Inflation : de nouvelles hausses de taux sont encore nécessaires, prévient Isabel Schnabel (BCE)

Vers une neuvième hausse des taux ? La Banque centrale européenne (BCE) devrait poursuivre le resserrement monétaire, estime Isabel Schnabel. Pour cette responsable de l’institution bancaire, il faut continuer à augmenter les taux directeurs, quitte à « pécher par excès ». Christine Lagarde avait déjà qualifié ce scénario de « probable » la semaine dernière. Toutefois, à l’heure où la Fed fait une pause dans ses augmentations de taux, des économistes conseillent à l’Europe de ne pas aller trop vite.
Pour Isabel Schnabel, les taux de la BCE ont encore besoin de monter pour poursuivre la lutte de l'institution bancaire contre l'inflation.
Pour Isabel Schnabel, les taux de la BCE ont encore besoin de monter pour poursuivre la lutte de l'institution bancaire contre l'inflation. (Crédits : HEIKO BECKER)

Mieux vaut trop que pas assez. C'est ce que pense Isabel Schnabel en ce qui concerne la hausse des taux de la BCE et la lutte contre l'inflation. Même si la période est pleine d'incertitudes liées à l'impact de la guerre russe en Ukraine comme aux développements de l'économie post-pandémie de Covid-19, il ne faut pas craindre de « pécher par excès d'en faire trop plutôt que trop peu » pour fixer le niveau des taux qui fera baisser durablement l'inflation, a déclaré lundi l'économiste allemande lors d'une conférence européenne à Luxembourg.

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L'inflation n'est pas encore suffisamment contenue

Jeudi dernier, la BCE a poursuivi sa lutte contre l'inflation en procédant à une nouvelle hausse d'un quart de point de pourcentage de son taux de référence sur les dépôts. Ce dernier, après huit augmentations en moins d'un an, a atteint 3,5%. Or, d'après Isabel Schnabel, le cycle de hausses n'est pas terminé et ne s'arrêtera pas tant qu'il manquera des « preuves convaincantes » que l'inflation - hors prix d'énergie et des matières premières - est en bonne voie pour revenir à l'objectif à moyen terme de 2%.

Selon les dernières projections, la BCE table sur une inflation à 5,4% cette année, puis sur une diminution de cette dernière à 2,2% (2,3% hors énergie) en 2025.

Il va donc falloir « continuer à relever les taux d'intérêt », a prévenu Isabel Schnabel.

Un scénario probable

Christine Lagarde, présidente de la BCE, avait déjà affirmé jeudi 15 juin qu'il était « très probable » qu'une nouvelle hausse des taux soit décidée lors de sa prochaine réunion de l'institution en juillet. Ce scénario devrait être respecté « à moins qu'il y ait un changement important dans les perspectives (d'inflation) d'ici juillet », a confirmé de son côté lundi Philip Lane, chef économiste de la BCE, lors d'une conférence à Madrid.

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Posture divergente

Pour Philip Lane, il ne faut pas brusquer les choses. Selon l'économiste, il est bien trop tôt pour prévoir une nouvelle hausse des taux lors de la réunion de rentrée en septembre. Certains banquiers centraux, notamment le président de la Banque fédérale d'Allemagne, ont d'ores et déjà appelé à poursuivre le tour de vis.

« Nous avons déjà fait beaucoup de hausses » à ce jour, a-t-il cependant fait remarquer, adoptant une posture plus prudente qu'Isabel Schnabel sur la suite du mouvement.

« Septembre sera décidé en septembre » au vu de nouvelles projections économiques et des données du moment, a simplement conclu Philip Lane.

La FED fait une pause (temporaire) dans la hausse des taux

De son côté, la banque centrale américaine a fait le choix de marquer une pause dans la hausse de ses taux directeurs. Cet arrêt temporaire a pour but « d'évaluer les informations supplémentaires et leurs implications pour la politique monétaire », a détaillé la FED dans un communiqué. Pour Jerome Powell, il s'agit de donner à l'économie « un peu plus de temps pour s'adapter, dans l'attente de nos décisions suivantes ».

Le président de la Fed a ajouté que « la quasi-totalité des participants voit comme probable le fait que des nouvelles hausses de taux seront nécessaires cette année pour ramener l'inflation à 2% ». Il a cependant évoqué « un rythme modéré ».

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 20/06/2023 à 8:52
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"Isabel Schnabel " Que ce soit au sein de la BCE ou de l'UERSS nous entendons et lisons peu de noms propres à consonances latines faire les déclarations officielles de l'Empire. Tout dans la rigidité et rien dans la créativité pourrait résumer la nat...

à écrit le 19/06/2023 à 20:19
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La BCE a attendu au moins un an de trop pour remonter ses taux, et c'était volontaire de sa part

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