En réponse à la BCE, le président de la Bundesbank dit « nein » au « punk »

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(Crédits : Fabrizio Bensch)
Après le ton rassurant donné la veille par la banque centrale européenne, le banquier central allemand a, lui, défendu l'objectif de stabilité des prix, défini par un taux d'inflation proche de 2%, et qui doit rester selon lui la boussole de l'institution.

Le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, s'est distancié mercredi du discours d'un haut dirigeant de la BCE prônant une intervention monétaire plus forte en établissant un parallèle avec un tube de l'ex-duo d'électro Daft Punk.

"Pour être honnête, je n'avais jamais pensé au 'punk' avant", a réagi M. Weidmann, qui était interrogé sur l'analogie musicale qu'il ferait pour définir la politique monétaire adéquate dans le contexte de pandémie.

Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne, avait repris mardi le titre d'un succès de Daft Punk pour résumer sa pensée monétaire: "Harder, better, faster, stronger" (plus dure, meilleure, plus rapide, plus forte).

Lire aussi : Marché obligataire : la BCE est prête à bloquer la montée des taux et cite Daft Punk

"Ne pas perdre de vue les risques"

Une comparaison "pas évidente" pour M. Weidmann qui a renvoyé à la partition "plutôt calme" des débats au conseil des gouverneurs de l'institut monétaire.

Selon le banquier central allemand, connu pour ses positions orthodoxes, la BCE, engagée dans une politique expansive de rachats de dette, ne devrait pas "perdre de vue les risques" de son action ni "manœuvrer dans une situation dont il serait difficile de sortir".

Les gardiens de l'euro doivent être prêts à agir, avait au contraire expliqué l'Italien Panetta, pour démontrer qu'ils n'accepteront pas de hausse des taux des emprunts souverains de la zone euro, dans le sillage des obligations américaines.

Pour le banquier central allemand, c'est l'objectif de stabilité des prix, défini par un taux d'inflation proche de 2%, qui doit rester la boussole de la BCE.

Bénéfice nul en 2020

Conséquence de la politique monétaire expansive de la BCE : la Bundesbank a communiqué mercredi un résultat net nul en 2020, une première depuis 1979 liée à une plus large couverture du risque au bilan.

La dotation de provision pour risques a été augmentée de 2,4 milliards d'euros, pour porter son total à 18,8 milliards au bilan.

En 2019, la Bundesbank avait enregistré un gain pléthorique de 5,9 milliards d'euros.

Par conséquent la "Buba" ne reversera pas cette année de dividendes au budget de l'Etat fédéral, lui-même attendu en large déficit.

La Banque fédérale allemande aura été le plus gros acheteur net de titres publics et privés en zone euro l'an dernier, avec un total de 221 milliards, principalement via le programme d'urgence "PEPP" lancé en mars par la BCE pour affronter la crise du Covid.

L'institut allemand a dans ce cadre acheté de gros volumes d'obligations d'entreprises avec un risque de défaut à prendre en compte.

Il anticipe par ailleurs de percevoir pendant longtemps des produits d'intérêts faibles sur son portefeuille de titres ramassés sur le marché tandis que les taux négatifs prélevés sur les dépôts bancaires - soit -0,5% à ce jour -  finiront eux par se transformer en charges d'intérêts une fois que la BCE aura relevé ses taux directeurs.

Ce risque doit par conséquent être provisionné et la Bundesbank s'attend à en faire de même pour l'année en cours "d'autant plus qu'aucun changement fondamental de la situation de risque n'est attendu", a conclu le banquier central.

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a écrit le 04/03/2021 à 12:27 :
he, quand la banque centrale aura des fonds propres negatifs, est ce que ses actionnaires vont la recapitaliser en lui empruntant de l'argent gratuit paye par personne qui viendrait de nulle part?
tiens, le sfrancais vont decouvrir avec stupeur que quand ils renonceront aux benefices de la bce, ca sera comme quand y en n'a pas, ca fera un trou dans la caisse qu'il faudra combler ( en empruntant ' a personne a taux nul une dette qu'on va annuler sans consequences')
Réponse de le 10/03/2021 à 14:14 :
Mais non, les grands groupes comme les GAFA vont leur faire un prêt a taux négatif que l’Europe remboursera pas, en échange l'Europe fera des lois leur permettant de pas payer d’impôts sur leur ventes en Europe... Qui et pourquoi croyez vous qui tire les ficelle derrière la tête des présidents ou décisionnaire France ou Europe?
a écrit le 04/03/2021 à 8:57 :
L'UE où la génération Schauble-Junker.

Vite un frexit svp, on se sent si faible et sale là dedans hein... -_-
a écrit le 04/03/2021 à 8:51 :
L'inflation est bonne pour les endettés et mauvaise pour les créanciers. En toute logique, l'Italie et la France, incapables d'équilibrer leur budget sont pour, l'Allemagne et ses alliés, non pas orthodoxe mais meilleurs gestionnaires des deniers publics, sont contre. Il est remarquable, à ce sujet, que l'incapacité de l'exécutif à contrôler les dépenses ne donne lieu à aucun débat, ni parlementaire, ni citoyen par médias interposés. Les hommes politiques de gouvernement préfèrent se concentrer sur leurs intérêts particuliers, qui passent par leur réélection, que sur le général. Par ailleurs, quelqu'un sait-il d'où sort ce chiffre magique de 2% ? Rappelons que d'une part, le calcul de l'inflation officielle est sujet à caution et que 2% par an pendant 10 ans, ratiboisent l'épargne de millions de gens de plus de 21,9%
Réponse de le 04/03/2021 à 10:22 :
Aucun débat ou à la marge, le débat politique est impossible car tous les partis qui ont gouverné le PS, y compris notre LFI national ou notre prof d’histoire partisan d’une bonne gestion qui n’a pas brillé sur ce point lors de son passage à l’Education Nationale pas plus que l’UMP/LR et son leader NS ont pris le sujet comme priorité dans les faits hors le blabla, au contraire chacun a continué à aggraver la situation. La gouvernance actuelle a tout intérêt à laisser filer l’inflation au moins jusqu’à 3 points pour faire face à la dette non pas celle du COVID mais celle qui a continué à grimper depuis mai 2017 en espérant une aide de la BCE pour maintenir les taux d’emprunt d’état au plus bas. Autre point qui ne peut qu’aider le gouvernement un chute des placements sécurisés et garantis pour inciter les français à dépenser leur bas de laine. Ce souhait n’est pas gagné car si inflation le système de rémunération de l’épargne devra selon la règle croitre par le taux d‘intérêt règle mise souvent à mal par les gouvernements successifs. Il faudra aussi compter sur la croissance des salaires, hors privé dont le point d’indice de la fonction publique, les retraites pour des raisons électrices, un risque d’une nouvelle flambée GJ qui ira au-delà des personnes concernées en 2019 . L’inflation une belle opportunité pour le gouvernement quel qu’il soit mais un danger pour la stabilité du pays.
Réponse de le 10/03/2021 à 14:18 :
L’Allemagne a surtout profité d'avoir un toutou sarkozy et a fabriqué une Europe pour elle a notre détriement...

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