Grèce : un projet de compromis voit le jour mais des désaccords persistent

Un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé lundi vers 4 heures qu'une proposition de compromis était désormais sur la table concernant les modalités d'un nouveau plan de sauvetage de la Grèce. Mais selon des sources proches des discussions Athènes et Berlin ne sont toujours pas satisfaits.

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Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro discutent depuis dimanche soir à Bruxelles.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro discutent depuis dimanche soir à Bruxelles. (Crédits : Reuters)

Malgré une nuit entière de discussions au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro à Bruxelles, des oppositions persistent lundi 13 juillet au matin entre les négociateurs de la zone euro et ceux de la Grèce sur les modalités d'un nouveau plan de sauvetage du pays, a-t-on appris de sources proches des discussions. Un responsable du gouvernement grec a notamment rapporté qu'il existait toujours des divisions sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) et sur les modalités des privatisations.

La Grèce est notamment opposée à l'idée d'un fonds indépendant et extérieur au pays basé au Luxembourg auquel seraient transférés 50 milliards d'euros d'actifs grecs à privatiser. Les produits des privatisations serviraient directement à rembourser la dette grecque, sans passer par Athènes. Cette proposition figure parmi le catalogue de réformes rédigé dimanche par les ministres des Finances de la zone euro pour que les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet les étudient.

"D'ultimes consultations"

Ce nouveau rebondissement à quelques heures de l'ouverture des marchés financiers européens intervient alors qu'un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk annonçait moins d'une heure auparavant qu'une proposition de compromis était sur la table. Une réunion en plénière des chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique a été suspendue dans la nuit pour permettre à Donald Tusk, au président français François Hollande, à la chancelière allemande Angela Merkel et au Premier ministre grec Alexis Tsipras d'avancer dans les discussions.

Alors que certaines délégations s'attendaient à pouvoir présenter à la presse la conclusion d'un accord aux environs de 5h heure française, la dynamique s'est soudain enrayée. "Ça prend du retard, apparemment il y a quelques points encore à régler", a-t-on aussi commenté au sein d'une délégation nationale, alors qu'une autre source européenne indiquait que l'Allemagne n'était pas non plus complètement satisfaite des négociations. Peu avant 6h, le Premier ministre maltais Joseph Muscat annonçait sur Twitter une nouvelle interruption pour "d'ultimes consultations".

Méfiance

Le marathon des négociations ce week-end a été entamé par les ministres des Finances de la zone euro samedi matin dans un climat extrêmement tendu. Interrompue vers minuit, la réunion de l'Eurogroupe a repris dimanche matin et s'est conclue avec la rédaction d'un projet de communiqué transmis aux chefs d'Etat et gouvernement arrivés dimanche après-midi à Bruxelles.

Les partenaires européens de la Grèce ont exigé dans ce document des gages de la part d'Athènes avant de lancer formellement le processus d'un troisième plan de sauvetage indispensable pour éviter un "Grexit". Excédés par les revirements du gouvernement d'Alexis Tsipras au cours de mois de négociations, les "faucons" de l'Union monétaire y ont obtenu que le Parlement grec adopte notamment d'ici le 15 juillet une réforme de la TVA et des retraites avant d'enclencher le processus formel du troisième plan.

Les dirigeants européens redoutent qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Dernière chance

Ils ont également durci de manière conséquente le plan de réforme approuvé samedi par le Parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs dimanche 5 juillet par référendum. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France ainsi que les experts des "institutions" - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable vendredi.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son PIB, est aussi posée mais le document de l'Eurogroupe se contente à ce stade de souligner qu'il ne peut y avoir de décote pure et simple ("haircut"). L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité.

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

(Avec Reuters)

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Commentaires 28
à écrit le 14/07/2015 à 0:07
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car il faut arrêter d'employer de grands mots pour stigmatiser et noyer le poisson : - il n'y a pas de rigueur, c'est mettre en place l'équilibre des recettes et des dépenses, c'est à dire le niveau zéro de la gestion, c'est dire à quel point de n...

à écrit le 13/07/2015 à 10:34
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Hollande fait le fanfaron sur tous les média alors qu'il n'a été que le pantin de la Chancelière lui servant à équilibrer la position très stricte de son pays. Il va partout habiller en triomphe de la diplomatie française ses manoeuvres cyniques pou...

à écrit le 13/07/2015 à 9:44
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François H. a entendu l'appel des français à soutenir la Grèce. Il les remercie de s'attendre à ne nouveaux impôts et de nouvelles taxes au delà de 2017, à reporter l'age de départ à la retraite et à une diminution de son montant. Encore une fois, me...

à écrit le 13/07/2015 à 9:43
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@Tony A: la Grece demande un nouveau plan avec des besoins de financements de 80 millirads sur 3 ans qui vont servir a recapitaliser une DEUXIEME fois les banques grecques avec l'argent des citoyens européens. Aucun pays n'est pret a remettre de l'ar...

à écrit le 13/07/2015 à 9:33
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@cinéma: la tergiversation n'est que le résultat des nouveaux montans demandés. La Grece ne demande plus le versement du reliquat de 7.5 milliards du 2eme plan d'aide, mais a désormais besoin d'un 3eme plan de pret de 80 milliards sur 3 ans et demand...

à écrit le 13/07/2015 à 9:29
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L'euro n'est plus qu'un carcan monétaire insoutenable pour les Grecs, et en échange de fonds inépuisables, on les engage à détruire leur économie par "austérité". Stratégie perdant-perdant. Alors au vu du désastre Grec (ils sortiront inévitablement d...

à écrit le 13/07/2015 à 9:21
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Je suis en train de me demander si Tsipras n'est pas devenu (parano) Tous y compris les créanciers savent que un plan pareil est insoutenable surtout pour la population, quelle mouche a donc piqué Tsipras. A mon avis ils faut qu'ils arrétent.

à écrit le 13/07/2015 à 9:21
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Entre démagos (il ne faut jamais faire de réforme), on se comprend et on s'apprécie !

à écrit le 13/07/2015 à 9:15
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que dissimule donc toutes cette tergiversation ??? politicienne

à écrit le 13/07/2015 à 9:10
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Si il existe encore quelqu'un pour déclarer Tsipras vainqueur c'est un homme de foi, de mauvaise foi ! Les gouvernements de droite ou de gauche des divers pays ont fait barrage à la démagogie. je comprends pourquoi M & M ( Marine et Mélanchon) n'aim...

à écrit le 13/07/2015 à 9:02
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Ce qui est proposé est rationnel. On ne peut faire confiance à la Grèce et encore moins à son gouvernement d'extrême gauche. On a eu 6 mois de démonstration. Hollande avec les fondeurs de gauches à bien du mal. Un équilibre précaire dans les négoci...

à écrit le 13/07/2015 à 9:00
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Aux dernières info, ils auraient trouvé un accord. Les Français paieront...

à écrit le 13/07/2015 à 8:56
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@Rusty : vous ne croyez pas si bien dire. A part que le cas français est encore plus grave, parce qu'en cas de faillite française aucun pays, même l'Allemagne, ne sera de taille à la secourir. Et en plus le cas français est d'une certaine manière pir...

le 13/07/2015 à 9:21
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La france compte aussi 1,5millions de fonctionnaires en trop ! Il faut aligner le statut privé public ! Les jours de carence ét arrêter l emploi à vie dans la fonction public ! La productivité augmentera de 30% dans beaucoup de service !

le 13/07/2015 à 9:38
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Dieu merci, vos commentaires n'ont aucun poids dans les décisions prises.

à écrit le 13/07/2015 à 8:56
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Et si la Grèce est en retard sur son programme de privatisations et de réforme, l'Allemagne s'estimera-t-elle propriétaire des actifs grecs transmis à l'étranger dans ce Fonds au Luxembourg ? Parce que si la Grèce devait ensuite ne pas reconnaître c...

le 13/07/2015 à 9:06
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Il y a bien une solution... faire de la Grèce un nouveau Bundesland!

le 13/07/2015 à 12:36
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@Keynes : vu les tombereaux d'argent que l'Allemagne a dépensés sans mégoter pour mettre à niveau ses nouveaux Länder d'Allemagne de l'Est, c'est ce que la Grèce pourrait espérer de mieux.

le 13/07/2015 à 22:05
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@bruno_bd Vu ce que l'Europe a dépensé pour l'intégration de l'ancienne DDR...

à écrit le 13/07/2015 à 8:47
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Connaissez-vous le coût du feu d'artifice du juillet à Paris ? 600 000 euros. Pour un feu d'artifice d'une ville moyenne, il est d'environ 25 000 €. Rien qu'en multipliant ce coût par le nombre de villes moyennes, vous avez une vision de la gabegie ...

le 13/07/2015 à 9:35
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Quand on pense que cet argent pourrait aider les petites retraites, on se demande où sont les priorités.

le 13/07/2015 à 12:46
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Oui... et non. Les feux d'artifices ce sont aussi des emplois d'artificiers, des fabricants d'artifices, des rentrées de TVA... S'il y a des économies à faire dans les collectivités locales, les mairies,... c'est plutôt sur la masse salariale. En gro...

à écrit le 13/07/2015 à 8:28
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Hollande s'entraîne...: bientôt ce sera le tour de la France, avec sa dette qui continue d'augmenter, son déficit continu, son chômage endémique, ses réformes nécessaires mais qui ne sont pas lancées, et ses impôts parvenus déjà au maximum supportabl...

à écrit le 13/07/2015 à 8:09
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Avec le fonds placé au Luxembourg (tout un symbole !), c'est une saisie immobilière au profit des créanciers que l'on met en place. Et on appelle cela un plan d'aide... "Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde" (Camus)

à écrit le 13/07/2015 à 8:07
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Par souci démocratique , d'équité,d'égalité et de justice ,restera une dernière formalité ...demander par référendum , au peuples des 18 pays de l'Eurogroupe, de ratifié les modalités et termes de ce nouveau prêt...

le 13/07/2015 à 12:41
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Il ne faut pas répondre à la démagogie travestie en démocratie (le référendum) par la démagogie travestie en démocratie. Dans tous les pays européens il y a des parlement démocratiquement élus qio sont là pour prendre leurs responsabilités. Et c'est ...

à écrit le 13/07/2015 à 7:59
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Qu'ils arrêtent de nous prendre le choux avec la Grèce. En attendant, que fait Hollande pour la France ? Chômage, misère rampante, migrants ça ne lui dit rien à monsieur "moi, président, je..."

le 13/07/2015 à 8:27
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Que voulez vous, il tente à l'international ce qu'il rate en interne.

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