est déjà le tout premier budget, loin devant éducation et armées ( en ruine ). Croissance de 2% induisant rentrées fiscales et sociales, dépensées en Cigale, hausse des impots et taxes pou...

à écrit le 23/05/2018 à 20:06
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N'importe quoi 45 ans de déficit produisant 97% d'endettement, 58% de dépenses publiques, 2.6% de déficit avec 2% de croissance. Quand la croissance va redescendre à 1%, le déficit Le déficit va rebondir à 4% : le déficit structurel n'ayant pas baiss...

le 24/05/2018 à 2:48
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Sarkozy, une grave crise, génératrice de déficits galopants, impactant Chaque année de son mandat, préalablement lesté de prédécesseurs destructeurs et cigales les rois fainéants,: mitterrand-mauroy-rocard, chirac-jospain,

à écrit le 23/05/2018 à 19:18
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La France va sortir de la procédure pour déficit excessif.. Après 2,6 % en 2017, le déficit français atteindra 2,3 % en 2018, puis 2,8 % en 2019 estime l’exécutif européen dans ses prévisions de printemps. Source : Romandie (3 mai) Notons que ce...

le 23/05/2018 à 23:36
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L'intéret général n'est pas de sortir de l'Europe, mais d'en faire un Etat fort et indépendant capable de concurrencer des mastodontes comme les USA, l'Inde, la Chine, ... Dans un autre registre : la croissance du PIB sans énergie disponible pour la...

le 24/05/2018 à 7:35
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On est TRES loin de coupes budgétaires drastiques. Il est d'ailleurs très préoccupant que l'exécutif tolère dès 2019 un retour à 2,8% de déficit, tout près de la ligne rouge. Et c'est toujours au prix de prélèvements confiscatoires.

le 24/05/2018 à 13:00
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Effectivement, on cède les bijoux de famille comme au Mont de Piété au plus avide, on efface le hôpitaux et les services publics au nom du dogme européiste rebaptisé réformes, on laisse s' installer les nids de poules dans...

à écrit le 23/05/2018 à 19:15
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les profits excessifs pour les uns, la précarité pour les autres.....éternel recommencement pour les damnés de la terre....

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