Grèce : Yanis Varoufakis sur le départ ?

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Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, restera-t-il en place ?
Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, restera-t-il en place ? (Crédits : Reuters)
Selon "Bild" et un journal grec, le ministre des Finances grec pourrait démissionner. Son absence dans les négociations depuis une semaine tend à confirmer cette information. Toutefois, ce vendredi en fin de matinée, deux responsables grecs démentaient fermement ces assertions.

Selon le quotidien allemand Bild Zeitung et le quotidien grec Kontra, le ministre des Finances hellénique Yanis Varoufakis serait sur le point de démissionner.

"Les attaques injustes contre Varoufakis vont continuer et, pour calmer la situation, il envisage de démissionner", aurait indiqué des sources au tabloïd allemand.

Selon une autre source gouvernementale, citée encore par Bild Zeitung,

"ce n'est qu'une question de temps avant que Yanis Varoufakis ne se retire. C'est une chose réglée. Ceci va apaiser les relations avec l'Union européenne, et en particulier avec l'Allemagne".

Victime d'un doigt d'honneur ?

Autrement dit, c'est bien pour complaire à Berlin que le ministre des Finances serait écarté. Et la rumeur courait depuis des semaines en Grèce et dans les milieux européens.

Certains affirment même que c'est le gouvernement allemand qui aurait demandé la tête de Yanis Varoufakis. Il semble que l'affaire du "doigt d'honneur" lui ait coûté cher. Cette histoire rocambolesque (bien résumée ici) est celle d'un geste que Yanis Varoufakis a bien adressé aux "créanciers" lors d'une conférence à Zagreb en 2013.

Pour mémoire, la télévision publique allemande ARD l'a présenté comme une insulte "aux Allemands" et Yanis Varoufakis a commis l'erreur de nier le geste en voulant le remettre en contexte, et ceci a déclenché l'ire de la presse allemande, notamment de Bild.

Mais les photos "glamour" dans Paris Match, ainsi que les relations tendues avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, ont également affaibli sa position.

A l'écart depuis une semaine

Il faut certes se méfier des informations de Bild. Le 20 février, le journal allemand avait parlé d'une "mauvaise lettre, envoyée par erreur" à Yanis Varoufakis, ce qui s'est révélé inexact.

Mais, cette fois, l'information paraît plus sûre. Le ministre grec est effectivement beaucoup plus discret depuis une semaine et il semble que le Premier ministre Alexis Tsipras ait repris la direction des négociations avec les Européens, avec l'appui du secrétaire d'Etat aux finances, Yannis Dragasakis.

C'est donc le chef du gouvernement qui établit actuellement la liste des réformes demandée par l'Eurogroupe. Les deux dernières listes, celles du 23 février et du 6 mars avaient été établies par Yanis Varoufakis.

Irritations

Ce dernier, universitaire reconnu et économiste de talent, n'aura donc pas trouvé sa place dans le dispositif de Syriza. Sa volonté de trouver une solution "européenne" aux problèmes grecs s'est fracassée sur le refus catégorique des Européens d'en discuter et sur les difficultés financières et bancaires du pays (aggravées par le comportement ambigu de la BCE).

Devenu soudainement une sorte de "pop star" du gouvernement grec, il a irrité non seulement les Européens, déstabilisés par son attitude (on se souvient de sa première rencontre avec le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem), mais aussi plusieurs responsables de Syriza. Il est vrai qu'il a contribué à affaiblir, par son attitude, la position grecque dans les négociations, tant par les sorties que l'on a citées que par ses très nombreuses interviews accordées au lendemain de sa nomination.

Trouver un compromis

Si cette démission se confirme, elle prouvera la volonté d'Alexis Tsipras de trouver un compromis rapide avec l'Europe. Il restera ensuite à évaluer les conséquences politiques, financières et économiques de ce compromis. La figure du nouveau ministre des Finances permettra également d'évaluer le futur positionnement du gouvernement grec face à l'Europe.

Démenti grec plus ou moins officiel, mais Bild maintient sa version

Mais ce vendredi matin, selon l'agence Reuters, "deux responsables gouvernementaux" (que la dépêche ne nomme pas...), démentant les informations du quotidien allemand Bild, auraient déclaré:

"Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, n'a pas l'intention de démissionner." "Rien de tout cela n'est vrai, c'est loin de la réalité", soulignant même l'un d'eux à l'attention de l'agence Reuters.

De son côté, le site Internet de Bild cite une source gouvernementale grecque selon laquelle:

"La démission de Yanis Varoufakis n'est plus qu'une question de temps, la décision ayant déjà été prise."

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Commentaires
a écrit le 04/04/2015 à 20:51 :
Il est de notoriété publique que cette vidéo est un trucage.
Merci pour ce papier . . . sans autre objet que la manipulation de l'opinion publique !
a écrit le 04/04/2015 à 10:46 :
Yanis Varoufakis @yanisvaroufakis
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Every time the negotiations heat up, some new rumour of my resignation, demise etc. springs up. Somewhat amusing...
5:31 PM - 27 Mar 2015
Tradcution: Chaque fois que les négociations s'enflamment, de nouvelles rumeurs sur ma démission voient le jour!!!Amusant en quelque sorte!
a écrit le 29/03/2015 à 16:27 :
Le nouveau gouvernement grec a-t-il pris la décision d'imposer l'Eglise orthodoxe toute puissante et exonérée de la chose ? De même que pour les armateurs grecs, eux aussi à l'abri du fisc...
Réponse de le 04/04/2015 à 10:49 :
C'est un long chapitre!! Il est très difficile de toucher l'Eglise celle-ci faisant partie intégrante de la culture, il y aura de fortes réactions!
a écrit le 28/03/2015 à 16:21 :
Varoufakis a lui meme démenti les rumeurs de sa démission. Mais notez bien que le jour ou ça arrivera, ce sera un bien mauvais signe pour l'Europe : Varoufakis est profondement europeen, le jour ou il démissionnera, son remplacant risque d'être beaucoup moins arrangeant. Ce jour la signifiera tout simplement que la Grece a decider d'envoyer balader l'Europe !
a écrit le 28/03/2015 à 10:15 :
Voici une preuve supplémentaire des procedes de l'UE à 28 qui admet en son sein des états voyous. Quand il s'agit de renflouer les caisses de l'Ukraine on est moins regardant; l'orientation idéologique radicale de l'UE la condamne à terme.
a écrit le 27/03/2015 à 23:46 :
L'auteur de cet article devrait mieux se renseigner : la vidéo du doigt d'honneur est une fausse, le présentateur qui l'a fabriquée à fait son mea culpa la semaine dernière, et il a montré comment techniquement et avec quels logiciels, et avec la vidéo originale comment il a procédé.
a écrit le 27/03/2015 à 22:06 :
Sérieusement, quel crédit peut-on accorder au journal Bild après l'affaire du montage photo?
a écrit le 27/03/2015 à 19:39 :
Et quand des hauts fonctionnaires européens traitent les peuples du sud d'incapable qui se la coule douce, non pas de mesures?!
L'UE n'est plus une démocratie, ils ont voulut la tête de ce courageux Varoufakis et ils l'ont eu, maintenant les réformes anti social pourront continuer
a écrit le 27/03/2015 à 17:35 :
Il est évident que Yanis Varoufakis manquait de diplomatie pour le job délicat dont il était chargé.
Réponse de le 28/03/2015 à 16:27 :
Forcement, il est spécialiste du sujet, et dis la vérité telle qu'elle est. Voila qui doit fortement déplaire aux instances européennes !
a écrit le 27/03/2015 à 17:11 :
Une méthode de déstabilisation digne de la CIA!
a écrit le 27/03/2015 à 16:36 :
sais pas si vous etes comme moi mais ce type a une tete de carnassier de hamburgers amrerloque !
a écrit le 27/03/2015 à 16:30 :
Le peuple allemand est très susceptible. V aroufakis n'était pas ministre lorsqu'il a fait le doigt d'honneur. Dommage, on aurait besoin d'un Varoufakis en France. Au moins, il en a... Tout le monde baisse son froc devant la toute puissante Allemagne.il est trop intelligent pour eux.
Réponse de le 27/03/2015 à 23:25 :
Ah ça entre Paris match et le doigt d'honneur... Il a fait part d'une intelligence remarquable
a écrit le 27/03/2015 à 16:13 :
Il est évident que M. Varoufakis n'était pas qualifié, au moins sur le plan des bonnes manières, pour le job dont il était chargé. M. Tsipras - et M. Godin - ont manqué de jugement à cet égard.
Réponse de le 28/03/2015 à 1:03 :
Pour m.Godin, copain du gars atteint de la grave maladie de la phobie administrative, on le savait déjà...
Réponse de le 28/03/2015 à 16:50 :
@ Kipo Trouvez-vous que réduire un pays à la misère et refuser avec une obstination imbécile d'entendre les propositions de Mr Varoufakis, c'est classe ? Exercer un chantage honteux sur toute une population qui depuis 2008 vit un vrai cauchemar, serait donc un signe de bonne éducation ? Yanis Varoufakis est un homme courageux et qui tient tête à la zone euro, beaucoup trop poliment !
a écrit le 27/03/2015 à 15:04 :
Il faudra bien qu'un jour l'Allemagne dédommage la Grèce de l'occupation de la Grèce pendant la dernière guerre.
Réponse de le 27/03/2015 à 16:33 :
et quoi encore? et pourquoi pas Richard Coeur de Lyon? ou Bonaparte? ou Alexandre de Grand? ou Alexis Comnène puis qu'on y est!
Réponse de le 27/03/2015 à 16:48 :
Que la France aussi fasse de même avoir pillé ses anciennes "colonies" Lol
Réponse de le 27/03/2015 à 17:13 :
Si les dettes ont vocation à être remboursées, l'Allemagne devrait donc honorer celle qu'elle a CONTRACTÉ (cas unique) en 1941 auprès de la Banque centrale Grecque sous forme d'un prêt forcé de 476 millions de reichsmarks.
La paille et la poutre etc…
Réponse de le 27/03/2015 à 17:23 :
Chaque peuple, chaque ethnie, chaque religion, chaque communauté est responsable de son passé et de ses actions d'aujourd'hui : ceux qui on subit doivent être indemnisés même s'il faut pour cela remonter à la préhistoire !
Réponse de le 27/03/2015 à 21:49 :
Cléa Molette tu sais qui c'est Alexis Comnene toi ? Bravo...
Réponse de le 28/03/2015 à 11:02 :
@Ai dit Atèle
oui Alexis Comnène est mon voisin de palier de l'immeuble Byzance pas loin su café Bosphore à Constantinople. Sa moitié avait mis au monde tous leurs rejetons à la poyclinique Porphyrogénète place Ste Sophie. C'est un homme charmant quoique un peu hautain . A l'école il répondait à tout à notre maitresse et c'etait tout bon c'est pour cà qu'on lui donne comme surnom Alexis 1er. Tandis que notre Yanis Machin un révolutionnaire troskiste attardé se nourissait aux hamburgers ricains en se gargariseant des ses leçons révolutionnaires opprimé(e)s apprises de ses gourous Marx Engels Lénine et accessoirement Staline n'est bon qu'à jeter par dessous du cap de Sounion.
a écrit le 27/03/2015 à 14:49 :
Si le gouvernement grec cède en limogeant son ministre des finances c'est un signe encourageant pour les exigences des eurocrates et la poursuite du diktat de la Troïka qui se traduira au final par une catastrophe économique et l'humiliation du peuple grec. L'histoire nous a pourtant enseigné en 1933 qu'un peuple humilié ne se tourne rarement vers la démocratie. Les eurocrates devrait avoir conscience de ceci et également du contexte politique international et de la situation géopolitique de la Grèce.
Réponse de le 28/03/2015 à 17:33 :
Oui c'est étrange cette obstination de l'Europe a vouloir faire tomber le gouvernement de Tsipras, sachant ce qui arrive derrière.
Le ministre des finances du prochaine gouvernement risque d'etre moins conciliant !
a écrit le 27/03/2015 à 14:11 :
dégage et vite
Réponse de le 27/03/2015 à 21:51 :
développe parce que comme ça on comprend pas .... Pq tu veux qu'il dégage ? T'es un ami de Berlin toi ?
Réponse de le 28/03/2015 à 16:25 :
Un ministre compétent dans un gouvernement qui tient ses promesses, ça fait trop a supporter pour un Francais !!!
a écrit le 27/03/2015 à 13:50 :
Monsieur Tsipras doit comprendre que tout compromis vis-a-vis est desormais inutile puisqu'il doit puiser dans les caisses d'Assurance-maladie ou chômage pour regler les factures de l'Etat grec. A quoi bon desormais faire des reformes pour obtenir des fonds?

Le gouvernement grec devrait plutôt mettre en place un contrôle des capitaux et couper sa dependance financiere vis-a-vis de la BCE et du FESF.

Si ce chemin n'est pas suivi, on peut craindre une revolte dans le pays.
Réponse de le 28/03/2015 à 16:24 :
Vous avez mal compris (en meme temps pas étonnant vu la couverture médiatique sur le sujet). Tsipras a deux choix : soit payer le service de la dette (ses interets) avec l'argent des caisses grecques, soit ne pas payer la dette. Et il ne semble que peu enclin a choisir la première solution !
a écrit le 27/03/2015 à 13:22 :
le pb c'est pas ce type, aussi odieux soit il
le pb c'est que la grece fasse ce qu'il faut, et il leur reste une semaine pour mettre en place ce qu'ils refusent depuis 3 mois
et comme vous le disiez dans un autre article, il n'a pas ete elu pour faire des reformes demandees... donc la suite on la connait
bonne chance aux grecs, car a la difference du venezuela ou de l'argentine, ils n'ont pas de grosses ressources derriere...
Réponse de le 28/03/2015 à 16:23 :
On voit que vous parlez sans connaitre ... la Grece possède surement parmi les plus grosses ressources de l'Europe (pétrole, gaz, or, diamant, nickel, position géostratégique, flotte maritime, ...). Pourquoi croyez vous que ce pays est et a toujours été la cible de toutes les convoitises ?

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